Starwax magazine

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DAVE AJU / BLACK FRAMES

DAVE AJU / BLACK FRAMES

labelCircus Company

DAVE AJU / BLACK FRAMES

album


Comme pour le précédent Heirlooms (2012), l’écriture du troisième album de Dave Aju relève d’un processus cathartique. Après l’hommage du fils à son père disparu, trompettiste de jazz avec lequel il s’était promis de collaborer un jour, une rupture amoureuse et un déménagement ont cette fois-ci eu le double effet d’affecter le producteur californien tout en le poussant à créer pour dépasser cet état, et en faire le deuil. Black Frames chez Circus Company en est donc le fruit. Pour son premier album, Dave Aju c’était ça : une house foutraque, faite de collages proche dans l’esprit de Siriusmo. Sur Heirlooms, elle gagnait en épaisseur et convoquait le jazz comme le très deep pour une house plutôt intellectuelle. Black Frames annonce un autre chapitre, celui où le Dj s’exprime plus, se rapproche de son passé de Mc et ose prendre régulièrement le micro pour s’aventurer sur différents sujets comme la politique ou son histoire sentimentale. Bon, ce n’est pas le point qui fait la différence sur cet album rapidement moins convaincant que Heirlooms, plus distant et plus fouilli ; un comble pour Dave Aju. Les amateurs de house resteront sur leur faim, à peine rassasiés par le groove lancinant de « Nu Threads », la house filtrée de « Clean Street » et l’ambiance chill de « Vins noirs ». En fait, Black Frames manque de points d’accroche, d’un morceau qui donnerait le sens de lecture des autres titres, d’un single au pire. Dommage. En revanche, que de bons tracks sur ses précédents albums ! Un producteur à découvrir. (Damien Baumal)