Starwax magazine

starwax magazine

archivesjuin-2014

REPORT WEATHER FESTIVAL <br/> PART 1 – OPENING PARTY

REPORT WEATHER FESTIVAL
PART 1 – OPENING PARTY

Posté le


La première semaine de juin a été particulièrement chargée pour les amateurs parisiens de musique électronique, entre la Villette Sonique (Todd Terje, Pachanga Boys, John Hopkins, James Holden, Four Tet, Andrew Weatherall, Factory Floor, Acid Arab…) et les innombrables concerts et soirées organisés à cette même période (Flying Lotus & Thundercat, Todd Edwards, Tigersushi, etc). Le Weather Festival était le point d’orgue, que dis-je, la cerise sur cet énorme gâteau qui nous amènerait presque à penser que la capitale n’a plus rien à envier à Berlin et aux autres places fortes du clubbing mondial. Une semaine par an, tout du moins.


702_weather-report2014-01
702_weather-report2014-02
702_weather-report2014-03

La deuxième édition du festival débutait, vendredi 6 juin, par une soirée à l’institut du monde arabe. Ce cadre atypique accueillait des formations combinant électronique et instrumentation live, aux performances plus proches d’un concert que d’une rave party, n’en déplaise à une grande partie du public qui, compte tenu des réactions à chaque accélération de rythme, semblait n’être venue que pour obtenir une dose de bpm la plus forte possible. Du fait de l’horaire de lancement des hostilités, je n’ai pu assister à la performance de Rouge Mécanique, contrairement à Yuji, notre photographe à la ponctualité irréprochable (mais qui malgré tous ses efforts ne parviendra jamais à obtenir le pass photo qui lui avait été promis). La soirée commence donc, en ce qui me concerne avec Mount Kimbie, duo anglais souvent qualifié de post-dubstep, qui livre une version brute de morceaux de son dernier album en date, « Cold Spring Fault Less Youth » (voir Star Wax n°27), intercalés avec quelques extraits du précédent, « Crooks & Lovers ». Le son est moins subtil et léché que sur disque mais l’énergie du groupe sur scène compense très largement.

702_weather-report2014-04
702_weather-report2014-05
702_weather-report2014-06
702_weather-report2014-07

Si la première partie du concert confirme les velléités rock du groupe, la seconde partie rappelle opportunément ses influences garage et dubstep et c’est à grand coup d’infra basses et de beats 4×4 que le groupe peut passer le relais à Moritz Von Oswald (en photo ci-dessus). Le vétéran du dub berlinois (Basic Channel, Maurizio, Rythm & Sound) partage la scène avec le géniteur de l’afro beat,Tony Allen, et Max Loderbauer. Une affiche alléchante sur le papier qui ne tient malheureusement qu’en partie ses promesses. Mixer une batterie avec des sons électroniques en plein air a tout de la gageure, mais rien à redire, à ce niveau-là, le rendu est plus qu’honnête. Le problème vient plutôt des musiciens eux-même, chacun semblant ne pas oser s’affirmer de peur d’éclipser les autres. Résultat : quelques bribes d’essais prometteurs trop vite volontairement avortés. Un set au goût d’inachevé en somme… Surprenant de la part de musiciens qui pourtant, chacun dans leurs styles respectifs, s’affirment habituellement dans la durée. Tout cela n’a cependant pas l’air de chagriner une majorité des spectateurs trépignants pour qui l’événement de la soirée semble clairement être la venue à Paris, avec leur projet Timeline, des légendes de Détroit Underground Resistance. Mike Banks est accompagné de Jon Dixon aux synthés, De’Sean Jones au saxo, et Dj Konspiracy aux platines pour un projet « plus orienté vers des influences house, funk, soul, et jazz » dixit le communiqué de presse. Le son est plus proche de la deep house que de la techno à laquelle est habituellement associé le collectif. Le public se réveille d’un coup, les riverains sortent sur leurs balcons et le simple plaisir d’entendre de la musique à un tel niveau sonore en plein cœur de Paris tout en sachant que nulle plainte de voisins et intervention de la maréchaussée ne viendra interrompre la fête est déjà une expérience en soit. Seep me souffle à l’oreille (fredonnement des lignes de synthé à l’appui) que l’on va avoir droit à un petit Galaxy 2 Galaxy, ce qui se confirme assez vite.

702_weather-report2014-08
702_weather-report2014-09
702_weather-report2014-10
702_weather-report2014-11

Il fait beau, il fait chaud, les solos de saxophones sont involontairement drôles, c’est l’été, la foule danse et on a envie d’être indulgent. Mis à part le prix exorbitant des consommations (mes collègues y reviendront plus tard, Star Wax n’est pas un magazine de radins, mais s’il y a un point sur lequel Paris n’est pas près de concurrencer Berlin, c’est bien celui-ci), la soirée, suivie d’un after avec Appolonia à la péniche Concrete pour les plus motivés, se révèle au final être un bon échauffement avant un week-end marathon dont vous trouverez le compte rendu ici.

Texte par Julien Vuillet / Photos par Yuji Watanabe