Starwax magazine

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newsseptembre-2017

ROCK EN SEINE 2017 / REPORT

ROCK EN SEINE 2017 / REPORT

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Quoi de mieux pour conclure ce bel été 2017 qu’un vrai festival de musique, notamment Rock en Seine, aux portes de Paris. Aucun téléphone mobile, ni Internet n’ont été utilisés pendant ces trois jours merveilleux. Et croyez-moi : tout s’est très bien passé.


Vendredi 25 août
Des locaux de Star Wax à Montreuil, jusqu’au site du festival à Saint-Cloud, il me faut juste emprunter la ligne 9 du métro parisien qui traverse la capitale d’est en ouest. Et comme par magie, en ce vendredi 25 août, les fortes pluies qui arrosent l’Île-de-France s’arrêtent définitivement en début d’après-midi. Place au plaisir et à la musique. Et le programme est chargé.

Ma première découverte, ce sont les six jeunes Nantais d’INÜIT avec leur electro-disco à la fois planante et dansante. Puis c’est au tour de Cabbage, groupe anglais, de jouer : son rock rebelle marche à merveille, les musiciens ne sont pas de Manchester pour rien. Outre les influences mancuniennes (Joy Division, The Fall…), Thee Oh Sees ou Pink Floyd ne sont pas loin non plus.

18 heures, scène de la Cascade. C’est du vrai bon hip-hop qui est proposé avec les géniaux The Pharcyde, de Los Angeles, en version live band. L’assistance est éclectique : des jeunes gens curieux aux vétérans du hip-hop qui font tourner les joints… Les Pharcyde, eux, font le show et enchaînent leurs classiques comme « Pack The Pipe » ou « Runnin’ »…

19 heures. Les Texans d’Art The Drive-In sont de retour, et sur la grande scène s’il vous plait. C’est parti pour une heure de rock-post-hardcore survolté avec une fosse qui se déchaîne entre pogo général et circle pit endiablé. C’est un des grands moments de cette édition de Rock En Seine et c’est en plus une exclusivité. Rappelons aussi que leur album culte, « Relationship of Command », était sorti chez Grand Royal, le label des Beastie Boys, en l’an 2000. Et parce que le rock’n’roll est sans fin, la journée se poursuit avec les Allah-Las et leur garage-pop solaire qui me transportent (et qu’est ce que c’est bon !) dans les années 60 avec une efficacité redoutable. Et ce sont les Black Lips, sur la très champêtre scène du Bosquet, qui clôturent cette première journée dans un gros bordel dont ils ont le secret : ça slame, ça pogote. Ils ont toujours ce style « gros branleurs » jouant du rock garage bien crasseux et ça marche, notamment avec leurs reprises inédites du cultissime hymne 60’garage « Psychotic Reaction » de Count Five ou encore « Hippie Hippie Hourrah » de Jacques Dutronc.

Samedi 26 août
La journée commence avec une très belle découverte, il est 15 h 15. Ibibio Sound Machine, chroniqué ici par Star Wax, est un groupe londonien aux fortes influences africaines et notamment nigérianes. La chanteuse Eno Williams enflamme rapidement le maigre public avec une énergie incroyable. La musique afro-funk, qui me rappelle Ebony Bones, The Excitements et bien sur James Brown, est un vrai bonheur pour les jambes et les oreilles. Dommage pour les absents…

Deux heures ont passé : je m’offre le concert de la très médiatisée Jain sur la grande scène. Sa pop originale et métissée plaît à un large public et un tel succès, à 25 ans, c’est impressionnant. Elle nous annonce aussi, très émue, que c’est la toute dernière date de sa très longue tournée… À suivre.

La suite, en ce qui me concerne, c’est Lee Fields and The Expressions qui offrent, eux aussi, un voyage dans le temps avec leur soul authentique venue des années 60. Le premier enregistrement du chanteur date de 1969, et merci, encore merci à lui, à la regrettée Sharon Jones, aux Dap-Kings, à Charles Bradley, aux labels Big Crown et Daptone d’avoir jamais lâché l’affaire pour que le public (re)découvre cette magnifique musique.

