Starwax magazine

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archivesnovembre-2020

SALIGO INTERVIEW

SALIGO INTERVIEW

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Lorsque que Coshmar interview un Saligo, de prime abord, ça ne peut être que sale. Les deux tablists passionnés de cultures urbaines vouent un culte à l’effort, au travail soigné et au respect ! Apparemment ça fait beaucoup trop de valeurs pour que ça parte en vrille. Vont-ils nous confirmer que c’est de l’obscurité que naît la lumière ? Entretien avec le producteur & Dj Saligo à l’occasion de la sortie de son premier Lp « Land of the Anciens Gods ».


Tu as grandi dans un environnement musical, est-ce le skate qui t’as amené au scratch ou l’inverse ?
Je trouve cette première question très intrusive. Quel est le but profond de cette question, me tester ? Prouver que j’ai des troubles psychologiques et me faire avouer qu’enfant, c’est bien moi qui ai crucifié notre chat dans la cuisine ? Non je ne l’avouerai jamais ! Bon, nous n’en sommes qu’à la première question c’est ça ? Pour te répondre plus calmement, j’ai en effet eu la chance de grandir dans un environnement musical et artistique grâce à mes parents. Je devais avoir 4 ou 5 ans lorsque mon père batteur et grand passionné de musique m’a mis sur ses genoux pour me faire jouer de la batterie. Pour moi le hip-hop c’est du groove, le scratch de la percussion et le skate une bonne raison de sortir de mon studio et d’aller prendre l’air.

Saligo, c’est parce que tu savais que tu allais me rencontrer ?
Marcos, tu ne t’en souviens peut-être pas mais ce n’est pas la première fois que nous nous rencontrons. Je te parle d’un temps où les pyramides d’Egypte n’étaient pas encore construites. Eh oui Marcos, il y a de ça bien longtemps nous fûmes des amis en quête de spiritualité. Ou c’était peut-être en 2015 dans une soirée SM spéciale végans un samedi soir, à Pigalle. Tu sais, là où ils font cette promotion : « Une combinaison en cuir achetée égale une carotte bio offerte ! » Bref je ne sais plus, c’est flou (rires). Sinon j’ai choisi Saligo parce que je voulais un blaze amusant et un peu marquant, comme ceux que choisissent les graffeurs.

De quel coin viens-tu et comment es-tu arrivé à organiser des soirées à Strasbourg ?
Je suis né en 1991, à Nogent-sur-Marne, dans le 94, et j’ai grandi en partie dans le 77 à Champs-sur-Marne. Puis, pour des raisons familiales, ma mère, ma sœur et moi-même avons déménagé en Alsace. Une fois à Strasbourg j’ai rencontré des amis qui sont maintenant mes frères avec lesquels nous avons créé un collectif en 2011 qui s’appelle Streetorama. A partir de là nous avons organisé toute une série de soirées hip-hop avec des invités comme Rêverie, la 75ème session, Davodka, Lomepal, etc.

D’ailleurs c’est lors de ces soirées que tu as rencontré Mc Davodka et que ta carrière a réellement commencé ? (rires).
Absolument ! C’est grâce à Anka qui était à l’époque la bookeuse Davodka, mais aussi l’une de mes amies d’enfance. Elle m’a connecté avec lui car il cherchait un Dj pour les accompagner sur scène. Avant ça nous avions également organisé en 2013 un concert Streetorama où Davodka était notre invité. Il avait besoin d’un Dj pour son passage et je l’ai donc accompagné pour la première fois sur scène, à ce moment là. Depuis c’est l’amour fou (rires).

C’est avec lui que tu tournes le plus… Après l’événement tragique au Bataclan, as-tu eu des sensations spéciales lors de votre concert, en 2019 ?
Oui tous ensemble, Davodka et le reste de la team, nous avons fait énormément de route et de concerts inoubliables. Très sincèrement, en ce qui concerne le Bataclan, mises à part l’adrénaline et la joie de jouer sur une scène aussi mythique, je n’ai pas ressenti quoi que ce soit de négatif. Nous étions tous entourés de nos amis et de notre famille sur cette date. Seul l’amour régnait lors de cette soirée ! Tu étais là d’ailleurs.

