Starwax magazine

starwax magazine

chroniquesCD

BATIDA / DOIS

BATIDA / DOIS

labelSoundway Records

BATIDA / DOIS

album

Il y a deux ans, le producteur portugais Batida nous avait sérieusement secoué le cocotier avec le morceau « Alegria », un kuduro métissé tiré de son premier album, truffé de samples de morceaux angolais des 70’s, remède efficace contre toute montée de saudade. Ce lien ombilical entre le Portugal et l’Angola, Dj Mpula (Pedro Coquenão) le porte dans sa propre histoire, Lisboète originaire du continent africain. Son sens ludique de la bidouille et son recyclage de pépites oubliées nous avaient revigoré comme une caïpirinha bien dosée sur son premier Lp « Batida ».

Le bien-nommé « Dois » (deux), dans les bacs, voit le producteur ouvrir les portes de son projet à une poignée d’invités (l’excellent rappeur sud-africain Spoek Mathambo, l’Angolais Mc Sacerdote déjà présent sur le premier volet et le guitariste du combo rock Maximo Park) avec ce même cocktail épicé de kuduro, benga, semba et afrobeat. Si dans l’essence-même du projet les ingrédients ont été conservés, la saveur finale n’a pas le même côté « rough », cette fraîcheur de la mixtape troquée dans la rue (autre signification du mot « batida » en Angola) avec une flopée d’artistes du cru comme sur son précédent disque. Il y a bien « Pobre e rico », le morceau d’ouverture et single en puissance, pour reprendre l’œuvre où elle s’était arrêtée mais le titre se révèle vite esseulé.

On aurait aimé reprendre des nouvelles de cette scène angolaise fiévreuse et découvrir de nouvelles figures locales, influencées par les voisins congolais et sud-africains. On se consolera en regardant la Boiler Room de Batida (ci-dessous), bien DIY et bon esprit. Et jetez un coup d’oeil sur le profil Soundcloud de Batida et celui de Dj Satellite pour découvrir cette scène angolaise.

Par Damien Baumal.

445_batida-8