22 heures, c’est au tour de PJ Harvey d’embrasser la foule de Rock En Seine. C’est un grand, très grand moment de musique et peut-être même plus. Entouré de dix musiciens, la diva anglaise nous transporte dans un autre temps, qu’il soit médiéval, actuel, et surtout intemporel. C’est un véritable envoûtement qui agit durant une heure trente (et bien après, vous pouvez me croire !). Devant tant de grâce, de maîtrise et de beauté, le moment est magique : Polly Jean Harvey est bien l’une des plus grandes artistes de tout les temps.

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Dimanche 27 août
La journée commence également très tôt avec King Khan and The Shrines sur la grande scène. Et un concert du « King » c’est immanquable. Accompagné d’une horde de musiciens et de sa fille, il nous amuse, nous donne le sourire et nous fait danser car la mixture soul-punk-garage-psychédélique du groupe est l’une des plus réussie au monde (ils me rappellent Les Satellites à leurs débuts). King Khan, tu es le meilleur ! Concernant le meilleur, ici à Rock En Seine, nous sommes gâtés parce que c’est maintenant les Français de Deluxe qui allument la foule massée devant la grande scène. Eux aussi ont trouvé la formule magique ainsi qu’un public très motivé. Leur style electro-funk-hip-hop fonctionne à merveille grâce à leur chanteuse Liliboy et à des musiciens à l’énergie communicative. Et c’est sur scène que leur musique prend tout son sens, emportant la foule dans des jumps et des bras en l’air libérateurs.

Changement de scène, et le rap est encore à l’honneur… C’est le jeune rappeur belge Roméo Elvis X Le Motel (son Dj-producteur) qui ambiancent leurs fans sur la scène du Bosquet, en ce dimanche chaud et moite. Des gars qui parlent et rappent français, ça fait plaisir dans une programmation outrageusement dominée par les productions anglo-saxonnes. La nouveauté rap Us, en ce jour, revient à Denzel Curry et à son Dj. Ils mettent un bordel incroyable dans la fosse avec un public de jeunes gens se défoulant et se bousculant. L’énergie est incroyablement positive. Denzel Curry alimente ce défouloir avec son rap hardcore et déjanté, un peu à la manière de mon chouchou Danny Brown. Ce n’est plus Rock mais Rap En Seine !


Et pour finir en apothéose, direction la (très) grande scène. C’est mon groupe fétiche, Cypress Hill, que je retrouve pour la sixième fois en sept ans. L’ambiance est bonne et la machine à tubes enchaîne « Insane in the Brain », « Dr. Greenthumb » et « I Ain’t Goin Out Like That »… Le public chantonne happy birthday car c’est l’anniversaire d’Eric Bobo, le percussionniste. Fidèle à lui- même, Sen Dog nous dit que B-Real fume toujours la meilleur marie-jeanne du monde… Et grande nouvelle, ils lancent le 15 septembre l’album « Elephants on Acid »… Il est 21 heures et malheureusement ils n’offrent aucun rappel. Mais le show en vidéo intégrale ci-dessous est rondement ficelé et le public fort réactif est conquit. Je rejoins donc l’espace VIP-Pro où m’attend, non pas une superbe fille mais l’excellent champagne Collet brut millésimé. Dégustation accompagnée d’une très agréable ganja, allongé au fond d’un bon transat. Le barman est à la cool, il y a un Dj set de Arnaud Rebotini qui m’amène aisément au bout de la nuit avant de rejoindre le camping, dans la forêt. La nuit fut courte, mais comme dit Paul : « On aura la mort pour se reposer ! ». À l’année prochaine. Et vive Rock En Seine ! : trois jours certifiés fat par Star Wax.

Par Laurent Cachet

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