Starwax magazine

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SLY JOHNSON / INTERVIEW

SLY JOHNSON / INTERVIEW

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Sly Johnson est un beatmaker, dj et mc autant capable de chanter, rapper que de beatboxer. Après la sortie d’un vinyle promo trois titres, le monsieur également connu sous le pseudo de the mic budhha se livre en toute liberté, pour un quatrième album placé sous le signe de l’indépendance. A cette occasion, nous avons passé plus une heure avec lui, pour une interview aussi intimiste que les sujets évoqués dans « Silvère ». Composé de multiples influences, ce disque porte tout simplement son prénom.


Ta première approche de la musique en tant qu’amateur ?
La toute première fois, du moins celle que je me rappelle de manière significative… J’étais tout petit mais j’étais déjà en âge de pouvoir monter sur une chaise pour accéder à la platine vinyle. Donc, à mon avis, je devais avoir 5-6 ans, je pense. Et ce fut avec un 45 tours d’un groupe fou qui s’appelle Ekseption. Ils faisaient des reprises de grands thèmes de musique classique, je crois qu’ils avaient repris la cinquième de Beethoven… et le titre de la face B était « La Danse du Sabre ». Une reprise psyché… C’était un 45 tours qui s’écoutait normalement en 45 mais que j’écoutais en 33 et des fois en 45 et parfois en 78 tours. C’était une manière d’écouter la musique à plusieurs niveaux et surtout, quand je mettais un 45 en 33, ça me permettait de mieux comprendre ce qui se passait sous la première couche… C’est de la musique de taré mais ça me faisait kiffer. Et je me rappelle avoir mis ma main sur le disque et faire ça (il montre un mouvement de scratch, Ndlr), c’était en 79 et je n’avais jamais entendu ça…

Ta première approche avec l’industrie de la musique ?
Ça a démarré en indépendant avec le Saïan Supa Crew, à cheval sur 97 et 98. À la naissance du groupe, nous avons eu la volonté de faire un maxi qui soit une carte de visite qui allait nous permettre de nous présenter à qui veut bien nous entendre, professionnels ou pas. Mais c’était surtout une façon pour de nouveaux potes de sceller un pacte. Ce maxi s’appelait « Saïan Supa Land », et nous avons signé chez Source 360°. Un vrai démarrage très pro, en 1998.

Qu’est-ce qui t’a amené vers le rap ? Ne voulais-tu pas être danseur au départ ?
Alors c’était même avant ça. Petit, j’écoutais beaucoup de musique avec mon père, surtout du jazz instrumental. Et j’écoutais aussi de la musique afro-cubaine. En grandissant, j’ai découvert d’autres styles musicaux. Le hip-hop, je l’ai découvert grâce à l’émission de Fab Five Freddy sur Yo ! MTV Raps. Et là, c’étaient les premiers clips où je voyais des danseurs. J’étais fasciné et surtout j’étais intéressé de comprendre, une nouvelle fois, de manière plus profonde, la construction de la musique. Et la danse, je trouvais que c’était un bon moyen. À travers la danse, on peut déconstruire tout un son, par exemple quand je dansais, je ne me concentrais que sur la ligne de basse ou sur un riff de guitare… C’était vraiment mon truc, je voulais être un grand danseur hip-hop. En même temps, je faisais du beatbox. Et finalement, ça m’a amené dans un premier groupe de rap alors que je ne voulais pas rapper, mais je me suis laissé porter. Puis, après, j’ai rencontré Dj Ewone qui m’a marqué au fer rouge de par sa technicité et sa façon dont il mixait. Il était extrêmement musical, ça remonte au milieu des années 90. Il faisait attention à la tonalité des morceaux… Ça m’a donné l’amour du Djing. Il était Dj dans mon premier groupe, avant le SSC…

