Starwax magazine

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MOP MOP / LUNAR LOVE

MOP MOP / LUNAR LOVE

labelAgogo Records

MOP MOP / LUNAR LOVE

album

Si un groupe a marqué les esprits éclairés de la rédaction de Star Wax en 2013 c’est bien Mop Mop. Le combo afro-jazz funk d’Andrea Benini revient, accompagné au chant par Anthony Joseph, pour un cinquième album studio. Intitulée « Lunar Love », cette production aux accents particulièrement doux est clairement influencée par la culture dub, le jazz éthiopien. Ce collectif italien a débuté à Bologne en 2000 avec Alex Trebo au piano, Pasquale Mirra au vibraphone, Salvatore Lauriola à la contrebasse, Guglielmo Pagnozzi au saxophone et Danilo Mineo aux percussions. C’est en 2003 que le groupe enregistre son premier album « The 11th Pill », qui sort en 2005. À noter que le célèbre réalisateur de film Woody Allen les repère et choisi un titre intitulé « Three Times Bossa », extrait de cet album, pour la bande originale de son film « To Rome With Love ». Les deux albums suivants, « Kiss of Kali » et « Ritual Of the Savage » ont été produits par Infracom et encensés par la presse et les Dj’s. En 2013 parait « Isle of Magic », leur quatrième référence, chez Agogo Records. Sur cet enregistrement, Mop Mop a collaboré avec le légendaire tromboniste des JB’s Fred Wesley sur « Run Around ». L’artiste de Trinidad Anthony Joseph chante déjà sur trois titres (« Let I Go », « Heritage » et « Run Around »). La finno-egyptienne Sara Sayed est, quand à elle, l’interprète de « Loa Chant ». Préparez vos valises mentales pour un voyage musical en quatre chapitres précis. The Journey, The Awakening, The Experience et Close Encounters sont les tableaux colorés de cet opus qui sort le 6 mai prochain. L’album s’ouvre avec « Alfa », sur un jeu hypnotique et majestueux de Max Castlunger au steel drum. Il est l’un des nombreux invités de cet album riche d’idées. On se plonge ainsi dans des pistes de dub éthiopien avec, au piano classique, Alex Trebo. Nous retrouvons à nouveau Anthony Joseph avec « Spaceship Earth » pour un poème dub enivrant, au sein du deuxième chapitre The Awakening, histoire de continuer ce voyage intersidéral. Et l’instrumental éponyme « Lunar Love » n’attend que la voix de Lee Scratch Perry pour faire pâlir tous les sound-systems de la planète. Le track politiquement piquant et anti-tories (politiciens conservateurs anglais) est « The Barber » où Antony Joseph s’amuse à faire des allégories sur les différentes actions d’un barbier dans un salon imaginaire. Un délice sucré oriental s’impose avec « Habibi » (mon amour en arabe), composé des ingrédients savants d’une contrebasse, de l’invité de marque Max Castlunger au kalimba, de percussions et de petites parties de guitares fines saturées et saupoudrées de nombreux effets propres à Mop Mop. Dernier titre avec Antony Joseph sur « The Serpent », ballade hypnotique façon dub-poetry. Le seul track à la forte influence soul de l’album est « Supreme » avec le remarquable chanteur Wayne Snow, collaborateur du brillant Glenn Astro sur le Label Tartelet Records de Berlin, pour le maxi « Red Runner » sorti en 2014. Pour clore le dernier chapitre de ce voyage musical nous retrouvons la grande chanteuse Annabel Lee (Ninja Tune) qui avait déjà fait ses preuves en 2010 avec le producteur Richard E sur le magnifique single clipé « My Mistake ». Sûrement un des albums phare de la rédaction pour notre bande originale cet été !



Par Dj Ness