Oui c’est là où tu as commencé à me donner un bakchich pour ton interview (rires). Trouves-tu que Davodka laisse assez de place à ton art ? Et as-tu déjà proposé d’intervenir en scratch, par exemple à la basse, pendant tout un titre ?
Non absolument pas, il n’éprouve d’ailleurs aucune forme de respect, ni d’affection envers notre art. Cet individu ne mérite pas notre attention. Pour toute te dire, lorsque nous sommes sur scène, il n’y a que lui qui doit briller. Il ne me laisse que des miettes. J’ai seulement la place de faire une intro de scratch au début de notre show, deux routines en solo vers le milieu, ainsi que des interventions en scratchs sur 70% des morceaux. Et pour finir un battle entre lui et moi sur une face B où l’on demande au public de déterminer qui a été le plus technique de nous deux et c’est comme par hasard lui qui gagne à chaque fois. Bref, je sais, je trouve ça honteux aussi… (rires). Sinon concernant mes passages en solo j’ai carte blanche pour m’exprimer. Dans le cas contraire, j’essaye d’apporter de différentes manières des références ou des sonorités pour compléter l’univers de l’artiste en question.

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Trouves-tu des similitudes entre skater et scratcher ?
On parle de design sonore, peut-on parler de design pour le riding ?

Complètement, oui ! Lorsque je suis en session scratch avec des amis je retrouve cette même ambiance amusante d’être à plusieurs, de se marrer et de se lancer des petits challenges que tu peux retrouver lorsque tu skates avec des potes. Avec Madpressure, un Dj strasbourgeois, certaines journées c’était skate l’après-midi et scratch le soir. Absolument génial. Et oui il y a cette notion de “design” dans le skate, il y a des tricks que tu fais sur certains spots parce que tu sais que ça va avoir plus de style de cette manière et à cet endroit.

Phase, selon toi est-ce une révolution, plutôt avec un skate ou un ventilateur ?
Phase c’est une découverte incroyable. De base j’ai commencé sur de vrais vinyles et maintenant je suis sur Serato avec Phase. Phase m’évite plein de soucis classiques comme la poussière dans le sillon du vinyle, ce qui te fait sauter la cellule en plein live ou ces fameux soucis de rumble etc. Bref je les embarque tout le temps sur scène, je me brosse même les dents avec ! Eh ouais.

Et les Dj sets, aimes-tu ?
J’en fais souvent, oui, et j’adore ça. Mes mixes en soirées sont constitués en grosse partie d’artistes Uk. Je trouve la culture musicale anglaise très innovante. Je passe du hip-hop, de la drum’n’bass, grime, halftime ou même de la house. Le tout accompagné de scratch.

Tes cinq dernières découvertes musicales récentes ?
“ Tricorder ” de Devonwho, “ Special Herbs ” de Capriisun, “ Milk ” de Icytwat, “ Skullshaver.eu ” de First Circle puis “ I feel love ” de Dj Bloody Mane.

Tu es aussi beatmaker. Comme les graffiti writers qui ont plein de crews, tu es dans beaucoup de collectifs…
Oui tout a commencé avec Streetorama, j’ai par la suite eu la chance de rencontrer des amis qui m’ont fait rentrer dans d’autres collectifs. C’est génial, à chaque fois c’est comme rentrer dans une nouvelle famille de gens passionnés.

Quand et comment as-tu rejoint le collectif de beatmakers franco-canadien et label Tour de Manège ?
Je pense que c’est environ en 2014 que Goomar, beatmaker et co-fondateur du crew, m’a présenté à Grand-Huit, la personne à la tête du crew Tour de Manège. C’est une belle équipe de forains dont je suis fier de faire partie. Nous avons organisé beaucoup d’évènements un peu partout en France et au Canada, presque en complète autosuffisance. Tour de Manège c’est environ une trentaine de beatmakers, beaucoup de projets instrumentaux, en solo ou en crew, comme des tapes avec des thématiques et aussi des vinyles, des K7. Toutes les sorties sont illustrées par l’unique Jober et produites en partenariat avec Paris Reality Check. Bref, tout ce que l’on peut attendre d’un collectif de beatmakers actif ! Je pense que le Bandcamp Tour de Manège doit à présent totaliser des jours entiers de sons !

Que connais-tu du Canada, en général, et de la beat scène ?
Je connais seulement Montréal, mais j’ai adoré cette ville ! La mentalité des gens m’a beaucoup plu. Mon pote Grand-Huit qui vit à Montréal m’avait organisé quelques petites dates lors de ma venue au Canada avec d’autres membres du crew vivant sur place. J’ai hâte d’y retourner car j’aime leur vision du hip-hop !

