Starwax magazine

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TAMBURI NERI / INTERVIEW & OMBRE LP STREAM

TAMBURI NERI / INTERVIEW & OMBRE LP STREAM

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Pour son huitième opus, Worst records accueille Tamburi Neri. Ce projet expérimental est développé par Claudio Brioschi et Andrea Barbieri. Cette nouvelle sortie montre clairement que le label mise sur une direction artistique toujours plus osée. « Ombre » a entièrement été enregistré, produit et mixé en 2019 dans le studio Prisma Sonoro à Milan. L’album est d’une intense sobriété à l’esthétique poétique. Issu de cultures musicales et d’influences très diverses, le duo milanais a élaboré une symbiose entre la trance, l’EBM, le downtempo et la musique concrète. Ce double vinyle révèle un univers captivant et chaque morceau résonne comme une déclaration ouverte. La voix de la chanteuse japonaise Hiroko et les lyrics en langue italienne, principalement écrits par Claudio, délivrent des messages très personnels. Entretien.


Comment avez-vous découvert la musique électronique et qu’est ce qui a été décisif ?
Claudio : J’ai écouté beaucoup de musique très jeune. Chez mes parents, je trouvais de nombreux albums italiens et internationaux tels que Battisti, les Beatles et bien d’autres. J’ai commencé à les sampler et ensuite à collectionner de nouveaux albums. J’ai découvert la musique électronique dans les années 90 lorsque la house a explosé en Italie. Ma passion pour la musique et le Djing a commencé dès l’âge de 15 ans. Je faisais partie d’un crew dans la région est de Milan et dans les années 90, je baignais dans la scène hip hop locale. Ces années ont été fondamentales dans mon parcours car j’ai réellement découvert le Djing et j’ai commencé à produire des beats hip hop. A l’époque, il était déjà possible de trouver des magazines spécialisés dans la production mais j’ai surtout appris par moi-même. Plus tard, mes créations musicales se sont dirigées dans des directions différentes et m’ont conduit à expérimenter avec les synthétiseurs et les boîtes à rythmes.

Andrea : J’ai débuté le Djing par passion en 1982 quand la musique disco était en plein essor et j’ai immédiatement commencé à collectionner des vinyles, dont certains font encore partie de ma précieuse collection ! Après plusieurs années passées en Asie à travailler dans le secteur du textile, en 2005 je suis revenu à mon ancienne passion de Djing et j’ai découvert un monde avec de nouveaux sons. Le fait d’avoir rencontré beaucoup de producteurs et de Djs m’a fait réaliser à quel point ce monde avait changé. Depuis, ma passion et ma curiosité pour la musique électronique n’ont cessé de s’amplifier.

Votre manière de produire a-t-elle changé depuis le début de votre carrière ?
Claudio : Cette question me fait sourire car mon style et ma façon de produire évoluent constamment. Chaque fois que je me trouve face à une nouvelle situation ou une nouvelle rencontre, ça laisse une trace dans mes futures productions. Durant ma carrière, mes projets ont tous eu un impact sur moi. Avec Andrea, ça a tout de suite fonctionné dans ce sens et nous avons immédiatement commencé à développer une identité que nous avions en tête. Aujourd’hui, nous continuons d’évoluer ensemble pour trouver de nouvelles motivations.

Que signifie «Tamburi Neri» ? Quel est votre concept ?
Tamburi Neri signifie « Tambours Noirs ». Il n’y a pas de concept fixé derrière notre nom. Nous aimons entrelacer nos diverses expériences pour créer. Par contre, nous savons clairement ce que nous aimons et ce que nous n’aimons pas. Nous nous écoutons constamment. Dans chaque morceau, il y a un peu de nous et nous espérons que ça touchera nos fans ! 702-tamburi-neri-itw-02

Comment avez-vous rencontré Hiroko ?
Andrea : C’est une belle question. Elle implique de comprendre la magie des rencontres avec de nouvelles personnes dans la vie. J’ai rencontré Hiroko en 2013 lorsqu’elle était venue avec sa famille assister à un concert au Kundaluna. Elle m’avait dit qu’elle était chanteuse et Dj. Nous ne nous sommes revus en 2018 lors d’une soirée à Milan. Là, je lui ai demandé de venir nous rendre visite dans notre studio pour voir si nous pouvions créer ensemble. Claudio a pensé que c’était une bonne idée et après quelques prises, nous avons réalisé qu’elle était parfaite pour certains morceaux de notre album.

Dans « Il Buio », les paroles sont noires et racontent que nous avons tous un côté sombre et ce pour toujours. Quelles sont vos inspirations pour écrire ?
Andrea : J’écris souvent sur ma vie, mes sentiments et mes expériences et c’est aussi le cas pour « Buio » (ndlr : Buio signifie l’obsurité en français). Il représente la partie sombre à l’intérieur de chacun de nous, celle que nous méprisons souvent ou même combattons. J’ai passé des années à lutter contre les parties les plus sombres en moi. Il y a eu un moment, où j’ai réalisé qu’il était plus constructif d’aimer et d’accepter certaines d’entre elles. Cela permet de continuer mon chemin vers le bonheur plus facilement ! Effectuer un travail sur nous-mêmes est un processus de développement constant, mais nos côtés les plus sombres ne doivent pas toujours être combattus. Parfois, les apprivoiser pourrait nous conduire encore plus loin !

Tamburi Neri : Nous ne pensons pas que notre musique soit «dark». Nous ne suivons aucune ligne en particulier mais il est possible que nos atmosphères soient parfois mélancoliques car elles reflètent ce qui nous entoure dans le monde… pas toujours de quoi sourire. Nous sommes à la fois positifs et optimistes sur le fait que tout peut changer. Il est donc possible que nos prochaines productions soient plus « réconfortantes ». Il n’y a rien de fixé dans notre démarche créative.

Il y a-t-il un jeu de mot dans le titre du morceau « Barrinoto » ?
Claudio : Lorsque nous avions fini « Barritono », Andrea a mentionné que certaines voix et certains sons ressemblaient à ceux d’animaux. Nous avons commencé à plaisanter sur la trompette de l’éléphant et peu de temps après, nous l’avons nommé ainsi.

Quels sont vos projets pour 2021 ?
Nous produisons actuellement la bande – son d’un court métrage. Nous travaillons également sur une nouvelle performance Live et avons plusieurs Eps en cours.

Avec quel artiste aimeriez – vous collaborer ?
Jim Morrison mais ça n’arrivera jamais.

Tamburi Neri en trois mots.
Authentique, vicéral, romantique.

Texte par Sabrina Bouzidi / Photos par Andrea Frigerio