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archivesseptembre-2017

TEST EURORACK / DISTING MK4

TEST EURORACK / DISTING MK4

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Noyés dans notre époque, habitués à toutes ces machines puissantes et miniatures logées dans nos poches, nous ne nous rendons pas toujours compte que ceci est juste… fabuleux. Mais si on avait dit à Dieter Doepfer, dans les années 80, qu’un jour un module de 4HP d’épaisseur contiendrait l’équivalent de 76 modules, je pense qu’il aurait fait un malaise… Aujourd’hui on va parler d’un tout nouvel élément au format Eurorack à ajouter d’urgence à votre système : le Disting mk4 de chez Expert Sleepers.

Cet élégant petit module noir est entièrement numérique. Le principe est simple il conjugue un maximum de fonctions à un minimum de place, le tout pour un prix tout à fait raisonnable. Pour 189 euros, on se retrouve avec 76 algorithmes ! Quand je dis algorithmes, je veux parler de simulations de modules. Donc on a, en quelque sorte, accès à 76 modules dans 4HP d’épaisseur ! Et là il se trouve que vous tombez bien, car le firmware vient juste d’être mis à jour. Ce qui nous donne accès à de nouvelles fonctions. Entre autre à un générateur de bruit, à un chorus stéréo (et un mono), à une reverb stéréo (et une mono vers stéréo), ainsi qu’à un Waveform Animator. Ça c’est une fonction assez folle, mais difficile à expliquer alors je vous encourage à jeter un œil sur cette vidéo : cliquez ici. Sur le site on trouve bien sûr la liste complète des algorithmes ainsi que leur patch pour chaque version du firmware, et en fouillant bien, on peut même télécharger gratuitement quelques VST à ajouter à votre collection.

Cette machine peut donc se mettre à jour, et pour ça on utilise une carte micro SD qui s’insert en façade. Cette carte nous servira aussi à charger des fichiers d’aide que l’on peut retrouver pour chaque algorithme. Ces fichiers d’aide sont personnalisables car il s’agit de simples fichiers texte. On peut donc par exemple les traduire dans sa propre langue, ou y mettre son propre jargon. Et on peut aussi créer un fichier texte spécial pour lister et avoir accès rapidement à nos 16 algorithmes préférés.
Si on enregistre de l’audio sur certaines fonctionnalités, il sera aussi stocké sur la carte. Les enregistrements des modifications que l’on fait sur les algorithmes se font, quant à eux, dans la mémoire flash de la bête. D’ailleurs, petit défaut, la fonction AutoStore peut provoquer des clics numériques en sortie lorsque l’on change d’octave, sur un VCO par exemple. Du coup il vaut mieux « storer » manuellement et enlever cette fonction dont je me demande bien pourquoi on l’a maintenue.

Bon, les plus sceptiques d’entre vous me diront : « Oui, mais à quoi ça sert d’avoir 76 fonctions si c’est pour au final n’en utiliser qu’une à la fois ? ». Et bien, pour moi, il y a deux bonnes raisons à cela. Certains modules ont des fonctions qui peuvent rendre service momentanément mais pour lesquelles on n’a pas du tout envie d’investir, comme un accordeur ou un convertisseur de signal Euro vers du Buchla par exemple. C’est toujours bien d’avoir un couteau suisse dans la poche non ?
Et la deuxième raison, c’est que, si vous êtes encore dans la découverte du monde de la synthèse, le Disting vous permettra de tester le fonctionnement de plein de modules avant de savoir quoi acheter. Un petit cadrant fait défiler les textes et nous donne les numéros des algorithmes. Deux potentiomètres servent à naviguer dans le menu et à choisir son preset, pour ensuite le modifier. Et, pour finir, trois entrées et deux sorties dont les fonctions changent à chaque algorithme sont disponibles. Ces jacks sont rétro-éclairés. Ce qui, en plus d’être franchement classe, est bien pratique pour différencier et comprendre les fonctions. L’écran, quant à lui, est vraiment trop petit. Il ne peut afficher que deux caractères à la fois, ce qui rend la lecture très difficile car en plus on ne peut pas régler la vitesse de défilement. Huit HP au lieu de 4 nous auraient donnés deux caractères de plus et ça aurait tout changé. Et puis tiens, pendant que l’on parle des défauts, il y en a un inévitablement célèbre sur ce genre de machines numériques-boîtes à outils : difficile de comprendre quelque chose ou de retrouver une fonction si vous n’avez pas le descriptif des 76 algorithmes sous les yeux, imprimé ou sur un écran. Et c’est d’ailleurs là que l’on peut saluer l’idée du petit fichier texte qui classe nos 16 favoris.

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Niveau son, on est dans une dimension numérique assumée. L’aliasing dans les aigues est présent, et on sent bien sur certains paramètres que les potentiomètres varient cran par cran. Donc si vous pensez dur comme fer que c’était mieux avant, n’achetez pas ce produit… Et passez à côté de sons que l’analogique ne peut pas produire. Car non, il n’y a pas de mauvais sons. Il n’y a que de mauvaises utilisations. Un exemple frappant est la reverb qu’ils proposent qui, si on s’attend à entendre réellement une reverb, est plus que décevante, je dirais même complètement ratée. Mais si vous essayez cet effet en ne lisant pas l’intitulé, vous vous retrouverez avec un module capable de vous plonger dans un champ d’astéroïdes…

En conclusion, on peut dire que le Disting mk4 est un petit module complexe qui demande un certain temps d’adaptation, beaucoup d’exploration, mais dont on peut sortir des sons surprenants et certifiés bien fat par Star Wax. Plus d’infos sur le site du constructeur Expert Sleepers.


Par Dj Claim