Little Mind Beats est un autre collectif dont tu es membre.
Il est précisé sur la page SoundCloud qu’ils planifient une invasion du monde…

Oui à la base on s’était dit qu’on se lancerait dans la collection de chewing-gums usagés et puis finalement au dernier moment on a changé d’avis et on a créé ce trio de beatmakers et de scratchers, en 2015, avec Nano et Widsid. Ils sont également les Dj/beatmakers de Dooz Kawa et du label 3rdLab. Nous avons commencé par faire plusieurs sessions lors desquelles nous avions composé des tracks tout en apprenant musicalement à nous connaître. Puis, nous avons décidé de sortir, en 2016, une tape en digital qui s’appelle “Invasion”. C’est un mélange entre expérience sonore avec différents objets et instruments allant des synthés à un lave-vaisselle et des beats énergiques et saccadés. En bref, l’invasion a déjà commencé.

Et The 13 Looters ?
C’est un collectif de beatmakers Strasbourgeois dont je fais partie depuis plusieurs années. C’est une équipe de passionnés par le hip-hop, le grain de la Mpc et celui du vinyle. De vrais diggers à l’ancienne issus du graffiti et du skate. Il y a eu également plusieurs sorties vinyles, Cds et en digital regroupant tous les membres du crew. Ce collectif a aussi la particularité d’être autosuffisant car les visuels des projets sont conçus par des membres du crew, tout comme le mastering et le financement des sorties.

Beaucoup de producteurs ont du mal à terminer un morceau, à se dire qu’il est prêt à être diffusé en public… Comment fais-tu ?
Oui ce n’est pas tout le temps évident. On a tous nos habitudes dans la façon de créer. Ça varie selon tout un tas de facteurs. Personnellement je cherche un équilibre entre réflexion et feeling dès le moment où j’allume mes machines et mon ordinateur. C’est important à ce moment-là de savoir se connaître et de cadrer un minimum ses envies et son inspiration.



Tu viens de sortir « Land Of The Ancients Gods », ton premier album.
Pourquoi du hip-hop Lo-fi ? La scène est big au Japon mais en France…

Oui le lo-fi est moins bien développé en France que le rap et la trap. Mais j’en avais tout simplement besoin et envie. Il y a parfois cette sensation d’avancer à contre-courant mais par chance je suis entouré de personnes passionnées qui sont prêtes à prendre le risque d’investir de l’argent dans des vinyles. Gros big up à mes gars de Tour de Manège, Paris Reality Check et 13 Looters !

Certains ne connaissent pas le terme Lo-fi pour la musique et d’autres pensent que c’est une musique d’ascenseur. Qu’en dis-tu ?
Lo-fi ça vient de low fidelity en rapport avec la qualité du son. C’est détériorer volontairement la qualité du son pour arriver à un résultat moins lisse et aseptisé que ce l’on peut entendre à la radio. Je comprends ce que les gens veulent dire lorsqu’ils parlent de musique d’ascenseur. C’est vrai que c’est un style de musique très feutré, lent dans le bpm et avec parfois des constructions simples. Personnellement je serais flatté d’entendre l’un mes morceaux lo-fi dans un ascenseur (rires). Et puis ce côté boucle me détend et me permet de m’évader. Ce qu’il faut pour savoir l’apprécier c’est de revoir ses attentes et sa manière d’écouter du lo-fi. Personnellement je l’écoute un peu de la même manière dont on écouterait un om tibétain. Après il est aussi question de sensibilité et de goût.

Pourquoi le nom « Land Of The Ancients Gods » ?
L’histoire sur les civilisations de l’Antiquité m’intéresse et me plaît. Je trouve cette époque impressionnante et la vision artistique incroyable. Jober qui est l’illustrateur de la pochette de mon vinyle utilise beaucoup de références de cette époque dans ses projets perso, illustrations et Graff. On est donc parti sur ce thème qui en plus de ça collait avec l’histoire de la série vinyle « Astral Factor » dont fait partie mon skeud. Cette série a d’ailleurs la particularité d’être assez unique car toutes les illustrations des vinyles sont liées et composent une histoire que l’on peut découvrir en regardant une à une les pochettes dans l’ordre chronologique des sorties. C’est une sorte de bande dessinée musicale.

