Starwax magazine

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TERAKAFT / ALONE

TERAKAFT / ALONE

labelWorld Village / Harmonia mundi

TERAKAFT / ALONE

album

Apparu dans le giron de Tinariwen, Terakaft confirme la bonne santé du rock touareg. Cinquième album de la formation, Alone trouve un point d’équilibre entre guitares bluesy et arrangements vocaux. Ce disque est produit par Justin Adams, guitariste de JuJu (avec Juldeh Camara ) et proche de Robert Plant. Féru de rythmes orientaux depuis Led Zeppelin, ce dernier avait marqué les esprits avec Jimmy Page pour un No Quarter résolument habité. De son côté Alone s’ouvre sur le puissant « Anabayou » et ses percussions hypnotiques. Doublé d’une version « Desert Guitar Solo », ce morceau résume à lui seul l’essence de la culture tamasheq, dépouillée et incantatoire. Pas étonnant qu’un cinéaste tel Martin Scorsese (via son excellent documentaire du Mali Au Mississipi) se soit intéressé à un tel creuset tant les liens entre Sahara et région du delta sont évidents.

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La force de cette musique ne fait pas oublier les subtilités inhérentes. « Wahouche Natareh » et « Amidinin Senta Aneflas » mettent en relief des effets de guitares de toute beauté. « Karambani » donne envie de taper du pied. Et le chant de « Kal Hoggar » provoque chez l’auditeur une indicible introspection. Cette dimension mystique recouvre l’intégralité de cet enregistrement. Alone, traduisible par Tenere, renvoie alors à des sentiments forts. A un environnement naturel envoûtant. À l’assouf, cette mélancolie propre au désert. Mais également à un territoire déchiré par les enjeux géopolitiques. Un cadre lourd de sens, sublimé de manière impeccable par la musique.

Par Vincent Caffiaux