Starwax magazine

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newsseptembre-2021

KEN BOUILLET INTERVIEW

KEN BOUILLET INTERVIEW

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J’ai rencontré Ken Bouillet de Pop Association par pur hasard, en 2017. Alors en vacances, avec mes parents à Juan-les-Pins, c’est en allant acheter des croissants que je tombe sur une affichette :  » Débarrasse Vinyles à la Pinède de Juan-les-Pins … » Oooh , une session digging inattendue, quel bonheur ! Ça se passe le dimanche, à partir de neuf heures. Je me pointe à sept du mat’ comme les vrais. Et les vrais sont déjà là en train de digger… Depuis, c’est devenu pour moi un rendez-vous régulier et je n’ai plus loupé une date, ou presque. Présente à l’édition 2021 j’ai voulu faire découvrir l’univers de Pop Association à toute la communauté de Star Wax. Rendez-vous quelques jours après le Débarrasse Vinyles au restaurant Goood, à Antibes. D’ailleurs Simon, le propriétaire et chef, est aussi grand amateur de vinyles.


Salut Ken, peut-tu nous raconter comment est née Pop Association ?
Ça a commencé en 2015. J’avais déjà une passion pour les disques en vinyle. Je chinais dans les vide-greniers mais, dans les vide-greniers, on n’est jamais sûr de trouver des disques, ou de tomber sur quelque chose de bien. J’habite Juan-les-Pins et en passant souvent devant la Pinède je me disais que c’était un endroit parfait pour organiser un évènement lié au monde du vinyle. Je sentais qu’il y avait le besoin de quelque chose de la sorte. J’ai donc contacté la Mairie qui m’a répondu :  » Pas de problème, par contre il faut que ce soit lié à une association, qu’il y ait quelque chose de constructif derrière pour pouvoir accepter le projet.  » Alors, j’ai créé Pop association. Et comme mon père a une maladie orpheline un peu spéciale, j’ai décidé de reverser une partie des bénéfices de l’asso à la recherche sur l’Ataxie de Friedreich. J’ai fait ma demande avant l’été et on m’a proposé le premier dimanche de septembre.

Donc, depuis 2015, tous les premiers dimanches de Septembre à Juan-les-Pins, il y a le Débarrasse Vinyles ?
C’est ça. Par la suite, on a fait d’autres évènements dans d’autres lieux qui ont été imaginés, mais la Pinède de Juan-les-Pins reste le lieu historique où tout a commencé. C’est un endroit sympathique ! Le Jazz à Juan est juste à coté et il y a vraiment une corrélation entre le disque vinyle et le jazz… la musique, les pins parasols… Même avec le Covid, on a quand même réussi à l’organiser toutes les années, et à faire durer l’événement. Cette année était donc la septième édition.

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Il y a beaucoup de passionnés de vinyles sur la Côte d’Azur ?
Il y en a beaucoup, oui. Des passionnés, des collectionneurs, des professionnels, des amateurs… Ça fait maintenant sept ans que l’on organise cet évènement et on voit l’évolution de la clientèle qui est un peu différente aujourd’hui. J’ai l’impression que le public est de plus en plus jeune. Il y a beaucoup de trentenaires, même un plus jeune et, aussi, j’ai l’impression que c’est de plus en plus féminin. Effectivement au début c’était un peu comme les geeks pour l’informatique – les cheveux longs, collés à leur écran – c’était pareil pour le vinyle : le mélomane, un peu en retrait de la société. Alors qu’aujourd’hui ça se démocratise vraiment, je vois la clientèle changer et je trouve celà très positif.

Du coup, ça s’est développé et il existe maintenant aussi une version d’hiver ?
Oui, suite au succès et à la demande du public ne voulant pas attendre d’un an sur l’autre pour pouvoir vendre ou acheter leurs disques, on a d’abord été voir sur Nice, où ca bouge un peu plus… On a donc organisé quelques évènements là-bas dans un bar, El Merkado, et ça a bien marché, la clientèle nous a suivi. Après, on a voulu avoir une date fixe en hiver, plutôt en intérieur, mais aussi dans l’idée de vouloir faire évoluer le concept, de ne plus faire qu’un simple « vide-greniers » ou « bourse aux disques », mais de pouvoir par exemple diffuser de la musique, rajouter une petite buvette…

