Starwax magazine

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REPORTING /<br/>  WORLDWIDE FESTIVAL 2014

REPORTING /
WORLDWIDE FESTIVAL 2014

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Il n’y a pas de doute, le spot d’exception où il se passe quelque chose en début d’été depuis près de 10 ans, n’est pas Saint Trop mais la charmante ville de Sète. En effet cette cité de l’Hérault, que l’écrivain poète Paul Valery baptisa l’Île singulière, berceau de Georges Brassens, accueille le fameux Worldwide Festival du franco-suisse Gilles Peterson. Un festival où la singularité est au rendez-vous et durant lequel Sète devient un peu british, grâce en bonne partie aux festivaliers débarquant de Londres, Brighton, Manchester… Ajoutons une pincée d’espagnols, d’ allemands, de belges… L’Europe autour de la table des festivités, le Worldwide définit par son public.

Alliant les live brut aux dj-set dignes représentants de la clubculture anglo-saxonne (car c’est bien de ça dont il s’agit), la programmation concoctée par le Dj et producteur de la BBC6 est surprenante à plusieurs titres, bien loin de ce que l’on peut entendre ailleurs. Le tout, étalé du lundi après-midi au dimanche suivant, dans des lieux originaux et magiques : la plage du Lazare les après-midis, le fantastique Theâtre de la Mer, le Môle St Louis au bout du port pour les soirées, après des passages en début de semaine dans les jardins du musée Paul Valery et devant le Centre Regional d’Art Contemporain. Pas de risque de louper une prestation pour cause de chevauchement indésirable : le Worldwide, c’est une scène, on loge tout le monde à la même enseigne. Après, reste la fatigue, le dos, les oreilles (rayez les mentions inutiles), qui pourront vous empêcher de participer au marathon.


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Pour l’ouverture nous avons eu l’occasion d’écouter les excellents Mo Kolours, Debruit accompagné de la chanteuse soudanaise Alsarah, des artistes à découvrir car très créatifs et originaux. Les trois premières soirées dans l’enceinte du Théâtre de la Mer sont des plus intéressantes de par la magie du lieu (un amphithéâtre donnant sur la Méditerranée) et la configuration très originale de la scène. Theo Parrish en live avec des musiciens et danseurs de footwork (cf. vidéo ci-dessus), Ebo Taylor dont vous pouvez découvrir une bonne captation ci-dessous, Zara McFarlane, Osunlade (peut-être le meilleur set du festival / Ci-dessus Osunlade & Seth Troxler en photo), Andrew Ashong… et Gilles Peterson bien sûr. Ce dernier donnant toujours dans un éclectisme traversant époques et continents (on vous invite à écouter sa dernière production autour du Brésil, un régal – trailer vidéo/audio ici). Comme ce « Sayonara Blues » (en écoute ici) du pianiste Horace Silver, décédé en juin, joué devant 1 500 personnes vers 1h30 du matin …

Ebo Taylor live par worldwidefestival

Coté plage, on a vivement apprécié le Dj set du californien Jeremy Sole qui nous a offert un excellent moment sur une plage bondée, gratuite, où les anglais encore immaculés semblaient tous (et toutes) à leur aise. On peut parler aussi de l’excellent Nickodemus, présent presque chaque année, de Zepherin Saint, de l’immense Sadar Bahar… Les résidents Simbad, Lefto et Sundae n’en étaient pas à leur coup d’essai face au public du Worldwide et ont tenu à le faire savoir. Quelques lives à souligner aussi sur la plage, avec les excellents A/T/O/S et Kuage. Gilles Peterson a même fait revenir ces derniers sur scène car il avait loupé leur titre phare (dispo ci-dessous), « c’est mon festival! » a-t-il scandé en rigolant.


Une dédicace spéciale pour le Dj producteur londonien Mala (en photo ci-dessous avec Gilles) et son set only vinyls, comme à son habitude, de bass-post-dubstep ponctué de respirations exceptionnelles… On pensait plutôt à un club de Londres ou d’Amsterdam au lieu d’une plage ensoleillée méditerranéenne. Ambiance au top, Dj au top, tout allait pour le mieux sur cette plage. Mais elle fût malheureusement le cadre de la mort, par noyade, d’un jeune anglais de 25 ans, le samedi après-midi. Le dernier après-midi prévu sur la plage a été logiquement annulé.

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Au Môle St Louis, la patte de Gilles Peterson était encore plus présente. On change de jauge : des 1500 personnes du début de semaine, on passait à près de 4500 … Morphosis (surprenant), Connan Mockasin, les japonais de Hex (magique), Swindle, Kyodai, Seth Troxler, Four Tet en back to back avec Floating offrant un Dj set très apprécié du public de 2 à 5 heures du matin.

Si c’est bien la soirée du mercredi soir qui fut plébiscitée au Théâtre de la Mer, c’est bien celle du dimanche qui remporta les suffrages au St-Christ. Chassol et son exceptionnel jazz inspiré d’un voyage en inde (dont les magnifiques images sont diffusées pendant son concert) qui en fit pleurer quelques uns/unes. Ensuite vinrent Rémi Kolpa Kolpoul accompagné de Maga Bo, puis la Mc brésilienne Carol Conka, Little Dragon, avant que le maître de cérémonie Sir Gilles Peterson n’offre un mini set de musique brésilienne fabuleux qui fit vraiment s’enflammer l’audience présente. Et de là, le déluge commença : sur scène, Peterson fut rejoint par Rainer Truby, Lefto, Simbad, Sadar Bahar, Osunlade… Avant de nous quitter, seul, au lever du soleil, sur cette merveille de 1982.


Un dernier titre ? Peut-être un des tubes de cette édition… Le producteur est français, il est basé à Lyon, son set du mardi après-midi était animal, au milieu des excellents Werkha, Moxie et Shigeto, il s’appelle Nikitch, on le suit depuis quelques temps et on adore !



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Grand merci à Gilles Peterson et l’équipe de Montpellier, Freshly Cut, qui organise ce mémorable événement musical. Rendez vous l’année prochaine qui marquera le dixième anniversaire du Worldwide festival ! J’ajoute une belle dédicace à tous les fans de ce festival que j’ai la chance de rencontrer tous les ans Yohann I et Yohann II, Laurent, Khalid et pleins d’autres …

Texte par Laurent Cachet et Simon Morin / Photos (D.R.)