Starwax magazine

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REPORT MADE FESTIVAL / LA GRAND-MESSE EST DITE

REPORT MADE FESTIVAL / LA GRAND-MESSE EST DITE

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« Comment dire ? » : voilà comment j’introduis ce topo.
« Quelle chance ! » : voici comme je le poursuis, ce topo.
« D’être là ! » : voici comme je le développe, un peu plus, ce propos.



Il m’est si souvent arrivé de dire, face à une ou un Dj (1), en format live ou Dj set : « Comment te dire adieu ? », tellement l’appel à la danse ne venait pas jusqu’à moi, mes entrailles. L’envie de dire au revoir prend alors le dessus.
Pour qu’elle opère, cette danse, le corps est mon vecteur, mon esprit, le signal.
Stop. Soudainement, plus envie de parler.
Play : une alchimie, une vibration, une évidence, une stimulation, un sourire intérieur.
Play it again : de l’ampleur, des vibrations, une symbiose entre perception des sons et les premiers mouvements qui ne se commandent pas, ils sont spontanés et guidés par l’inconscient. L’esprit est happé par les rythmes, la délicatesse et le soin, la qualité évanescente des mélodies, des gimmicks, les motifs, le tout structurant des phrasés irrésistibles. On est sur des cépages housy au raffinement acide fort en bouche bée. Le personnage qui incarne le rôle de Dj (je vais y venir…) est concentré, précis, si affairé que l’on peut saisir le labeur qu’il nous offre. Sa tâche ne l’empêche aucunement d’exprimer son rythme dans la peau, elle-même couverte d’une belle chemise fleurie (le personnage a ses côtés dandy, souvent vu en costume blanc). Seule sa table de mixage aura les honneurs de ses sourires, gage de concentration et d’humilité.

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702-madefestival2017
« Comment dire ? ».
Merci monsieur Matthew Dear.
Merci MADE Festival.
Quelle chance de nous avoir offert ce privilège !

Ça, c’était pour le chapitre Dear Matthew.
Réf. : hautement recommandable.
Alinéa : incontournable en house exigeante, techno sombre et langoureuse.

Passons au chapitre Slater Luke.
Réf. : maître es techno.
Alinéa : indispensable.

Changement de chapitre, changement de style, changement d’atmosphère.
Sans concession, l’ambiance instaurée lors du live Planetary Assault System amène l’auditeur instantanément ailleurs et ici. Frappante cette ubiquité, n’est-il pas ? Les profondeurs des graves campent d’emblée le décor, celui d’un voyage unique et étonnant, désiré et envoûtant : à bord d’un sous-marin. Les réminiscences acides font penser aux effets sonores d’un sonar ! Comme à l’accoutumée, écouter Luke Slater en scène est un moment intense qui met l’auditeur (celui qui veut) dans une posture d’écoute, peut-être d’introspection, telle une messe. Se dégage des compositions une telle puissance que l’indifférence relève de la gabegie. J’étais dans l’ailleurs de, pour et avec Luke Slater. Et ici, bien ancrée à Rennes.

Bis repetita : merci MADE Festival d’œuvrer à accueillir ce que le public, novice et mélomane, se doit de connaître et sublimer, de par une programmation stimulante, riche, festive et sérieuse. Bravo ! À l’année prochaine.


Texte par Ambidextre / Photos par FTE Prod et Shoot MeAgain

(1) Je réitère, confirme et signe mes dires à propos du terme Djette : pourquoi vouloir féminiser un acronyme ? Dj est l’acronyme de disc jockey. Mais féminise-t-on le mot Pdg en Pdgette ? L’avez-vous déjà entendu ou lu ? Petit rappel de base : le suffixe « ette » signifie petit. Exemple : maison donne maisonnette. Ah j’ai compris ! Donc ceux qui utilisent le terme de Djette n’auraient-ils pas un petit kiki ? Une kékette quoi !