Starwax magazine

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BRAIDS / FLOURISH//PERISH

BRAIDS / FLOURISH//PERISH

labelArbatus

BRAIDS / FLOURISH//PERISH

album

Le premier album « Native Speeker » de Braids à l’écriture complexe, voir clinique, dépeignait un univers compressé et exigu. La galette avait d’ailleurs été comparée, à juste titre, aux productions d’avant-garde d’Animal Collective, orchestrales et minimalistes. Après un an et demi de tournée, des querelles internes éclatent dans le groupe à l’aube de l’écriture du nouvel album. Le groupe décide alors de se séparer de sa claviériste Katie Lee. Le trio, alors formé autour de la chanteuse Raphaelle Standell-Preston, décide de repartir à zéro pour écrire une nouvelle page de son histoire. Fini les sonorités torturées, renfermées. Terminé les nappes de guitares souterraines. Leur musique sera plus basée sur l’électronique. Le son sera plus éthéré, plus aérien. « Floodrish//Perish » est le fruit de ce travail avec pour résultat une écriture beaucoup plus spontanée et des arrangements primaires beaucoup plus proche du side -project de la chanteuse Blue Hawai. On sent le groupe libéré en terme d’écriture, les démons par contre sont toujours là. La grisaille perdure. Le groupe change de direction mais pas de sens. Mélancolique, la musique de Braids l’est encore plus grâce à la voix envoutante et vulnérable de Raphaelle, au timbre à vous filer des frissons dans le dos (« Ebben »). Véritable invitation à se laisser porter, le disque déambule dans les nuages. « Victoria » aurait bien pu être écrite sur les territoires vierges d’Islande, « Hossak » et « Together » ne sont d’ailleurs pas sans rappeler l’album « Vespertine » de Bjork. Et que dire du morceau « Amends » sommet de nostalgie. L’album très homogène nécessite plusieurs écoutes avant d’être apprivoisé et de faire éclore toutes ses qualités, certainement l’apanage des grands disques. Les canadiens ont su se remettre en question et l’on peut dire qu’ils s’en sortent à merveille. (S.F)