Avec « Silvère » as-tu cherché à faire quelque chose de différent, par rapport à tes trois disques solos précédents ?
Ouaiiis. Je voulais revenir à quelque chose de plus naturel, je voulais gommer des effets que je peux utiliser sur scène et qui peuvent être impressionnants… Et je voulais surtout parler de moi. Parler de mes différentes histoires, celles qui font l’artiste que je suis d’aujourd’hui. Pour cela, il fallait me défaire de tout plein de choses, de tous ces effets de style que l’on retrouve dans la soul, le r’n’b. Et pour ce faire, il a fallu aussi que je me remette au français puisque pendant longtemps j’avais pris l’habitude de chanter en anglais et d’écrire en anglais. Pour ce nouvel album, voulant parler de moi, il était nécessaire d’écrire. Oui je voulais vraiment faire quelque chose de différent. L’Ep, la Part I, est un objet que l’on voulait offrir. Nous l’avons juste donné. Je suis fan de vinyle, je mixe en vinyle, j’écoute du vinyle et je suis encore émerveillé par le vinyle. Faire un vinyle, c’est quelque chose d’essentiel. Je ne vois pas mes projets sans les sortir en vinyle…

Pourquoi « Silvère » Part I, as-tu déjà composé la Part II ?
Non, en fait le Ep est la Part I. Nous avons pressé de vrais vinyles promo car ils ne sont pas en vente dans le commerce mais tu peux acheter les versions en digital. Il y a trois titres : « Skin », « Oh ! Mother » et « Le Mirroir ». L’album est la Part II. Des trois titres du Ep, il y a seulement « Skin » qui se retrouve sur l’album en format vinyle gatefold.



Ton disque est accompagné d’un épais livret avec un portrait photo pour illustrer chaque titre (extraits en haut de page). Peux-tu nous en parler ?
Nous avons fait des photos avant l’Ep et d’autres après. Je n’avais pas encore tous les morceaux en tête mais la maquilleuse, qui s’appelle Audrey Loy, juste en écoutant « Skin », « Oh ! Mother » et « Le Mirroir », a réussi à créer tous un monde. Je ne sais pas ce qui c’est passé dans sa tête mais en voyant toutes ses propositions de visuels et de maquillage, je me rappelle lui avoir dit : « Certaines de tes propositions vont m’amener des chansons. » J’ai adoré la proposition pour « Babylone », le titre n’existait pas encore, la chanson est venue après. D’ailleurs, pour la petite histoire, c’est la série « Luke Cage » qui m’a inspirée le titre. Je regardais la deuxième saison sur Netflix et, à un moment, dans l’un des épisodes, il y a le fils Marley qui apparaît dans un club. Et j’ai eu une étincelle, à l’écoute du son je me suis dit qu’il fallait que je fasse un morceau avec une basse un peu dub, un truc peu bizarre… Et directement la basse m’inspire, je prends mon téléphone, je le mets en mode dictaphone et je chante. Je passe l’enregistrement dans mon ordi… Je me dis qu’il faut quelque chose d’électrique, de très sec… Tout m’est venu d’un coup, la basse, le beat, le sujet. C’est la période où il y a eu le meurtre de Trayvon Martin, ce gamin black tué par un policier blanc. Puis, en même temps, il y a eu l’histoire de la femme violé et retrouvée dans une poubelle à Paris. Tout était connecté, j’ai fait le morceau en une journée. Au départ, il était en anglais. Par la suite, avec l’aide de Benjamin Molinaro, nous l’avons réécrit en français. Et quand tu vois la photo avec son côté vaudou, tu vois que ça va bien ensemble…Dans toutes ces photos, il y a une réelle intention… Celle de montrer toutes mes facettes et pas forcément celles que je montre… Il y a une partie plus dark, plus torturée de moi que l’on ne voit pas. C’est la volonté de cet album de montrer toutes les composantes de ma personnalité. Elle m’a beaucoup aidé pour ça.

Pourquoi as-tu fais appel à Benjamin Molinaro pour la production musicale, puisque tu as composé aussi des instrumentaux et des maquettes ?
Pour « Babylone », c’était même plus qu’une maquette. C’était vraiment un morceau. Généralement, quand je compose, j’aime aller au bout du morceau donc je fais en sorte que le morceau puisse sortir tel quel. Il a fait quelques arrangements, c’est plus du sound design ce qu’il a apporté. Ben a une vision très cinématographique de la musique. Je pense que c’est dû à son papa qui n’est plus aujourd’hui. Il s’appelle Édouard Molinaro et il a réalisé « La Cage aux Folles »… Je pense qu’il a hérité de ça. C’est aussi pour ça que j’aime travailler avec Ben car c’est la première fois que je rencontre quelqu’un qui a une autre lecture de la musique. Quand tu écoute bien l’album, tu te rends compte qu’il y a toujours un événement. Après il faut un système de qualité pour l’écouter les cocos (rires), il ne faut pas l’écouter sur Spotify, en qualité basse (rires).

