Starwax magazine

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archivesjuin-2014

REPORT WEATHER FESTIVAL <br/>  PART 2 – OFF & MAIN EVENT

REPORT WEATHER FESTIVAL
PART 2 – OFF & MAIN EVENT

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Vendredi : Nous commençons notre week-end Weather par le Off à la Machine du Moulin Rouge. Une salle quasiment vide nous accueille alors que DMX Crew commence sont set vitaminé, voir même complètement barré, mais maîtrisé de bout en bout. RAB pourrait être sa devise. Un peu trop speed pour un début de soirée, nous trouvons réconfort à la chaufferie où le set house impeccable d’XDB chauffe un public qui commence à s’agglutiner dans ce sous-sol intimiste. Bon, ok, le public commence à être énervé, il est temps pour Black Boxx d’entrer en scène et de nous balancer un live ghetto-tech puissant, rendant les plus timides complètement hystériques. Sur le Main Floor, c’est Stingray qui envoie lui aussi du lourd, avec un savant mélange d’électro et de booty break. Voisky lui succède, installant une techno planante, réfléchie et appuyée, un peu de finesse après un set de brute. Bon, faudrait voir à aller se coucher maintenant, histoire d’être en forme pour le lendemain et les 22 heures de fête qui s’annonce.

Concernant le report de l’opening party à l’institut du monde arabe, le vendredi, rendez-vous ici.

Samedi : Main Event. Le line-up présenté pour cette seconde édition est sans réelle surprise pour les habitués des Concretes: on fait dans le lourd. L’édition précédente avait connu quelques critiques acerbes, notamment à cause des prix pratiqués sur sites, de l’absence d’eau potable et de la clim’ en berne, on attendait donc avec impatience de goûter à ce festival. Avec deux scènes en intérieur et deux scènes en extérieur, on se dit qu’on devrait y trouver notre compte. Le spot choisi (parc des expositions du Bourget) est incroyable: les hangars abritant les scènes Automne et Hiver, dédiées à la techno dure et froide, sont gigantesques, et sur le tarmac repose les scènes Été et Printemps, plutôt orientée house-music. Les décos sont léchées, réalisées à bases de leds et de projections vidéos mappées sur une énorme structure pour la scène Automne, avec une mention toute spéciale à la scène été qu’on croirait sortie tout droit de chez Delbar. En bonus, la thématique de l’espace est confirmée par les deux fusées Arianes pointant vers les cieux, et, au loin, Air Force One nous guette.

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Les orgas ont fait les choses bien: des rangées de toilettes s’alignent à perte de vue tandis que 10.000 casiers sont prévus pour ranger les affaires des festivaliers, au cas où le dos commencerait à faiblir. Les bars sont également partout. Tant mieux, il fait une chaleur atroce, on va vite avoir soif. Après un rapide premier tour du site, c’est la scène Eté qui obtient nos faveur, et MCDE qui distille un set house teinté de funk et de disco incroyable. Sa générosité nous emballe jusqu’à ce qu’une jolie coupure de courant nous fasse chuter de notre transe. Bon, ça arrive, mais le pauvre essuie un peu les plâtres. Floating Point enchaine tout sourire avec une funk futuriste qui se savoure impeccablement bien sous ce soleil plombant. Soundstream dévoile un live peu généreux où l’on décèlera quand même quelques uns de ses meilleurs tubes. On reste pour Moodyman, qui se contente de faire le job, comme trop souvent pour les américains, peu généreux avec leur public, mais révélant une playlist impeccable. On le quitte alors que retentissent les mélodies d’Oliver Cheatham et de son “Get Down Saturday Night”. Il est temps d’aller vider quelques godets.

Et là, c’est le drame. Si les bars sont nombreux et abondant, c’est pour mieux te faire raquer mon ami. Cinq balles le pauvre demi de lager, c’est moyen. On sait bien que le prix des bières en festoche sera forcément plus cher qu’au PMU du quartier, mais à ce point, c’est du jamais vu. Ah, et cinq balles, c’est aussi le prix d’un coca (même pas de la canette hein), et du demi dé à coudre de Jacks. On savait le niveau de vie parisien très cher, mais là on se fout ouvertement de la gueule des festivaliers qui, non contents d’avoir raqué 47 euros pour l’évènement, se voient ponctionnés jusqu’à la moelle. Point noir également niveau restauration: quatre camions de bouffe de type burger bio à 10 balles pour 20.000 festivaliers, c’est un peu cheap. C’est d’ailleurs la rupture de stock aux alentours de 22h. On se contentera des Bretzel du bar, qui eux au moins sont gratuits. Une fois délesté de quelques euros, on tente la scène Automne au line-up plus que dingue: la clique du Berghain entourée de Dj Deep, François X, Rodhad et Luke Slater. Miam. Sauf que…

