Starwax magazine

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WILLIAM ONYEABOR / <br/> WHO IS WILLIAM ONYEABOR ?

WILLIAM ONYEABOR /
WHO IS WILLIAM ONYEABOR ?

labelLuaka Bop

WILLIAM ONYEABOR /
WHO IS WILLIAM ONYEABOR ?

album


Qui est William Onyeabor ? La légende veut que cet adepte du synthétiseur ait enregistré une poignée de disques à la fin des années 70 avant de repartir vivre ans son village natal de l’est du Nigéria, tournant totalement le dos à sa propre musique sans jamais accepter que celle-ci ne soit rééditée. Certains de ses morceaux sont apparus sur différentes compilations ou blogs ces dernières années et sont vite devenus le saint-graal des diggers amateurs de musiques synthétiques improbables. C’est Luaka Bop, le label de David Byrne, qui a touché le jackpot et qui sort aujourd’hui ces neufs titres. Malgré un communiqué de presse dithyrambique et un défilé imposant de cautions artistiques (Damon Albarn, Four Tet, Caribou…), le premier réflexe face à l’objet est une certain méfiance compte tenu du nombre récent de rééditions dont l’intérêt musical est inversement proportionnel au potentiel exotique et « décalé » de leurs auteurs. On est vite rassurés. «Body And Soul », le morceau inaugural, sonne au premier abord assez classiquement afrobeat mais ses arrangements s’avèrent au fil des écoutes d’une modernité étonnante avec un soin apporté aux harmonies nettement plus poussé que la moyenne des titres du genre. Insidieusement, les synthés prennent de plus en plus de place. « Atomic Bomb » évoque une ébauche primitive des canons disco édictés par Bob Blank. Le coup de massue ne tarde guère à arriver : « Good Name », soit dix minutes qui ridiculisent à posteriori tous les groupes ayant singé les Talking Heads ces dernières années (et dieu sait qu’ils sont nombreux). Un pur condensé de groove hypnotique que Byrne lui même doit regretter de ne pas avoir enregistré. Les autres titres continuent sur cette lancée, alternant ovnis improbables, avant-gardistes (« Love Is Blind », « Let’s Fall In Love », « Fantastic Man ») et influences funk ou afro plus attendues mais tout aussi renversantes (« Something You Will Never Forget », « Why Go To War », « Heaven And Hell » ). En deux mots : totalement indispensable. (JV)