Comment s’est passée la rencontre avec Benjamin Molinaro ?
Ben, il faisait partie de la première formation qui m’accompagnée sur scène lors de mon premier album « 74 », en 2010. Il était le bassiste. Il a une très grosse sensibilité musicale et c’est quelqu’un que j’adore humainement. C’est un amoureux profond de la musique. Il écoute plein de trucs, c’est le genre de mec qui te fait découvrir des groupes… Et il a toujours eu un œil bienveillant sur moi. On s’est retrouvé au bon moment, parce que je voulais faire quelque chose de plus personnel, revenir à quelque chose d’un peu plus hip-hop et il avait la même vision que moi. Donc ça a matché direct.

Finalement lequel des deux a composé le plus de musique ?
C’est plus lui. Si je compte bien, il y a quatre morceaux que j’ai produits. Tous les arrangements sont de lui. C’est un geek, il aime les claviers et il a tout joué avec un Prophet, un Juno, un Moog et un Wurlitzer, sauf les basses électroniques. C’était très important pour nous que ça reste organique et vivant, au fil des morceaux. On ne voulait pas simplement un beat avec une nappe. Il y a un vrai travail d’arrangement et parfois de sound design. Puis Jordan Kouby a mixé l’album aux studios Question De Son et Mika Rangeard a fait le mastering.

N’y a-t-il pas de beatmakers français compétents ?
Je ne sais pas. Finalement, autour de moi, je ne connais pas beaucoup de beatmakers. Il y a 20Syl, il est très compétent, très musicien et très occupé. Je rêverais de retravailler avec lui un jour. Je pense que les beatmakers se rapprochent de plus en plus de la musique et inversement. C’est une très bonne chose car souvent le discours sur le beatmaking est assez péjoratif. Il ne s’agit pas seulement de taper sur des machines. Je ne fais pas vraiment la différence entre un compositeur instrumentiste et un beatmaker. C’est juste les instruments qui sont différents. Il y a des beatmakers qui font des choses incroyables, juste avec des machines. Je fais du beatmaking depuis quelques années et c’est un kiff. C’est sans fin… Tu rentres un peu dans l’ingénierie du son. Ça me fait triper, je pourrais finir ingénieur du son. Je pense que j’aimerais beaucoup.

En parlant de beatmaking, tu as aussi produit « Youaresurrounded », 2017, un album d’instrus avec quelques Mcs, sous un autre pseudo : TAGi & Steven Beatberg. Depuis quand fais-tu du beatmaking ?
Ça a démarré en 2005 quand j’ai fait l’acquisition de la MPC 2000XL de Dj Real C qui s’en débarrassait. J’ai sauté sur l’occasion. Au départ, j’ai vu ça comme un nouveau jouet, un nouvel outil. Après je me suis arrêté pendant un long moment. Puis je m’y suis remis un jour car j’avais le temps et certainement parce que j’avais besoin de faire autre chose… Et j’en avais peut-être un peu marre de l’étiquette de Sly Johnson, le chanteur et de toutes les attentes qu’ils pouvaient avoir. C’est pour cela que j’ai pris le nom de TAGi & Steven Beatberg, comme ça je n’ai eu aucune pression. Ce ne fut que du kiff.

Hormis J Dilla, quelles sont tes inspirations pour le beatmaking ?
Kev Brown beaucoup. Il m’a bien marqué. Et Madlib aussi. J’ai été aussi marqué par Lord Finesse. Black Milk, j’aime beaucoup. Qui d’autre… Mon ADN est très hip-hop. Il y en a plein mais les noms m’échappent. Il y a 9th Wonder, Nicolay, Oddisee après c’est très proche…

Y a t-il des beats à toi qu’on a peut-être entendu sans le savoir ?
Non… Ah si pour Tiemoko, pour sa « Mixtiem » qui est sortie il y a un an. J’ai fait le morceau « Oooh » où j’ai samplé « Love Supreme » de Coltrane et il y a « J’Rap » pour lequel j’ai aussi produit le clip. C’est le premier artiste avec qui j’ai décidé de bosser. D’ailleurs, nous travaillons sur un album ensemble. Je fais tous les sons, je fais un peu la réalisation… Sinon j’ai fais un remix pour Lili Poe, une chanteuse électro-pop. Le titre s’appelle « Echo ».

