COLOURS OF OSTRAVA 2016 | Star Wax Magazine

2016-07-21

COLOURS OF OSTRAVA 2016

Dans la série festivité estivale de grande envergure, la République tchèque est une destination a priori peu convoitée. Et pourtant depuis quinze ans, à seulement deux heures d’avion de Paris, Colours Of Ostrava Festival est la place to be. Durant quatre jours consécutifs, 40 000 spectateurs sillonnent un surprenant site sidérurgique désaffecté où sont installées, ici et là, plus de douze scènes qui accueillent plus de 300 groupes et Djs. Les jeunes et les moins jeunes se mélangent et dansent aux sons du rock, de la pop, des musiques électroniques, des musiques du monde ou du swing. Artistes locaux ou internationaux se mêlent à l’affiche. Visite guidée d’un festival en passe de devenir l’un des meilleurs événements musicaux en Europe Centrale.


Ostrava est la capitale de la région de Moravie et Silésie. Elle est naturellement surnommée « le cœur d’acier du pays » à cause de son lourd passé industriel. Dès l’arrivé sur l’immense site Dolni Vitkovice, il est impossible de ne pas être surpris par les nombreux et gigantesques bâtiments. Un endroit à faire rêver les plus assidus des teuffeurs. Sur place, vous avez le choix de vous ruer vers la grande scène ou bien de vagabonder d’une allée à l’autre. Lorsque ce n’est pas un disquaire, un libraire ou un coiffeur les stands proposent des vêtements, des bijoux et bien sûr de quoi se restaurer. N’ayez crainte, niveau boissons vous serez bien réhydratés : la république Tchèque est le pays où la consommation de bière annuelle par habitant est la plus élevée au monde… Ce territoire fait partie de l’Union européenne mais il faudra vous procurer des couronnes, symbolisées par Kc ou CZK. Pour info 24 CZK équivalent à 1 euro. Alors faites le calcul, la pinte est à seulement 37 couronnes, le paquet de cigarettes à 79 couronnes et le pass pour les quatre jours à 2200 CZK. Hormis ces considérations budgétaires avantageuses que propose la line up chargée du festival ?

702_ostrava-report2016_01
702_ostrava-report2016_11
702_ostrava-report2016_10
702_ostrava-report2016_19
702_ostrava-report2016_05
702_ostrava-report2016_03

Des artistes internationaux qu’on ne présente plus comme Underworld, Tame Impala, M83, Of Monsters And Men, Thievery Corporation (en photo ci-dessus), Slowdive ou encore Anohni. Vous avez cerné : la dominante musicale est encore une fois rock, même si, par exemple, Mbongwana Star est également au programme. Mais ce festival est aussi l’occasion de découvrir des groupes croates comme le duo 2Cellos ou encore le trio pragois Ohm Square qui joue une musique électro-pop downtempo emportée par une chanteuse anglaise qui fait face à un filet sur lequel le vidéo jockey projette des images. Le public est conquis et nous aussi. Le lendemain, sur la scène principale, alors que la pluie n’a de cesse de tomber, nous sommes séduits par la prestation de la néerlandaise Caro Emerald avec un big band et un Dj (ci-dessous en photo). Ils remettent au goût du jour des morceaux de jazz des années 40 sous forme d’électro-swing. C’est efficace et festif. Parmi les douze scènes pointées, nous passons pas mal de temps sous l’un des plus petits chapiteaux, aux couleurs du rhum Captain Morgan, en mode discothèque. C’est la scène qui joue tardivement dans la nuit. Les Djs enchaînent habilement et sans temps mort de la house, du hip-hop ou de la jungle bien soulful.

