Starwax magazine

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DIES IRAE / DIES IRAE

DIES IRAE / DIES IRAE

labelMonster Melodies Records

DIES IRAE / DIES IRAE

album

On a tous de vagues souvenirs des premières parties de concert. Il est effectivement très dur pour nous, en tant que public, de s’en rappeler parce qu’on attend à tout prix le set pour lequel on a payé 20 euros, et pour eux, en tant que musiciens, de se faire entendre. Et il s’agit pourtant de groupes de notre génération. Il va s’en dire que ceux de l’époque de nos parents resteront pour nous à jamais inconnus. Sauf pour Dies Irae, une formation obscure des années 1970 qui a décidé d’éditer sa musique pour la première fois grâce au label Monster Mélodies. C’est sur vinyle, c’est limité à 1000 exemplaires dans une édition de luxe, et même si ça n’est pas aussi connu que les Stones, c’est plutôt pas mal.

Bon d’accord, Dies Irae ce n’est pas Magma mais au regard de l’étendue de l’histoire du rock français (progressif encore plus), ce groupe aurait quand même pu y figurer, la concurrence n’étant pas si élevée que ça. On est en 1969 et quatre lycéens un peu soixante-huitards sur les bords décident de « Crier le chaos, la détresse, l’apocalypse, la révolte et l’espoir ». Un peu normal quand on habite à Monaco. Ils n’ont pas de formation musicale académique mais François et Stéphane Szönyi prennent la guitare et la basse tandis que Guy Galassini se met à la batterie et André Frasseta s’empare de la deuxième guitare. Notez que les noms de famille collent parfaitement au projet. Comme c’est du progressif, ces jeunes gens bidouillent le piano, la clarinette, le saxophone et plein d’autre trucs capables de nous enrayer le cerveau. Quelques poèmes en plus mais toujours pas d’enregistrements… 1972 sonne leur première partie et c’est pour Magma. Le groupe en restera là avant que François Szönyi et Alexandre Del Fa décident de monter l’Aïghetta Quartet puis ensuite Dies Goa où l’on retrouvera Guy Galassini à la batterie. Dies Goa fera plusieurs dates européennes ces dernières années. Les morceaux qui figurent sur ce vinyle sont des enregistrements live ou studio datant de 1976 et 1978, quand Dies Irae est encore jeune. Les archives servant de clip au morceau « Hystérésis » (ci-dessous) sont aussi touchantes que leur musique : on y voit ces jeunes gens souriants et chevelus marquer au fer rouge une époque révolue. Ils n’ont jamais été connus mais finalement, quand on regarde ce qui marche aujourd’hui, on se dit que l’anonymat est peut être un gage de qualité.



Par Mona Gautier