Starwax magazine

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REPORT / MONTPELL’S GOOD

REPORT / MONTPELL’S GOOD

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Montpellier et la musique, c’est une belle histoire d’amour. Et pour ceux que les musiques alternatives intéressent, c’est un vrai bonheur d’habiter ici, de passer de belles journées en bord de mer et d’enchaîner sur de belles soirées musicales en tout genre. Retour sur les moments forts de cette fin d’été et début d’automne 2016.

Pour clôturer le mois d’août, suivant les nombreux festivals j’attends Jello Biafra, le légendaire chanteur du groupe de punk hardcore californien Dead Kennedys (en photo ci-dessous). Il est invité le 28 dans le caveau du Black Sheep pour un Dj set tout en vinyle (la classe !!!). Les fans sont au rendez-vous et pendant quatre heures Luis Soulful et Jello nous régalent avec des galettes de 60’s garage, de punk, de cold wave allant de France Gall à Métal Urbain en passant par Killing Joke. L’ambiance est bonne même si les danseurs et les danseuses se font bien rares. Et je vous préviens : ne demandez pas à Jello Biaffra de vous dédicacer les vinyles de Dead Kennedys qui ne sont pas sortis sur son label Alternative Tentacles parce qu’il n’aime pas cela…

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Toujours côté rock, c’est le Rockstore qui, en ce lundi 5 septembre, fête la rentrée avec un invité de marque : Anton Newcombe et son groupe Brian Jonestown Massacre (photo ci-dessous). La salle est comble et décolle immédiatement pour un voyage psychédélique de trois heures, rappelant parfois le Velvet Underground, les Rolling Stones de Brian Jones ou encore les Smiths. En tous cas, Anton Newcombe a finalement bien survécu aux années maudites (très bien filmées dans le documentaires culte « Dig ! ») pour devenir une star du rock indépendant, apprécié par un large public. Et c’est tant mieux !

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Pour ne pas en rester là, la fête reprend dix jours après avec le concert des Limiñanas (photo ci-dessous). D’ailleurs ils avaient été invités par Anton Newcombe pour faire sa première partie à Paris récemment. Cela se passe dans le cadre du festival 2+2 = 5, qui a pour but de mettre en valeur des genres musicaux éclectiques et originaux. Et même si la grande salle Victoire 2 (capacité de 660 personnes) n’est pas assez remplie pour une si belle affiche, le duo perpignanais composé de Lionel et Marie est entouré, pour l’occasion, de Pascal Comelade aux claviers et d’une exquise chanteuse aux airs de Brigitte Bardot qui envoûte très vite le public. En tous cas, leur musique est un vrai bonheur, entre rock 60’s, garage et psychédélisme habilement revisité. Cerise sur le gâteau, Lionel et Pascal (photo ci-dessous) assument un après-concert en jouant des 45 tours de punk-rock jusqu’au bout de la nuit. Et c’est encore lui qui se repointe en ce mercredi 5 octobre. King Khan and the Schrines (photos ci-dessous) sont là pour divertir les rockers, les vrais. Et ça marche, même si le Rockstore est à moitié plein. Le mélange musical est incroyable : rythm and blues, Northern soul endiablée, garage groove, surf musique psychédélique : tout cela donne envie de danser et d’entrer en transe. King Khan, le chanteur d’origine indienne, assure le show dans des costumes incroyables. Réincarnation de Little Richard, James Brown et Screamin Jay Hawkins réunis. Les Schrines sont déchainés. Le public également, mais pas assez. Le rock n’ roll n’est pas mort et ça fait plaisir.

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En suivant, le samedi soir, c’est General Elektriks qui est attendu au Rockstore dans le cadre du festival des Internationales De La Guitare et sa programmation pléthorique. Mais ce soir là, c’est le clavier et les orgues vintage qui sont les instruments phares. La salle est pleine et la musique funky organique réjouit le public pendant plus d’une heure et demie avec les incroyables parties de claviers d’Hervé Salters rappelant parfois Jimi Hendrix ou l’excellent Money Mark (claviériste des Beastie Boys). L’audience frappe dans ses mains et jump timidement. En tout cas General Elektriks rencontre un franc succès.

C’est maintenant l’automne à Montpellier en ce samedi 22 octobre. C’est la très rare et précieuse Keren Ann (photo ci-dessous) qui honore le Rockstore de sa présence. Dehors il pleut et la salle accueille à peine 300 personnes. Cela n’empêche pas Athenaïs, seule au chant et à la guitare, d’ouvrir la soirée. C’est un réel plaisir d’écouter la Montpelliéraine, sa jolie voix et ses chansons folk et candides. Puis Keren Ann, entourée d’un batteur et d’un bassiste, nous offre sa musique tellement à part dans le paysage musical français. Les morceaux sont souvent calmes, doux et mélancoliques. Parfois plus dur et rock. Sa version de « Jardin d’Hiver » (titre écrit pour Henri Salvador) est elle aussi fort agréable. Le public applaudi et en redemande calmement mais sûrement.

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Le festival continue en ce lundi 24 octobre morose. Mais le moral revient à l’idée d’aller ce soir au concert de Puppetmastaz au Rockstore. Il passe à l’occasion du trentième anniversaire de ce temple de la musique ouvert par Fifi Winling (malheureusement décédé en 2013) et ses compères, dans un bâtiment qui a, lui, 500 ans d’existence. Pour l’histoire il a été transformé au fil des siècles en église, en imprimerie, en garage, en cinéma pour finalement devenir ce lieu emblématique des nuits montpelliéraines. Ce soir, la salle est remplie et les marionnettes berlinoises rappent et exécutent leurs petits sketches bien débiles. Le public adore et pour une fois, à Montpellier, les gens s’agitent un peu pour du rap. Ils se mettent même à jumper quand les Puppets (photo ci-dessous) les motivent un peu avec leur recette de rap électro ragga qui cartonne au Nord comme au Sud.

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Le lundi suivant, le Rockstore continue de célébrer ses 30 bougies, en faisant encore plus fort avec la première date à Montpellier de Dj Shadow (photo ci-dessus). L’événement affiche complet. Je rencontre même deux jeunes femmes ayant parcouru 300 kilomètres depuis Albi dans le Tarn. Et elles ne seront pas déçues. Shadow assure seul son mix qu’il agrémente de percussion et de scratches millimétrés. Il précise qu’il joue seulement ses propres titres. Electro-break, abstract, hip-hop, trap, c’est un grand bonheur d’écouter cet homme à la créativité et à l’imagination aussi extraordinaires (un génie quoi !). Son live est accompagné de vidéos de toute beauté. De plus, il peut se permettre de jouer son set en entier, n’étant pas limité par le temps comme dans certains festivals. Visiblement très touché par l’ambiance « club » du Rockstore et la proximité avec les gens, il annonce pour finir qu’il sera très content de revenir chez nous. Ca sera avec grand plaisir monsieur Shadow.

Texte et photos par Triple Zero