Parle nous du processus de production…
J’ai produit tous ces morceaux en deux, trois mois. Globalement j’ai utilisé, en très grande partie, des samples que j’ai retravaillé avec comme point de départ ma SP-404, puis j’ai ensuite composé par-dessus en incorporant des synthés, basses, drums, etc, depuis mon Logic Pro.

Quelle est l’implication de Reality Check et de Tour de Manège dans la réalisation ?
Le choix de Jober, l’illustrateur, c’est toi ?

C’est simple, mon vinyle n’existe pas sans eux ! C’est Paris Reality Check et Tour de Manège qui se sont occupés des côtés technique et financier. C’est aussi eux qui le distribuent. Jober c’est l’illustrateur officiel de Tour de Manège. On m’a vendu ce bonhomme comme un gars sûr et bourré de talent, mais au final je crois n’avoir jamais été autant déçu de ma vie (rires). Allez checker son taf, il est bouillant.

Tu as un niveau certain en scratch… Alors pourquoi n’as-tu pas fait de scratchs sur ton Lp ?
C’est sans doute par zone de confort. Par exemple j’aime faire des beats lo-fi car je trouve le procédé simple et le rendu plaisant. Ça m’apporte donc un sentiment agréable d’accomplissement. Ajouter du scratch dessus modifie cette vision d’autant que je sais que les gens de la communauté des compétitions de scratch, dont je fais partie, peuvent attendre de moi de la démonstration en scratch. Du coup j’ai fait appel à mon très cher ami Widsid qui a sublimé mes morceaux avec ses scratchs !

As-tu d’autres frustrations, du genre capillaires. Ça doit être difficile de choisir entre aller faire une session de skate, de beatmaking, un training de scratch ou chérir ta compagne ?
Bien que ça n’ait pas toujours été le cas, il est vrai qu’à présent Giobbe profite d’une grosse masse de cheveux sur sa tête lui faisant bénéficier du statut de « Chignon Alpha du 19ème arrondissement ». C’est une bataille interminable entre lui et moi qu’il pense avoir gagnée… Sinon j’ai la chance d’avoir une copine qui m’organise toutes mes journées ainsi que mes repas et ma toilette. La vie est très fluide ainsi. J’ai le droit d’aller à l’extérieur seulement lorsqu’elle sort ses chiens. Si je n’obéis pas, je prends des coups, comme avec ses chiens.. Mais détrompez-vous, nous sommes très heureux comme ça ! A l’aide (rires).

Ton titre favori de  » Land Of The Ancients Gods  » et pourquoi ?
Le dernier morceau du vinyle, “ The Sacred Source ”. J’aime particulièrement les sonorités et l’ambiance.

Pourquoi as-tu choisi Mani Deiz pour le mastering ? Devient-il la référence pour le mastering de hip-hop, en France ?
A ce niveau-là le choix ne dépend pas moi, c’est Paris Reality Check qui a ses habitudes. En tous cas j’ai été ravi que ce soit une personne aussi talentueuse que Mani Deiz qui soit sur le mastering de mon projet. Personnellement Mani Deiz et Giobbe sont les mecs les plus talentueux que je connaisse dans le domaine du mastering !

Avant ce premier album tu as sorti un 7inch.
Peux-tu nous parler de cette série, aussi bien musicalement que du concept de BD ?

J’ai en effet sorti ce vinyle qui fait partie de la série “ The 45 Series ” produite par Tour De Manège et Paris Reality Check. Le concept est simple. C’est deux beatmakers par vinyle le tout illustré par Jober. Alors tel quel sur papier, c’est vrai que ça sonne bien. Malheureusement c’est là qu’arrive le côté obscur de cette histoire. Le concept veut en effet que l’on soit deux par vinyle et il a fallu que l’on me case avec Vax1. Tu sais le mec qui a produit plein de morceaux pour l’Or du Commun, il a totalisé des millions de streams… En plus de te rappeler tout le temps que c’est lui le meilleur, il ne peut pas s’empêcher de faire de mauvaises imitations de Bigard. Bref c’est très gênant. Ce vinyle est un fiasco total. Ne l’achetez pas.

Quel est ton meilleur souvenir de scène ?
C’était il y a dix ans avec mon père sur une petite scène en région parisienne. Sinon avec Davodka, Hidan et Nico’l’salo il y a trois ans à la Cigale.

