Starwax magazine

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TONY ALLEN / FILM OF LIFE

TONY ALLEN / FILM OF LIFE

labelJazz Village

TONY ALLEN / FILM OF LIFE

album

Inventeur de l’afrobeat, aux côtés de Fela, Tony Allen mène, depuis une quarantaine d’années, une carrière solo particulièrement riche. Fan de la première heure, Damon Albarn l’intègre à ses différents projets, alors que ses prestations auprès de Doctor L et Sébastien Tellier ont par le passé valorisé la production des deux compositeurs hexagonaux. Une ouverture qui conforte le batteur nigérian. Après « Secret Agent » et ses arrangements parfois insolites, Tony Allen revient chez Jazz Village / Harmonia Mundi avec « Film of Life », la synthèse de sa propre vie. Accompagné par les Jazzbastards, formation déjà repérée auprès de Oxmo Puccino, l’homme délivre un opus dense, dont les subtilités se dévoilent au fil des écoutes. Après « Moving On », démonstration de savoir faire en matière d’afrobeat, le drum master évoque la destinée tragique des travailleurs clandestins avec « Boat Journey » et son jeu de timbales prenant. Enchainement idéal, « Ewa » ou « Afro Kung Fu Beat » renvoient aux bandes sons de films. Damon Albarn imprègne « Tiger’s Skip » d’arrangements au mélodica. Une ambiance mélancolique qui trouve son prolongement avec « Go Back » et sa mélodie lessivée. Nettement plus attrayante la deuxième partie de l’album laisse la part belle aux interprètes. C’est le cas d’Adunni et Nefretiti, deux vocalistes funky qui assènent un « Ire Omo » incandescent. Ou bien de « Tony Wood », titre bluesy interprété par Kuku. Les veinards découvriront l’édition collector, complétée par trois titres. La délicieuse Sandra Nkaké s’en sort magistralement avec « Na Bangui ». Alors que « Mojo », joué en duo avec le vénérable Manu Dibango, accompagnera vos rêveries de ses accents ensorcelants.

Par Vincent Caffiaux

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