Starwax magazine

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BUENA VISTA SOCIAL CLUB / LOST AND FOUND

BUENA VISTA SOCIAL CLUB / LOST AND FOUND

labelWorld Circuit

BUENA VISTA SOCIAL CLUB / LOST AND FOUND

album

Classique du répertoire afro-cubain, « Lagrimas Negras » fait partie des treize plages retrouvées par Nick Gold, le patron du label anglais World Circuit. Interprété par Omara Portuondo ce titre, extrait de Lost And Found, nous téléporte au milieu des années 90, à la sortie de Buena Vista Social Club. Encadré par l’excellent Ry Cooder, cet album sonne aujourd’hui telle la pierre de Rosette des musiques latines. Son, rumba, effluves jazzy, le chaudron bout grâce aux personnalités d’Ibrahim Ferrer, Cachaito Lopez, Compay Segundo et consorts. Un phénomène musical illustré, dans la foulée, par le documentaire de Wim Wenders. Ironie du destin, cet enregistrement trouve son prolongement avec Afrocubism, le projet originel du Buena Vista Social Club et point de ralliement entre ces vénérables interprètes et leurs homologues africains. L’expérience reste stupéfiante tant les musiques du continent premier opèrent un chassé croisé naturel avec la Caraïbe.

Lost and Found, le nouveau disque du Buena Vista Social Club, s’affirme bien comme le troisième volet de cette saga. Sélection d’inédits et de prises live (différentes du concert au Carnegie Hall), l’album évite pourtant l’écueil de la compilation posthume, forcément inégale. A commencer par « Bruca Manigua », splendide ouverture issue d’un set donné en 2000 par Ibrahim Ferrer. « Tiene Sabor », « Bodas De Oro » et « Guajira En F » confirment la bonne santé de l’orchestre. Duel entre la contrebasse de Cachaito et les percussions d’Anga Diaz, « Black Chicken 37″ claque à coups de rythmes improvisés. Doté d’une esthétique dépouillée, ce titre est sans conteste l’un des sommets de cet album. Tout comme « Habanera », enregistré par Gajiro Mirabal pendant les sessions de son premier album solo. Etalés sur huit années, ces enregistrements brillent par leur diversité. A l’image du jeu de piano onirique de Ruben Gonzalez qui termine cet album de manière subtile.



Par Vincent Caffiaux.