Starwax magazine

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MULATU ASTATKE / <br/> SKETCHES OF ETHIOPIA

MULATU ASTATKE /
SKETCHES OF ETHIOPIA

labelJazz Village

MULATU ASTATKE /
SKETCHES OF ETHIOPIA

albumSketches of Ethiopia

L’Ethiopie tient le haut de l’affiche. Des airs pastoraux des hauts plateaux aux productions urbaines d’Addis Abeba, le registre en question séduit nombre d’artistes internationaux parmis lesquels les punks de The Ex, Elvis Costello jusqu’au cinéaste Jim Jarmusch. Il y a quelque années, ce dernier inclus des thèmes de Mulatu Astatke à la bande son de Broken Flowers. Le vibraphoniste revient, aujourd’hui, sur le devant de la scène avec son premier album international : Sketches of Ethiopia. Le titre renvoie immanquablement au Sketches of Spain de Miles Davis, arrangé d’une main de maître par Gil Evans ou bien encore aux grandes suites africaines du Duke des années 70. Epaulé par les londoniens de Step Ahead, une solide formation groovy, ce nouvel opus est, pour Mulatu Astatke, avant tout celui de la maturité. Exit les expériences numériques passées. Le son élaboré est ample. Une liberté perceptible dès « Azmari », la plage d’ouverture composée par Russ Gherson, un habitué du répertoire éthio-jazz avec l’Either Orchestra. A la différence du répertoire 60’s, à la tessiture composite, Sketches of Ethiopia est volontier impressionniste. Les gammes musicales et chromatiques se complètent de manière savante : « La musique génère une palette de couleurs. Des harmonies et mélodies qui dépeignent chacune un sentiment bien différent » commente ainsi le jazzman à propos de cet enregistrement.
Invité sur trois des huit titres, le chanteur Tesfaye scande funky entre les percussions latines et la kora du prenant « Gamo ». Avec « Gumuz » et son climat boisé généré par le violoncelle. Ou bien encore sur « Gambella » et ses chœurs traditionnels entêtants. Ces titres sont délibérément contemporains, traduction du rôle de la diaspora éthiopienne pour la propagation du catalogue abyssin. Métaphore filée de cette ouverture, l’intervention de la malienne Fatoumata Diawara, offre un cachet universel à « Surma ». Huit titres et autant de correspondances engagées. Les thèmes sont foncièrement oniriques. Ainsi les maillets de Mulatu imprègnent les cuivres et le piano du Step Ahead Band de leurs sonorités liquides sur les longues improvisations de « Assocha Derache ». Chaudement conseillé. Disponible depuis le 2 septembre 2013. (Vincent Caffiaux)