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Si la scénographie est réussie, quelque chose cloche. Un truc que l’on pourrait croire essentiel mais que visiblement les organisateurs ont trouvé accessoire: le son. Il s’agit là plutôt en effet d’une bouillie sonore, amplifiée et destructurée par la réverbération du lieu. Les basses font vibrer les taules, c’est insupportable. Seules les parties beatless sont audibles, et l’on a ainsi pu profiter d’une intro magnifique toute en envolées spatiales de Luke Slater Aka Planetary Assault System. Le kick repart, nous aussi.

Ah Ricardo… on se presse devant la scène Printemps pour écouter les quelques trois heures de sets très progressifs et tout en percussions de Villalobos, qui connait le job sur le bout des platines. Et les festivaliers ne s’y sont pas trompés, tant la foule est agglutinée devant la scène. Et derrière le chilien aussi : une horde de VIP tout droit sortie d’une Boiler Room s’est concentrée pour assister à la cérémonie de l’insatiable maitre.

La bonne surprise du festival, c’est la scène non-annoncée sur le line-up officiel. Une scène, ou plutôt un petit camion qu’on dirait tout droit sorti de la kermesse de l’école du coin, dans lequel s’excite une poignée de Djs moustachus maitrisant parfaitement la science du délire et qui provoque un beau bordel. La fête, la vraie, transpire ici. La générosité des protagonistes fait mouche, et quelques 200 danseurs ne s’y sont pas trompés. 22 heures de mixs non-stop teintées de house never-heard-before, d’italo, ou de ghetto-tech, assaisonnées de pépites pop ou rock mainstream mais qui donne tout son ensemble à la prestation. La proximité des deux parties provoque un réel échange foutraque bienvenu, là où les artistes de la scène Automne demeurent perchés à 8 mètres du public, rendant difficile toute tentative de communication. Nous finirons notre festival ici, au Camion Bazar, avec le sentiment d’avoir vécu, malgré la pluie qui s’est installée, un moment hors du temps.

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Lundi : Après un repos bienvenu, il est temps de se rendre sur le site de l’Île Seguin pour la closing party du festival. Une fois passé les portillons d’entrée, on est saisit par l’empreinte industrielle encore présente du lieu, qui d’un coup nous renvoie un sentiment nostalgique des raves. Trois scène, dont une en extérieure, et trois ambiances. La scène extérieure distille une house actuelle, sans surprise mais néanmoins efficace. Direction le premier chapiteau situé à approximativement dix mètres, et qui laisse filtrer quelques relents de kicks venant parasiter la sono de la scène précédente. Trois Chairs aux platines, où l’on retrouve Moodyman entouré des légendes Theo Parrish, Rick Wilhite et Marcellus Pittman, nous distillant une house garage jolie mais fadasse, nous faisant dire que le style a vécu. La troisième scène abrite quant à elle une scène au son orienté UK Bass. Et ça savate sec: Ben UFO dévoile toute sa science dans un mix éclectique et Blawan envoie une techno dure et froide, industrielle, qui va si bien au lieu. On est fatigué, on a mal aux pieds. Fin de festival.

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Cette seconde édition du Weather a donc tenu ses promesses, et s’impose comme le festival techno qui manquait cruellement à la capitale. Sa jeunesse permet sans doute d’excuser bon nombre de petits défauts constatés lors de ce week-end, mais nul doute qu’avec encore un peu de travail, celui-ci deviendra rapidement le rendez-vous estival incontournable des technophiles parisiens.

Les +
- le line-up poids-lourds
- les deux scènes extérieures
- le sunshine
- le site
- le Camion-Bazar!yes!

Les –
- les sonos des scène Hiver et Automne
- les prix exorbitants
- le staff, peu aimable
- les bénévoles qu’on sent laissés pour compte et désemparés

Texte par Kévin Depouet / Photos par La Denrée