Concernant tes textes, ils sont subtils et assez complexes, peux-tu nous en parler ?
Même si je ne lis pas énormément de livres, j’aime la langue française, j’aime les mots. Pour moi les mots ont une grande importance et ce que j’aime, c’est la forme poétique. Et ça va avec ma personnalité. Ça ne m’intéresse pas d’écrire : « J’ai mal au cœur… » Écrire juste « J’ai mal au cœur », ça ne veux pas dire que l’on est plus franc. Je peux utiliser une autre forme. Il y a tellement de possibilités avec la langue française pour faire passer des émotions, en premier lieu, et pour dire des choses. La manière la plus simple ne m’intéressait pas. J’aime quand les mots t’amènent des images… C’est très important pour moi. Je ne trouve pas mon écriture complexe mais elle n’est pas facile. Et encore, je dirais que je n’aime pas la facilité. J’aime passer du temps à trouver d’autres tournures de phrase. En général, quand je fais des beats, j’aime que la musique se suffise à elle même. C’est pareil pour les textes.

Tu travailles aussi sur un projet à l’occasion du centenaire de Boris Vian en 2020…
Oui ! J’ai été contacté par la Cohérie Boris Vian, ceux qui gèrent l’œuvre de Boris Vian. Et il y a une création originale, avec un spectacle autour des textes de Boris Vian. Je ne vais pas juste prendre les textes de Boris Vian. Je me base sur un livre ou deux de Boris Vian et je fais une relecture. C’est assez colossal, c’est beaucoup de boulot mais c’est hyper intéressant. Pour en revenir à l’album, à un moment, je me suis rapproché de Brel et Boris Vian pour écrire les textes. C’était dans une démarche d’authenticité, pour la force ou l’humour des mots. J’avais besoin de poésie d’un côté et de matière rêche, dure, de l’autre !



Concernant le titre « Skin » (clip ci-dessus), j’ai l’impression qu’il y a plusieurs lectures. Quel est le message, notamment quand tu dis : « On dit que tous les chemins mènent à Rome, mais n’est-ce point Rome qui extorqua les Hommes ? ».
Oui il y a plusieurs messages. Imagine : tu es un gamin, t’es en classe de CP et que, tout d’un coup, on te traite clairement de sale noir. Puis il y a la moitié de la cour de récré qui se moque de toi à cause de la couleur de ta peau. Et ils ne veulent pas jouer avec toi… Ça marque. En fait, je voulais parler de la violence des mots et du traumatisme que ça peux créer chez l’enfant. Et l’enfant qui devient un ado, un adulte. Ce sont des choses qui se figent sur la peau (…). Et quand je dis : « On dit que tous les chemins mènent à Rome, mais n’est-ce point Rome qui extorqua les Hommes ? », en gros c’est pour dire que ça va être un long chemin pour un jour être tous bras dessus, bras dessous, assis en train de boire des coups au bar. Je pense que ça va être très long. Je parle de la domination qui a pu être exercée sur certains peuples, à certains moments de l’histoire. Les méchants hommes sont souvent du nord de l’hémisphère.

Tu viens de signer chez une nouvelle maison : Just Looking Productions, c’est un nouveau départ ?
Alors le vrai truc, c’est que ce dernier album, c’est moi qui l’ai produit avec Alex. J’ai créé une structure qui s’appelle Foniogramme et je l’ai produit en association avec Just Looking Productions qui s’occupe du management et du booking. En vérité, cet album c’est la rencontre de deux personnes, Alex et moi… C’est de l’auto-prod, j’ai mis toutes mes billes. Il me reste plus rien dans les poches d’ailleurs, mais au moins on est fier de ce disque…

Et on est léger (rires)…
Oui. C’est de l’auto-prod à 100%. Je n’aurais jamais pu faire ce projet avec une major. Impossible… Je n’aurais pas pu jouir d’une telle liberté artistique en major.

