Starwax magazine

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chroniquesCD

KANYE WEST / YEEZUS

KANYE WEST / YEEZUS

labelRoc-A-Fella Records, Def Jam

KANYE WEST / YEEZUS

album

À la réception de ce Cd à la rédaction, il m’aura fallu de longues secondes pour comprendre qu’il s’agissait d’un nouveau projet de Kanye West et que, de surcroît, j’avais entre les mains le format officiel disponible à la vente. En effet, celui-ci se présente sous la forme d’un boîtier plastique transparent avec, au dos, un adhésif, transparent également, où sont disponibles les crédits écrits en blanc avec un code barre en dessous. Puis, le must : un sticker orange fluo pour le fermer. Apparemment, Kanye West n’a pas la volonté d’offrir de textes de « Yeeezus », ni d’offrir autre chose que sa musique. Justement, attardons-nous sur la musique. Dix titres seulement composent ce sixième album solo réalisé en studio. Pouvons-nous d’ailleurs parler d’album solo puisque huit titres présentent des invités ? Les productions instrumentales de Kanye West sont, selon mon avis, depuis le début, d’avantage son point fort que son flow. Mais apparemment, son travail de beatmaker est relégué au second plan puisqu’il co-produit uniquement « Bound 2 » avec son mentor No I.D. Daft Punk intervient sur quatre titres. Également au manettes : TNGHT, RZA, Young Chop… Autant vous dire que de nombreuses influences musicales cohabitent de manière brute mais cohérente ! L’ensemble est apocalyptique, parfois chanté, parfois rappé, parfois crié. Toujours lourdes, puissantes, à la limite de la saturation, peut-être un peu trop sur « New Slaves », les productions mélangent des ambiances digitales et organiques allant de la soul-gospel au rock, de l’electro limite indus au reggae. Il va même jusqu’à à sampler la voix de Bennie Man sur « Send it Up ». Kid Cudi est discret mais efficace sur « Guilt Trip ». Sur « I’am In It » la voix rappée de Kanye, cohabite avec une voix chantée, pas assez percutante à coté de celle, fort efficace d’un « bad man » qui toast reggae. Malheureusement je ne vois pas les crédits de ce « bad man », sur ce seul petit bout de texte blanc qui, rappelez-vous, me torture les yeux à la lecture ! Bon, il ne sera pas cité, mais le résultat est là. Ce qui est sûr c’est que ce disque est nettement moins accessible que ses trois premiers albums et qu’il ne ravira donc certainement pas sa base de fans de la première heure ! Néanmoins, nous ne pouvons reprocher à ce poids lourd du rap game son ouverture d’esprit. Une ouverture d’esprit que certains résumeront à une volonté de plaire et de manger à tous les râteliers. Jésus se chercherait-il encore ? Va-t-il suivre le parcours de son confrère en s’appelant pour son prochain album Kanye Lion ? En même temps, un lion c’est moins balèze que Jésus. Kanye West : un artiste que l’on adore ou que l’on déteste mais qui ne laisse pas indiffèrent.

Par Supa Cosh…