Starwax magazine

starwax magazine

archivesoctobre-2016

TEST MATOS / NORTH 7 VINTAGE KEYS SOFTWARE

TEST MATOS / NORTH 7 VINTAGE KEYS SOFTWARE

Posté le

Imaginez un clavier relié à deux amplis, pris par deux micros, et traité par deux canaux stéréophoniques plein d’options. C’est ce qu’offre le North 7 Vintage Keys. Grâce à pas moins de 21806 samples issus de quatre claviers classiques, le North 7 dispose de quatre instruments virtuels. À savoir le Spitfire Electric Piano ( « EP »), l’Electric Clavinet (« CLAV »), le Stage Piano (« THE WURLY »), et l’Electric Piano Bass (« Finger Bass »). Grâce à eux, vous pourrez jouer avec un son digne des plus grands, de Stevie Wonder à Chick Corea en passant par Supertramp et j’en passe. Quand on connait le prix de ce type d’instrument, on est heureux d’avoir, pour 279 euros, des sons aussi proches de claviers mythiques des années 60 et 70.

Avant toutes choses, armez-vous de patience durant l’installation, car vous devrez télécharger 24,9 Go de sons « Wave » non compressés (en tout, vous aurez besoin de 32,8 Go d’espace libre durant l’installation). Une fois tout installé, il suffit de charger un des instruments pour vous régaler avec un son incroyablement bien samplé. Un potard de « tune » permet de bouger tout le clavier par intervalles de demi-tons.

Mais rentrons dans le détail. Après avoir choisi son clavier, on a le choix entre plusieurs amplis, on a le choix du micro pour chaque HP et en plus on a les vraies appellations comme le 57, le 421, ou une DI par exemple. On peut donc choisir deux amplis différents repris avec deux micros différents, et mélanger ces sons en créant sa propre stéréo, avec la possibilité de passer d’un son à l’autre manuellement, ou automatiquement par l’intermédiaire d’un « crossfader » quantifiable. Le mouvement du cross peut être contrôlé par un LFO qui génère une sinusoïde, un triangle, une dent de scie ou une dent de scie inversée. Petite note au passage, le mouvement correspondant au click est appelé x16 (?). Au-dessous la vitesse augmente, au-dessus elle diminue, et on dispose d’un curseur pour sortir du tempo et faire groover un peu tout ça.

702_north7
On a donc comme une console à deux voies stéréo, qui se finit par un « crossfader » et un séquenceur, qu’on évoquera ensuite. Pour l’instant, prenons une des tranches, appelée « Bay » (A ou B) dans le logiciel, et décortiquons. Après avoir choisi son micro, le son arrive sur la tranche et passe par trois LFO indépendants, quantifiables, un pour le pitch, un pour le volume, et un pour le filtre. À ce stade on peut déjà créer des sonorités très intéressantes, de vibratos, trémolos et filtrages. Notez que je ne parle que d’une tranche, l’autre a exactement les mêmes options ! On retrouve un « coupe haut » et un « coupe bas » très efficaces, un générateur d’enveloppe de type ADSR. On a aussi un curseur appelé « clone » qui transpose le signal par intervalles de demi-tons, ainsi qu’au centième, très intéressant quand on utilise les deux tranches. Petit détail, tous les curseurs sont modifiables à la souris seulement, on ne peut pas leur appliquer une valeur au clavier. Mais le « cmd+click » pour réinitialiser la valeur est présent. Ensuite vient le « crossfader » cité plus haut, puis le « gate sequencer ». Ce séquenceur de 32 pas permet de découper le son en y composant le rythme que l’on veut, en allant de la découpe la plus nette jusqu’au trémolo, mais un trémolo rythmé au gré de notre imagination. La coupure se fait en « pré » ou en « post » envois d’effets.

À côté des envois d’effets, nous avons des EQ assez décevantes car non paramétrables, mais les « Tape Satu » du gain et de la sortie sont très bons, et donnent un son bien crunchy quand on rentre un peu dans le clavier. Ensuite on a une deuxième page, et c’est là que l’on tombe sur le point noir de ce logiciel. Je parle de la page de la gestion des effets qui n’est pas intuitive du tout. Certaines écritures sont tellement petites que l’on ne sait pas quel paramètre on modifie ! On peut obtenir des sons très intéressants, mais au prix d’un bon moment de recherche à comprendre le fonctionnement. Mais ils ont le mérite d’exister, et de bien sonner. Il faut juste un bon temps d’adaptation.

Pour conclure, ces instruments virtuels ne sont pas à la portée de tout le monde, demandent un ordinateur puissant pour fonctionner de manière optimale. Et ils sont plutôt dédiés aux pianistes confirmés, recherchant des sons mythiques de claviers qu’il serait excessivement cher d’acquérir, qu’aux beatmakers débutants. Les sons sont incroyablement beaux, et les possibilités de prise de son, de mixage et de stéréophonie sont extrêmement efficaces et riches. Ci-dessous découvrez des morceaux composé avec le North7 conçu par Spitfire Audio ou une vidéo démo.






Par Dj Claim