Starwax magazine

starwax magazine

archivesjuin-2016

STAR / FILM SUR LE GRAFFITI VANDALE

STAR / FILM SUR LE GRAFFITI VANDALE

Posté le

Resistance Films se tourne vers la fiction avec un long-métrage qui devrait sortir début octobre 2016. L’occasion pour nous d’assister à l’avant-première, en compagnie des acteurs et de toute la Grim Team. Bienvenue dans l’histoire d’une star et d’un vandale.


Après avoir consacré presque toute leur carrière à la fabuleuse et fascinante histoire des contre-cultures (que nous vous racontons ici), Marc-Aurèle Vecchione réalise pour la première fois une fiction sur le graffiti vandale : « Star ». Un tournant surprenant qu’ils se sont tous deux risqués à prendre pour faire honneur à leur passion du graffiti. Il est 20 heures, la cour de La Maison Des Pratiques Artistiques Amateurs (MPAA) du 6ème arrondissement est calme, seuls les éclats de voix de ceux que l’on devine être des graffeurs résonnent. On passe le portail, un clochard est allongé au sol, inerte, devant les rires ironiques des équipes venues assister au film : « Bah il l’a sûrement déjà vu hahaha ! ». Le grillage se ferme, nous montons lentement les escaliers en colimaçon du bâtiment avant de rejoindre la salle de cinéma. Marc-Aurèle Vecchione ainsi que sa femme Sara Brücker montent sur scène sous les applaudissements de leur grande famille. Le discours est touchant et l’explication simple : « Ce film n’est pas parfait, il a des petits défauts mais il est réalisé avec le cœur, c’est un peu comme mon premier graffiti ». Le noir survient, la salle se tait. « Star » apparaît, démonté, bouffant la peinture à pleines dents. Les autres personnages du film apparaissent à leur tour, laissant les quelques amis de l’équipe pousser des hurlements : « Glouglouglouuu ! ». Gênés, certains spectateurs baissent la tête, rigolant timidement, d’autres les regardent, amusés. Et puis c’est parti, on se laisse happer par l’histoire d’une vie.

702_star-film
Star est un film touchant, parfois léger. Les raisons particulières d’un désir de renversement du système ne sont ni dépeintes, ni évoquées, sans doute par peur de s’imposer comme le porte-parole d’une génération construite de mille individus et par conséquent de mille et une pensées. L’existence mécanisée par le salariat ne se voit pas, de toute façon ces jeunes ne travaillent pas. Pas de routine donc, juste la nuit et le jour. L’histoire est celle d’une jeunesse alerte, bien que tentée d’aller vers le rêve et l’imagination. Elle relativise sans cesse la liberté et, chanceuse, parvient à effleurer l’une de ses plus belles formes. L’inconscience, le rêve, appelez ça comme vous voulez, c’est l’adrénaline qui semble paradoxalement les canaliser… Dégrader pour respirer… C’est une forme de douleur et de bonheur qui s’expriment ici et, comme Marc-Aurèle l’affirme lui même, un sentiment paradoxal qui se reflète sans doute dans cette existence où la liberté n’est pas atteinte mais seulement caressée. Le tout sur un fond musical composé par Chaze, Omar White et Dj Pone. La fiction s’endort et nos esprits rejoignent la réalité pour le discours des remerciements. Les acteurs sont appelés un par un sous les applaudissements d’une salle visiblement conquise par le film. Bonne ambiance. L’histoire du graffiti se perpétue, ne se figeant jamais dans le temps. Accordons à ce film le mérite d’avoir audacieusement capturé les exploits du vandale, permettant ainsi d’immortaliser une histoire de l’éphémère.



Par Mona Gautier