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THE PRODUCER AS COMPOSER / SHAPING THE SOUNDS OF POPULAR MUSIC

THE PRODUCER AS COMPOSER / SHAPING THE SOUNDS OF POPULAR MUSIC

éditeurVirgil Moorefield

THE PRODUCER AS COMPOSER / SHAPING THE SOUNDS OF POPULAR MUSIC

Le fait que les producteurs façonnent de plus en plus le son de la musique pop n’est certainement pas un phénomène nouveau. Depuis l’avènement des technologies qui permettent d’enregistrer et de lire tout type de musique, les ingénieurs du son et les producteurs ont eu un rôle de plus en plus important dans ce processus. Mais ce n’est que progressivement qu’ils se sont placés au premier plan: ils ont commencé à être crédités sur les disques vers les années 70 et cela a permis d’identifier certains d’entres eux grâce à leur façon de produire, d’enregistrer, de mixer. Cet ouvrage est un récit chronologique de l’évolution du statut de producteur qui passe de simple technicien à celui de véritable auteur. George Martin (producteur des Beatles) et le très controversé Phil Spector ne sont pas les premiers, mais leur notoriété leur a permis d’être considéré comme les pionniers d’un nouveau type de producteurs. L’auteur, Virgil Moorefield, revient dans la première partie du livre sur le travail de producteurs tel que Phil Spector et Georges Martin, donc, mais également de Brian Wilson (Beach Boys), Berry Gordy (Motown) ou Frank Zappa. Phil Spector, par exemple, utilisait un nombre impressionnant de musiciens pour les sessions d’enregistrement qu’il organisait: pour le célèbre titre de Ike et Turner « River Deep, Mountain high », il y avait ainsi 4 guitaristes, 4 bassistes, 3 claviers, 2 percussionnistes, 2 batteurs, 6 cuivres… Sa conception symphonique du « Wall of Sound » a radicalement changé le rôle du producteur. Sont analysés ensuite le travail de l’ingénieur des Who Glyn Johns, celui de Brian Eno sur « Music for Airports », qui proposait à l’auditeur divers niveaux d’écoute, ou encore celui de l’éclectique Bill Laswell avec Mick Jagger ou Herbie Hancock avec le titre électro « Rock It ». Par la suite, l’auteur évoque très rapidement la musique concrète de Henry et Schaeffer, avant de basculer sur une analyse, ponctuelle certes, mais plus approfondie de Moroder, Quincy Jones, Kraftwerk, Shocklee-Ryder (Public Enemy), Chemical Brothers… Un livre très technique par moment, qui essaie de passer en revue sur une centaine de pages l’évolution d’une figure clé dans la création musicale. Tâche difficile, rendue plus compliquée par l’arrivée des homes studio et un distinguo de moins en moins net entres artistes, producteurs et compositeurs.