Starwax magazine

starwax magazine

archivesseptembre-2014

« THE PAYBACK » / 40 ANS

« THE PAYBACK » / 40 ANS

Posté le

La sortie, de Get On Up, un biopic consacré à James Brown rappelle l’impact majeur du Godfather of Soul sur la scène musicale contemporaine et afro-américaine. L’occasion de replacer The Payback, chef d’œuvre initiateur du funk, sur la cartographie de l’histoire de la musique 40 ans après son lancement.

A chaque décennie son James Brown. Après les enregistrements 50’s (« Please Please Please », « Try Me ») et le rayonnement engendré grâce aux concerts mythiques à l’Apollo d’Harlem, le kid d’Augusta révolutionne la musique des années 70. Avec Bootsy Collins, il invente le rythme funk ! Le tandem ouvre une brèche pour les sessions futures d’où sortira l’inusable « Funky Drummer ». Paru en 1973 lors du boom de la blaxploitation, Black Caesar permet à James Brown de s’imposer sur les plateaux d’Hollywood. Il talonne alors Isaac Hayes et Curtis Mayfield, les compositeurs de Shaft et Superfly. Une tentative vite enrayée. Jugé un tantinet conventionnel par la production cinématographique de l’époque, The Payback sort finalement en double album. Particulièrement hermétique cet enregistrement, arrangé par Fred Wesley, apparait pourtant tel le standard du genre.

702-payback-double
La pochette annonce la couleur. We Got A Right To The Tree Of Life… Inscrite sur le chapeau de James Brown, la phrase prône un retour aux racines. Tout comme le titre de l’album qui annonce, de manière cinglante, un retour mais sur investissement… Arrangements au cordeau, voix déterminée, la plage titulaire claque dans l’air. Passés les hululements d’ouverture, c’est une formation imparable qui se met en place, avec notamment Martha High, Maceo Parker, Fred Wesley. L’instrumental « Time is Running Out Fast » reflète la grande musicalité de l’entreprise. Alors que « Forever Suffering » cède aux sirènes de la ballade soul. Particulièrement syncopé, « Mind Power » est révélateur de la plupart des titres de The Payback. La ligne musicale penche pour des morceaux longs, renforcés par de nombreuses boucles rythmiques. Avec une telle structure, les compositions sont autant de mannes pour le sampling et les remixes. De Massive Attack, avec le titre « Protection », à la bande son du film Django Unchained, les artistes inspirés par cet album sont nombreux. Et les prestations scéniques sont autant de moments forts. Sommet du genre, le concert donné à Kinshasa au Zaïre, en 1974, prend une dimension particulière. Commandée par le boxeur Mohamed Ali, en première partie du championnat du monde contre George Foreman, une revue musicale programme James Brown aux côtés de BB King et de la Fania All Stars. Un set composé notamment de morceaux de la période The Payback, durant lequel The Godfather of Soul rallie la cause de Mohamed Ali. Le croisement des genres est puissant. Il verra le boxeur black muslim ravir le titre tant convoité.

Par Vincent Caffiaux