702_ostrava-report2016_02
702_ostrava-report2016_07

Musicalement parlant, l’autre intérêt de ce festival est l’Electronic Stage, pouvant accueillir jusqu’à 2000 personnes sous chapiteau. Colours Of Ostrava a de quoi devenir un festival incontournable parce que cette scène existe seulement depuis deux ans. Ce que nous avons trouvé mal cousu c’est que les Djs sets débutent seulement vers 19 heures et parfois avec des coupures de 45 minutes entre deux artistes, surtout en début de soirée. Plutôt que de courts sets d’une heure, le programmateur de cette scène aurait pu prolonger les prestations de certains Djs afin d’offrir quelque chose de plus dense. Malgré tout nous y avons passé de bons moments. Le premier jour, le jeudi 14 juillet, nous avons pris nos repères en faisant le tour du site (nous sommes arrivés seulement vers 23 heures) alors qu’Unkle mixait. Sa musique downtempo est un peu dépassée et guère stimulante. Cependant c’est en tapant du pied que nous attendions patiemment notre frenchy adoré, Rone (photos ci-dessous). (Un énième artiste étranger qui performait pour la première fois en République Tchèque). C’est autre chose ! Outre qu’il s’agisse d’un live pêchu, c’est évident que Rone s’amuse ! Le public le ressent et le lui rend bien. Malheureusement il faudra s’arrêter sur cette bonne vibe. Il est 2 h 30 du matin.

702_ostrava-report2016_08
702_ostrava-report2016_09
Le lendemain, le Dj set de Orient (un slovaque) sera une autre belle découverte avec sa bass music bien groovy. Mais c’est Erol Alkan que nous guettons un peu plus tard. Une heure de set aura été un peu court et long à la fois, parce qu’il a vraiment tardé à faire décoller sa sélection trop planante. Heureusement l’anglais Boy 8-Bit, qui lui succède, a réussi indéniablement à mettre toute l’audience d’accord. Et ce jusqu'à la fermeture du site à 5 heures du matin. Ça a sué. Le jour suivant, le samedi 16 juillet, la tête d’affiche électro se nomme Boys Noize. Il est invité à jouer sur une scène plus grande et en plein air. Sauf que malgré son set tonique, cette séquence, à cause de la pluie, aura été un peu boudée du public certainement épuisé. Pour les plus téméraires Actress, Nathan Fake puis l’allemand Christian Löffler se succéderont sur l’Electronic stage, une fois de plus jusqu’à l’aube. Le dimanche, pour ce dernier jour, le soleil est de retour. Evidemment les festivités s’achèvent plus tôt ce soir là. La dernière découverte est un groupe tchèque du nom de Mydy Rabycad (en photo ci-dessous). Un autre band avec une chanteuse qui jumpe partout. La musique entraînante fusionne sonorités vintage et sons électro, notamment grâce à une flûte électronique. Ils cultivent leur style, allant jusqu'à l’appeler «glamtronic». C’est donc avec glamour et joie que se clôturent ces quatre jours. Alors qu’Underworld termine son live au même moment sur Ceska Sporitelna stage, la scène principale. Evidemment dans ce genre de festival impossible d’être partout, il fallait donc faire des choix.

702_ostrava-report2016_15
702_ostrava-report2016_04

En conclusion, le seul bémol est l’absence de concert hip-hop ! Cependant l’ambiance y est agréable et joyeuse. L’organisation est bien pensée, le public est discipliné et tout se passe sans encombre. Certains viennent en famille avec leurs enfants en bas âge, d’autres entre amis, d’autres pour pogoter. Nous aurions pu nous attarder sur le fourneau n°1 (en photo ci-dessous) qui surplombe du haut de ses 80 mètres le festival avec le Bolt Café au sommet. Sur les workshops de danse, les débats, les expositions, l’immense live painting (en photo ci-dessous), les autres scènes sponsorisées par des marques de boissons ou de cigarettes, les spécialités culinaires locales... Ou sur le Svet Techniky, fraîchement conçu à l’intérieur même du site. Mais cela nous vous laissons le découvrir. La prochaine édition aura lieu du 19 au 22 juillet 2017. Si vous recherchez du dépaysement et de la bonne vibe, c’est l’endroit où aller. Longue vie au Colours Of Ostrava ! En espérant que le programme de l’Electronic Stage se bonifie d’année en année.

702_ostrava-report2016_13
702_ostrava-report2016_14
702_ostrava-report2016_12
702_ostrava-report2016-fulghum_06
702_ostrava-report2016_16
702_ostrava-report2016_17
702_ostrava-report2016_18

Par Supa Cosh...