Starwax magazine

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MARCOS VALLE / ESTATICA

MARCOS VALLE / ESTATICA

labelFar Out rec.

MARCOS VALLE / ESTATICA

albumEstatica


Vous qui aimez particulièrement la fraîcheur des musiques brésiliennes, et avouez-le, les cohortes de danseuses en bikini à plumes qui déforment les trottoirs de Rio de Janeiro autant que la bouche de Madame une fois l’an, préparez-vous, tendez bien la joue : voici venir LA gifle de la rentrée. Quatrième opus chez Far Out recordings, pour une carrière prolixe démarrée en 1963 et totalisant une petite vingtaine d’albums, sur des labels légendaires comme Verve Jazz ou EMI, Marcos Valle avec Estatica semble avoir ramassé le meilleur de ses compositions précédentes, de la bossa nova au jazz en passant par la funk, l’electro, le broken beat, dans ces 15 titres (11 seulement pour les amoureux du 180grs 2LP, gniark ! gniark ! gniark !). 15 titres auxquels il parvient sans aucune difficulté à insuffler une jeunesse intemporelle, du haut de ses 67 ans. Affirmer qu’on n’arrange pas un titre en mélangeant cuivres et cordes semble être une hérésie tant ici, et avec une variété déconcertante, les jeux d’harmonies et de rythmes de ces deux sections d’orchestre créent tout à la fois un groove irrésistible et l’identité sonore actualisée des influences brésiliennes. D’ailleurs, là où on pourrait attendre une exubérance outrancière de percussions, rien ! La légèreté est la règle pour la section rythmique, qui soutient discrètement la tension, sans jamais exploser. Faut-il y voir l’apport des remixers de talents, 4Hero ou Jay-Z pour ne citer qu’eux ? Qui sait ? On ne peut s’empêcher de penser que cet aspect de la musique actuelle n’a pas échappé au sexagénaire : 2 plages solos aux tempos bien posés, et aux sonorités plus proches de La Fabric que de Copacabana, faites de quelques loops évoluant tranquillement, c’est assez pour donner l’eau à la bouche de la première MPC en solde. La moitié des pistes sont des tueries de dancefloor que les boss deejays playlisteront avec joie. On peut écouter l’autre moitié pour récupérer des calories brûlées à se trémousser, une fois rentré à la maison, paisiblement enlacé dans les bras de Madame ou pas!. D’ailleurs, comme je dis toujours à ma femme : franchement, des plumes sur un bikini… Non mais quelle faute de goût ! (Myst)