Des produits dérivés, aussi ? Tu m’avais parlé de boucles d’oreille, ou encore de marque-pages en vinyle ?
Oui, après on n’a pas trop envie de diversifier le truc, on veut vraiment garder l’esprit vinyle. Des personnes nous demandent parfois :  » vous avez aussi des Cds ? « . Non, non, on garde le terme débarrasse vinyles parce qu’on ne veut pas vraiment sortir de cet environnement-là. La date d’hiver à Antibes, en Février dans la Salle du 8 Mai, attire plus de monde que celle à Juan parce qu’on a plus de place et donc plus d’exposants, mais aussi parce que c’est plus divers: on peut venir écouter de la musique, manger un hot dog, boire un café en diggant… donc il y a plus de vie. Malheureusement avec le Covid ça a été difficile d’organiser quelque chose en intérieur, mais on espère bien pouvoir faire déjà quelque chose à partir de l’année prochaine.

Quand as-tu commencé á faire des soirées en tant que Dj, dès 2015 ?
Non non, déjà j’osais pas le faire, et j’avais moins de temps disponible à l’époque. Au bout d’un moment, je me suis dit qu’il me manquait cette carte à jouer: j’adore la musique, mais j’aime bien aussi la partager… Je me posais souvent la question :  » Qu’est-ce que ces gens-là écoutent comme musique ? « . Ou encore, dans une ambiance, je me demandais « qu’est-ce qu’on pourrait bien mettre maintenant pour les faire bouger ? « . J’ai toujours eu cette petite envie de faire un truc. Apres, comme je n’ai pas spécialement envie de me mettre en avant, ça a été très difficile de passer le cap. Mais au bout d’un moment, je me suis dit : “ Les vinyles, c’est un produit noble, il y a peut-être moyen de proposer ça …”. Puis un bar à Nice, le Babel Babel, m’a proposé de venir mixer. Ils me connaissaient du Débarrasse Vinyles, et c’est parti de là, en 2018. Après, ça a été du bouche à oreille et d’autres endroits m’ont contacté. Aujourd’hui, je mixe régulièrement au Babel Babel, à la Plage Amour et à l’Hôtel Amour de Nice. Tous les bénéfices restent toujours pour l’association. Je n’ai pas besoin d’argent parce que je travaille à côté, c’est vraiment une passion plus qu’un gagne-pain. Ce concept me donne une grande liberté, celle de pouvoir faire ce dont j’ai envie, je le fais parce que ça me plait.

Quels sont les prochains rendez-vous de Pop Association ?
Dans l’actualité, nous allons être de nouveau présents le 3 Octobre au Festival du Livre de Mouans-Sartoux, un des plus grands de ce genre dans la région. Ce n’est pas vraiment un Débarrasse vinyles, c’est plutôt un espace vinyles avec une petite sélection d’exposants qui vendront leurs disques. Et il y a aussi de la musique diffusée toute la journée, des petits transats où les gens pourront se poser. On pensait même mettre un petit bar … Pop Asso a été aussi présente en 2019 lors du Congrès Tricatel au Palais des Festivals à Cannes, mais aussi à la médiathèque de Villeneuve-Loubet avec toi, Vaitea, pour une expo de pochettes vinyles de rap français des années 90 provenant de ta collection privée, accompagné d’un Dj set dans le thème ainsi qu’une conférence traitant de la place du rap dans la chanson française. Le thème général étant la musique française, nous avons voulu lier le monde du hip-hop, si proche du vinyle, au concept. Ça a été un succès assez sympathique, et très différent de ce que l’on avait fait jusque là. L’idée c’est vraiment de se diversifier, tout en restant fidèle à notre concept de base.

Merci Ken. Pour des donations à l’asso et ou vous inscrire à leur mailing list ou follow leur page IG afin d’être informé des prochains évènements cliquez ici ou . Sinon au cas où vous vous le demanderiez, sachez qu’ils ne font pas de vente en ligne. Bien sûr les disques sont à vendre, mais le but premier est plutôt de rencontrer les gens de visu. De se faire plaisir, tout en faisant plaisir aux amateurs et aux passionnés. Le but premier n’est pas l’argent mais de partager la passion du vinyle, et aussi de faire connaitre la maladie Ataxie de Friedreich.

Texte et photos de Miss Vaitea