Starwax magazine

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AJAX TOW INTERVIEW & FULL LP

AJAX TOW INTERVIEW & FULL LP

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Ajax Town a parcouru bien du chemin avant de concrétiser « The Soul Vegetable Orchestra », son troisième album, depuis peu dans les bacs. Fin des 90’s, guitare en main, il débute la musique avec ses potes en jouant dans les rades de la pampa bordelaise. Puis le Djing sous influences rock, soul-funk, prend le pas. Et le digger éclairé commence le beatmaking, au début des années 2000. Fidèle à sa guitare qu’il ajoute à ses compositions à base de sample, il rejoue désormais les basses. Soucieux d’élever sa musique, toujours en compagnie de son frère de son Dj Marrtin, il sollicite des batteurs afin de consolider les beats. Le résultat est une orgie bretonne à l’esprit sex, drugs and rock’nroll. Autant de bonnes intentions pour prendre des nouvelles du rennais.


Rappel nous tes débuts ! As-tu commencé par la guitare, le diggin, le Djing ou le beatmaking ?
Tout début, ado j’écoutais de la pop via mes cousins car chez moi on écoutait pas vraiment de musique, je me rappelle de deux ou trois vinyles qui trainaient chez mes parents, mais pas plus. Ce sont les vinyles de « Breakfast in America » des Supertramp et la B.O. de « Marginal». Puis vers l’âge de quinze ans avec des potes ont a eu envie de faire de la musique pour occuper nos week-ends, à la campagne. Et on a choisi chacun un instrument et quelques mois plus tard on faisait notre premier concert dans le rade du village. Le Diggin’ est venu plus tard lorsque j’ai travaillé en en major. Ca a duré 10 ans, je visitais les disquaires toutes les semaines et j’achetais, j’échangeais des tas de news. A cette époque j’ai commencé à mixer chez moi et c’est après que j’ai commencé, en parallèle de mon boulot en maison de disque, à passer des disques dans les bars et des petites salles sur la région Bordelaise. Le beatmaking est arrivé ensuite, il y a presque vingt ans déjà. C’est suite à la rencontre d’artistes bordelais comme Frogpad avec qui je suis allé jouer en Asie par 2 fois.

Entre Ajax et Star Wax nous avons de quoi nettoyer cette merde, d’ou vient ce nom ?
Pourquoi Ajax Tow, Ajax vient du deuxième groupe dans lequel je jouais, étant passionné de foot de la grande époque et de « Yoann Cruyff » on avait choisit ce nom et j’ai voulu le garder. Et pourquoi Tow ? C’est le chiffre two au départ. Suite à une erreur de frappe sur le flyer de mon premier mix j’ai gardé cette erreur.

Aujourd’hui, comment vis-tu cette période, as-tu appris quelque chose depuis mars dernier…
Cette période est longue et surtout c’est difficile à vivre sans savoir quand ca va reprendre. C’est compliqué de se fixer des objectifs et quand t’es artiste c’est primordiale. Au premier confinement c’était assez constructif, j’échangeai avec d’autres artistes, le fait qu’on soit tous confiné nous mettait tous à la même enseigne. Maintenant c’est diffèrent c’est long, allumer les machines composer tout les matins c’est plus dure sachant que nous sommes des non essentiels…

Pourquoi le nom « The Soul Vegetable Orchestra », es-tu devenu végan ?
Pour « The Soul Vegetable Orchestra », avec Martin le boss de Stereophonk on cherchait le nom de l’album par rapport à la pochette faite par Migwel. C’est lui qui a fait les visuels de mes deux albums solo précèdent. Orchestra, c’est simplement car il y a de nombreux invités sur l’album, il y a Dan Voisin qui a co-produit une partie de l’album avec moi et a fait quelques drums, Romain Baousson aussi aux drums, Sax Machine aux cuivres, le Mc Racecar, Dj Marrrtin en tant que beatmaker et Medline à la flûte.

ajax

Avec Dj Marrtin vous formez le duo Lord Paramour, il est également présent sur cet album, alors je me demande si vous collaborez de manière différente pour ce Lp ?
Pour cet album avec Dj Marrrtin, on a procédé comme a l’habitude, on compose chacun chez soit et on s’envoie les pistes d’instruments à distance et on se fait des écoutes en commun pendant l’évolution du morceau, jusqu’a ce qu’il nous plaise.

As-tu voulu sortir d’une zone de confort, produire quelque chose de différent du Lp « Ding Dong » ?
Concernant la production c’est diffèrent et ça se ressent au niveau du résultat, j’ai tout fait chez moi à la base, mais les parties de batterie ont été rejouée au 3/4 en studio avec de vrais batteurs, les cuivres également. Dan Voisin a co-produit 3/4 des morceaux et ça a donné une autre couleur. Ce disque a moins de samples que le précédent et ça se ressent, il parait plus acoustique. On pourrait dire qu’on a moins triché sur cet album, qu’on a fait nos vrais musiciens. (rires).

