Starwax magazine

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SARAH-JANE MORRIS / BLOODY RAIN

SARAH-JANE MORRIS / BLOODY RAIN

labelFallen Angel

SARAH-JANE MORRIS / BLOODY RAIN

album

Issue de la scène musicale jazz pop des 80’s (Everything But The Girl, Working Week, The Style Council), Sarah-Jane Morris, à ne pas confondre avec l’actrice, offre des compositions attachantes. Proche, tout du moins dans l’esprit, d’un Robert Wyatt, la sémillante quinquagénaire conjugue ses points de vue avec force générosité. Loin des puristes entendus ici-bas (baillements à répétion), son nouvel album, Bloody Rain, mixe un répertoire propre à la great black music. Une odyssée ponctuée par une foule d’invités comme Pee Wee Ellis, membre historique des JB’s ou le saxophoniste anglo-jamaïcain Courtney Pine.

Plage d’ouverture, « Feel The Love » met en valeur la voix chaude et riche de l’interprète. Celle-ci s’attaque au répertoire de Bob Dylan avec « I Shall Be Realesed », dont la version originale puisait déjà aux racines afro-américaines. Particulièrement engagés, les textes de la diva interpellent, que cela soit avec « No Beyoncé », une chanson qui traite des crimes d’honneur ou avec « Wild Flowers », qui retrace le parcours riche et anticonformiste de Sarah-Jane Morris. Epaulée par le joueur de kora sénégalais Seckou Keita et par le jazzman d’origine israélienne Avishai Cohen, la chanteuse prône la tolérance. Une attitude imprégnée par l’Afrique avec « Bloody Rain » et « Coal Train (Stimela) ». « Deep, deep down in the belly of the earth where they are digging / and drilling for that shiny, mighty, evasing stone ». Revisité aux côtés du Soweto Gospel Choir, ce chant contestataire sud-africain, signé par Hugh Masekela, sonne comme l’un des moments forts de l’album.

Par Vincent Caffiaux