Comment as-tu rencontré Alex ?
Je l’ai rencontré grâce au regretté Didier Lockwood, un violoniste jazz décédé l’année dernière. Il était venu à ma rencontre à l’occasion d’un ballet mêlant danse et beatbox. J’étais sur scène pendant cinquante minutes avec deux danseurs hip-hop : Bboy Junior et Amala Dianor. Et je faisais tout le sound design et la musique en direct, avec ma loop station. C’était dans le cadre de Suresnes Cités Danse, ça a duré une semaine. Didier est venu, un soir, à la demande de mon ancienne chérie… Et nous avons eu l’idée de créer un projet scénique ensemble puisque Didier pratiquait l’improvisation. Et comme Alex s’occupait de Didier Lockwood, c’est comme ça que j’ai rencontré Alex…

À l’époque du SSC, tu pratiquais le scratch, notamment avec Resda. C’est fini ?
Oui, je n’ai plus trop le temps malheureusement. Ah je m’amusais bien. Mais je mixe toujours et je peux toujours placer quelques scratchs, attention ! D’ailleurs j’ai une soirée avec JP Mano depuis 7 ans, elle s’appelle La Réunion Party ». C’était au Djoon et maintenant elle est au Trac. Je kiff, j’adore mixer, ça me fait vraiment tripper.

Tu mixes exclusivement vinyle ?
Non car par rapport à ce que j’ai envie de jouer, c’est difficile de trouver les vinyles. Mais, je me la pète un peu, j’achète tout ce que je joue. Donc je vais sur Bandcamp ou les sites des artistes, parfois ça me prend du temps mais c’est un kiff.

Tu mixes en club et pourtant « Silvère » n’a pas de morceaux up-tempo…
Pas vraiment, parce que j’avais envie de dire des choses. Et pour que ce soit compréhensible, je pense que le tempo doit aller avec. Il aurait été difficile pour moi de faire un titre comme « Skin » sur une prod très funky, très enlevée… Ça me viendra de faire de la musique up-tempo, j’aimerais… Ah il y a tellement de choses que j’ai envie de faire.

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Quelle influence Dj JP Mano a sur ton parcours musical ?
Ah il y est pour beaucoup. On s’est de nouveau rencontré vers 2001. C’était un moment où je ne voulais écouter que du rap. C’était le temps où il y avait Madlib, Quasimoto, Lootpack. Je ne voulais que des choses comme ça et rien d’autre. Et il me glissait des compiles de soul et ça m’a ouvert l’esprit. Je me suis dit « Il y a un autre monde derrière la musique que j’aime. Elle découle de tout ça… » Et, à l’époque, j’étais à la recherche de quelque chose qui me ressemble plus, donc c’était parfait de découvrir cet univers soul que je n’écoutais pas forcément, puisque je n’écoutais plus que du jazz et de la musique afro-cubaine. C’est là que je ressentais de la fragilité, de l’émotion et tout plein de choses. Et c’est ce qui m’a donné envie de chanter. Ça me forçait à me mettre à nu, tout simplement…

Selon toi quelles sont les femmes Djs, productrices à mettre plus en lumière ?
(Silence). Hummm c’est fou ça, c’est une vraie question puisque je n’en connais pas vraiment. La seule qui me vient est Georgia Anne Muldrow qui, selon moi, n’est pas assez reconnue. Elle est très forte et, lors de son premier projet, elle avait 16 ou 17 ans. Finalement, je ne connais pas de Djs, productrices ou beatmakers femme. Ah si, sur Paris, il y a Miss Mak du collectif Golden Years qui, pour le coup, mixe vraiment. Elle très hip-hop, elle mixe du sale.

Tu es aussi fan de tatouages ?
J’aime bien les tattoos mais je ne suis pas un fou de tatouage. Il y a eu une période ou j’avais un peu la fièvre mais je me suis calmé depuis. Ça fait hyper longtemps que je ne suis pas tatoué quelque chose mais, bon, j’en ai tout de même sept… Il peut y en avoir huit ou neuf, c’est possible mais il faut des idées.

As-tu d’autres passions ?
Les jeux vidéo. Oui, je suis un gamer de fou, c’est une catastrophe. Alors moi c’est la Xbox, ce n’est plus la PlayStation.

Un dernier mot ?
(silence) ! Peace, love & music, c’est toujours ce que je dis pour terminer.

Texte par Dj Coshmar / Photos par Just Looking Prod.