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REPORT / MIXMOVE-DISCOM 2013

REPORT / MIXMOVE-DISCOM 2013

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Se tenait du 17 au 19 mars dernier à Paris, le salon Discom-Mixmove alias le salon des professionnels de la nuit. Et devinez quoi ? Nous y étions comme à notre habitude. Eric Boulo, chef de projet du salon, annonçait dans une interview pour le magazine Euronight (distribué gratuitement sur place) que cette année « les nouveaux produits et concepts déboulaient en masses » et également que le but de cet évènement est d’offrir au public l’occasion de rêver. Alors cette édition 2013 a-t-elle été à la hauteur de ses prétentions ?


Des nouveautés en masse ? Pour être très honnête, bilan mitigé. Des créatures perchées sur des échasses ? Déjà vu. Une nouvelle boisson énergétique ? Très novateur en effet. Des femmes et hommes objets plus ou moins vêtus ? Rien de neuf jusqu’ici. La cigarette électronique ? Tellement 2012 ! Cut Killer ? Non mais franchement il y a un bail, il usait déjà ses guêtres dans les clubs provinciaux. Des écrans de leds surdimensionné ? Toujours pas la nouveauté de l’année 2013. L’innovation est peut-être dans le fait que des sextoys étaient offerts. En somme, rien de nouveau concernant la faune et la mise en scène. Ah si, quelle mauvaise langue je fais derrière mon sapin ! Du pop corn, genre chichis, beignets, chouchous ! Idéal pour aller ensuite tester le matos avec les doigts huileux à souhait. Justement, le matériel, venons à ce que nous considérons comme le plus intéressant, c’est-à-dire la partie du Mixmove consacrée au deejaying. Ces trois jours vous offrent la possibilité d’essayer les derniers produits et/ou de voir des démonstrations de l’américain Dj Shiftee, de Mattias ou le K Push pour ne citer que ceux présents sur le stand de SCV (Native-Instruments…) où pendaient des casques audio, invitant ainsi les spectateurs à s’immerger dans leur univers.
On constate que malgré la crise de belles enseignes mettent dignement en avant leurs produits sur de grande surfaces comme Star’s Music ou Kaith Skool. À l’exception d’Audiopole (Rane, Allen & Heath…) venu avec un grand camping-car en taule à l’américaine faisant office de décoration, la majorité des stands de matos ont opté pour un design épuré, sobre et efficace. Les platines vinyles se font trop rares et la majorité des marques proposent de nouveaux contrôleurs. Audio–Technica et Denon ne présentait pas de nouveautés majeures. Sur le stand de Korg, vous pouviez essayer le Kaossilator Pro+, ou le Kaos Pad 3+ ou encore le SPARKle, un hardware de la marque française Arturia. Juxtaposé à leur stand sur l’espace AKAI, la MPC Studio brillait tandis que chez Numark le contrôleur supportant un Ipad était révélé. Hercules, aujourd’hui, propose une large gamme de contrôleurs tout comme Gemini qui commence à rattraper son retard. Pioneer, avec le plus grand stand, remporte un Mixmove tech Award grâce au DDJ-SX. Idem pour Reloop avec le Terminal Mix2. Le Traktor 2.6 a été élu meilleur logiciel de mix. Le Reloop RHP-20 meilleur casque Dj, la Xone:DB 2 de Allen & Heath meilleur console de mix Dj. Malgré la très réussie SC-3900 de Denon avec son super plateau vinyle, c’est la CDj-2000 Nexus de chez Pioneer qui a été nommée meilleur lecteur multi-format. MH le distributeur de Vestax, quant à lui, était absent. À noter également la présence sur le Discom de meubles design, notamment Vodom et la marque Qui Est Paul, même si nous aurions préféré, pour ces derniers, une mise en valeur à la hauteur de la qualité de leurs produits.

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En conclusion, cette quatrième édition du Mixmove est toujours bien plus envolée en décibel que le salon de nos confrères allemands le MusikMesse. Nous sommes à même de nous inquiéter sur le devenir du monde de la nuit et des Djs en France. En effet, à l’heure où le statut social du Dj n’est toujours pas clairement établi et qu’une bonne majorité d’entre eux travaille au noir, nous pouvons nous interroger sur l’utilité des conférences du moins pour ce sujet. Un salon qui permet de rêver ? Pour tout vous dire, j’espère que dans le domaine du rêve, l’imagination humaine est capable de surpasser ce que l’on nous a offert en termes d’inventivité. Dommage tout de même que l’on réduise le monde de la nuit à un univers bling-bling et clubbing. Rome ne s’étant pas faite en un jour, nous espérons pour les prochaines éditions une représentation plus complète, notamment comme l’univers live, beatmaking, nettement plus novateurs, se produisant souvent dans des salles de concerts ou festivals aux entrées diurnes.

Par Anne-Claire & Invisibl journalist.