Starwax magazine

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chroniquesCD

TONY ALLEN / THERE IS NO END

TONY ALLEN / THERE IS NO END

labelBlue Note/ Comet Rec.

TONY ALLEN / THERE IS NO END

album

Un ovni, rare comme un politicien non corrompus. Il se dit que Tony Allen à du être remplacé par plusieurs batteurs le jour ou il à quitté Fela et Africa 70, après 26 ans de fidèle service. De famille dont les origines sont au Nigèria et au Ghana, Tony Oladipo Allen est un autodidacte à la une réputation indéniable. Ça puissance est tous autant irréfutable, la preuve un an, jour pour jour, après sa disparition sort « There is No End ». Un énième album surprenant d’originalité. Si tu ne connais pas le génie du monsieur co-inventeur de l’afrobeat, attardes toi sur son histoire et sa discographie. Elle est aussi riche d’enseignements et que sont extrêmes ses jeux de batterie.
Du haut de ses 79 ans, son dernier disque démontre encore une fois sa surprenante capacité à se renouveler et à surprendre, même les plus grands musiciens. Il a collaboré avec des pointures des musiques électroniques, mais à l’exception de Jean Gabin à l’occasion de la B.O. du film « Black » ses collaborations avec la scène hip-hop sont rares. « There is No End » a cette volonté de rompre avec ce manque en invitant de jeunes rappeurs. Malgré qu’il soit principalement enregistré et mixé en banlieue parisienne il n’y a aucun Mc français au tracklist. Ce qui ne gâche rien au résultat détonnant aussi bien avec des beats hip-hop old school que la trap ou autre nouvelle tendance. Même si il laisse plus que jamais de l’espace à ses partenaires de jeu sa virtuosité frappe fortement tous le long des treize titres. Comme il est décédé soudainement pendant le processus de production (…) l’implication d’Eric Trosset (manager / producteur exécutif) accompagné des musiciens – ingé son Vincent Taeger et Vincent Taurelle a été d’autant plus conséquente. Ce dernier, ex batteur de Poni Hoax, n’est certainement pas innocent dans la construction du disques puis qu’ils ont joués les claviers, basses, percus… D’autant qu’il faut avoir le cœur solide pour arriver à mener à bout un disque dans de telles conditions. Les deux premiers morceaux révélés via des vidéos clips, ci-dessous, sont très bien choisis car ce sont des sommets du disque. Nous pourrions en parler plus longuement, mais je préfère laisser parler la musique et reprendre deux phrases de Tony Allen évoqué lors des sessions : “Je joue ta musique, tu joues la mienne. La musique ne finit jamais.” J’entends par cela que chacun de nos actes dans la vie sont liés comme un interminable copier-coller. Permettant ainsi à l’œuvre de Tony Allen d’être éternelle, comme si il est toujours vivant à côté de nous. Merci Tony Allen pour ta spiritualité et bravo pour avoir réussi à développer un langage dans le langage de la musique. Tu le prouves une fois de plus avec « There is No End », à paraître le 30 avril, chez Blue Note. Les adeptes d’afrobeat seront peut-être déçus, mais les fans de rap vont certainement être marqués. Un album puissant qui, à chaud, semble déjà être un classique à se procurer sans hésiter. Ce qui est sans équivoque c’est qu’il prouve l’existence de chemins de créations inexplorés. Il laisse entre ouvert une porte, laissant passer la lumière et démontrant le pouvoir médicinal de la musique. Un indispensable remède, synonyme de partage, dans une société en péril. Repose en paix Tony Allen ! A noter qu’il y a également un édition spéciale sous forme d’un coffret (photo ci-dessous). Et nous l’espérons des remixes… Certifié fat par Star Wax ! Sans oublier l’illustrateur, un autre talent hors norme, Dan Lish qui à notamment dessiner des pochettes pour Declaime & Georgia Anne Muldrow (…) Certifié fat par Star Wax !

Par Dj Coshmar

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