Son set up de production a-t-il évolué depuis tes débuts ?
Mon set up de production a évolué, oui, et il évoluera. J’ai toujours envie d’acheter du nouveau matos. J’ai récemment acheté un MK3 de Native Instrument. Et les sons dedans déchirent ils sont propres et puissants, mais ce dont je suis le plus fier c’est ma guitare Fender JazzMaster de 1965, et là c’est le kiff total je peux faire des riffs de cowboys avec, hiiiiiihaaaaaaa (rires).

« Hippie » c’était pour laisser exprimer ton côté punk ?
« Hippie », ce titre exprime vraiment un condensé de la musique que j’aime, du groove, un beat old school allant vers la drum & bass, c’est une idée de Dan d’ailleurs. Il y a des guitares garages et psychédéliques et des nappes mélancoliques ainsi que des grosses basses tout aussi old school, en effet c’est très punk comme mélange.

Concernant les droits comment ca c’est déroulé comment pour « Magic Myriam » ?
Le morceau avec Magic Myriam n’avait pas de voix au début. Avec Marie, une amie, et Dan Voisin qui a coproduit ce titre on eu l’idée d’en rajouter. Et c’est vrai qu’après écoute ca avait prit de l’ampleur. Ensuite, Martin de Stereophonk a demandé l’autorisation auprès de la famille et des ayants droits. Puis après écoute de leur côté on a eu le feu vert.

Et qui est a l’origine de la réalisation du clip, parles nous du processus : comment est née l’idée, pourquoi avoir utiliser le titre la et non « So What », par exemple, le ballon c’est de l’incrustation ?
Pour le clip, j’ai fait appel a une ami de longue date Hervé Jacques Passard et on a mis nos idées en commun. Avec Caroline Le Noane la chorégraphe, on a créé une histoire autour d’elle et de différents décors et l’histoire du ballon c’est un petit clin d’œil à la série «Le Prisonnier». Il n’y a pas d’incrustation, c’est juste un ballon une canne et du fil de pêche…



Ton titre favoris du Lp et pourquoi ?
Je n’ai pas de titre préféré pour l‘album, c’est dure de choisir, on vient de parler de « Magic Myriam », mais un titre comme « Lasagne » résume plus mes influences et ce que je voulais produire du rock, du groove, et du psychédélique.

As-tu songé à réaliser un album entier avec Medline, il est talentueux ?
Medline a participé à cet album parce que c’est d’abord un ami et je connais ses talents. Justement je respecte trop son travail. Je ne serai jamais à la hauteur pour bosser avec lui enfin je pense.

Dj Marrtin est Breton d’adoption, tu as même invité un voisin… ce disque est 100% Breton ?
Cet album est quasi 100% Breton parce que d’abord la plupart sont des potes et pourquoi aller chercher ailleurs alors que les meilleurs musiciens sont Bretons ? Romain Baousson (Coupe Colonel, Bikini Machine…) à la batterie, Sax Machine et Racecar (Saxtoys Records) cuivre et chant, Dj Marrrtin (Funky Bijou, LordParamour) au beatmaking, Medline (My Bags) à la flûte.

Les Bretons j’ai l’impression que ce n’est plus ce que c’était, des rebelles, pirates, ils sont tous soumis ou je rêve aujourd’hui… Y a-t-il des soirées clandestines en période de couvre feu ?
A Rennes la musique a évolué, elle s’est diversifiée. L’ancienne ville rock est devenue hip-hop, soul, funk, pop et j’en passe. Elle est toujours dynamique par ses artistes, mais le soucis c’est le manque de lieux ou la diffuser. Et depuis un an les lieux clandestins… je ne peux pas t’en parler, mais faire des édites chez moi en buvant des bières, ca me va, même si j’ai hâte de reprendre la route.

Ton dernier orgasme musical ?
C’est simple, Delvon Lamaar Organ Trio « I Told You So », disponible chez Colemine Records, ça groove a souhait.

Avant de finir, si je te dis MF Doom ?
MF Doom, différentes faces, ses différents projets sous différents noms comme LoveX, King Geedorah, Metal Fingers… Ses différentes collab comme avec Madlib, Danger Mouse, Gorillaz… Ses visuels, et que dire de sa musique, un hip-hop instrumental underground au top, une des références.

Sinon le bar a vinyle c’est ton invention, n’est-ce pas dégradant ou frustrant pour le Dj de devenir un jukebox ?
Le Bar a Vinyles, c’est un truc que je fais de temps en temps, ca permet d’avoir un contact avec les gens quand ils choisissent leur vinyle, soit les gens me laissent choisir ou alors ils choisissent et me racontent une petite histoire autour du disque quand ils le connaissent.

Un dernier mot ?
Pour terminer, j’ai hâte d’être derrière mes platines pour la bamboche et d’envoyer les nouveautés afin de revoir des sourires et l’insouciance qu’on avait avant, sex, drugs and rock’nroll.

Par Cosh… / Photos par Clarita Uto