Et ton pire ?
C’était il y a environ huit ans avec Dah Conectah, un Mc Strasbourgeois. On a été invités pour jouer en Allemagne. L’évènement avait lieu à 14h sous un pont d’autoroute. En arrivant sur place on est accueilli par les flics et on se rend compte que les organisateurs avaient zéro autorisation ! Alors l’orga a cherché un autre spot dans la ville, on a donc dû déplacer tout notre matos (platines, sono, groupe électrogène…) à pieds. Ils ont même voulu traverser un cours d’eau pour rejoindre le centre-ville avec les affaires, un vrai Koh Lanta hip-hop. Et on s’est fait refouler de tous les lieux potentiels par la police. Alors pour sauver la mise, l’organisateur a décidé de faire l’évènement en pleine nature. On s’est retrouvé largués par une caisse en pleine nuit dans la forêt à 23h, sans notre matos, sans rien du tout… Pendant 1h30 on était seuls, paumés en pleine nuit à se demander s’il reviendrait vraiment… Bref, au final tout le monde est arrivé mais on a quand même bien flippé !

Sinon pourquoi as-tu quitté Strasbourg pour Lyon ?
Est-ce à cause de la scène tablist, fais-tu des sessions avec FongFong, Martin… ?

J’avais besoin de changer d’air. Oui, il y a en effet une super scène scratch à Lyon, l’équipe est vraiment cool. Malheureusement en ce moment avec le Covid les sessions scratch sont compliquées.

As-tu appris quelque chose lors des périodes de confinement ?
J’ai appris l’alphabet. Maintenant mon meilleur ami de huit ans et demi, Quentin, ne pourra plus se moquer de moi !

Veux-tu ajouter quelque chose à propos de cette situation, d’autant que tu devais faire six dates ce dernier trimestre avec Dooz Kawa ?
C’est très frustrant comme période. J’ai beaucoup de chance car je suis intermittent du spectacle et que pour l’instant l’Etat nous aide. Entre les gros centres commerciaux et les petits commerces, clubs ou petites salles de concerts qu’on oblige à fermer, alors qu’ils sont bien plus attentifs et respectueux des mesures d’hygiène et de distanciations recommandées, j’ai la sensation que l’on se fiche de nous, il y a trop d’incohérences dans la façon dont cela est géré…

Nous souhaitons faire un mag spécial tablist – scène française, mais il y a tout de même beaucoup à évoquer et donc en 32 pages c’est difficile d’être exhaustif. Heureusement il y aura une version plus longue en ligne… Si tu es le rédacteur en chef que proposerais-tu au sommaire ?

Spontanément j’aurai envie de parler des battles de scratch car ce sont des évènements que je trouve important pour nous, malheureusement ils deviennent rares. Et pourtant ça permet de nous réunir, d’échanger et de faire vivre en partie la culture du turntablism. En parlant de Battle, je rebondis sur les Dmc en équipe qui sont maintenant devenue inexistantes en France. Dommage car pourtant nous avons à présent du matériel de Dj hyper développé. Et puis lorsque tu vois à quel point des groupes comme C2C et Birdy Nam Nam ont réussi à mettre la lumière sur le turntablism, ça devrait motiver tout le monde à laisser les « Ah » et les « fresh » et à sortir de sa chambre pour tout arracher en équipe ! Le prix du matériel de Djing en général, est devenu difficile d’accès. Même s’il y a des choses très innovantes, le prix d’une table de mixage est très élevé. Et pour ceux qui commencent le scratch, je trouve le milieu difficile d’accès. Puis ça manque d’écoles spécialisées dans le turntablism, en France…

Aujourd’hui, comment tes parents perçoivent ta musique et le scratch, négativement ou jammez-vous ensemble ?
J’ai de la chance, même si financièrement ça a été difficile de vivre de la musique. Ils m’ont toujours soutenu car l’important c’est d’être heureux !

Puisque nous sommes dans la série de question intimes…
Info ou intox tes soirées échangismes – SM avec le boss de Beat4Battle ? Netik a testé aussi, m’a dit son ex…

Oui absolument, j’ai toujours ma tenue en cuir quelque part. Jeremy de Beat4Battle fait d’ailleurs preuve de beaucoup de créativité et d’innovation lors de ces soirées ! Un personnage très impressionnant je dois dire.

Interview et photos par Dj Cosh…