Starwax magazine

starwax magazine

archivesseptembre-2015

REPORT / EUROCKEENNES 2015

REPORT / EUROCKEENNES 2015

Posté le

Alors que l’on commence sérieusement à envisager de ranger shorts et tongs en prévision de l’automne qui frappe à la porte. On se rappelle qu’il n’y a pas si longtemps que ça, c’était encore l’été. Le vrai, celui du soleil, des plages, des apéros en terrasse, des bikinis et évidement des rendez-vous de musique en plein air. Star Wax était présent sur quelques festivals cette année et notamment sur l’un de ses plus importants représentants, le très respecté festival des Eurockéennes de Belfort qui avait lieu début juillet 2015.

Situé sur un site absolument magnifique flanqué de chaque côté de deux étendues d’eau, le festival franc-comtois déroule sa programmation à dominante rock (CQFD) depuis 1989. Une majorité de grands groupes actuels ont fait un passage par la presqu’ile de Malsaucy. Mais si le festival a su durer dans le temps c’est aussi en se diversifiant musicalement et en proposant de mettre en avant des artistes insoupçonnés loin des mass médias, et ça depuis 27 ans déjà. Pour l’édition 2015, la programmation était plutôt gratinée, entre mastodontes et découvertes diversifiées. Reportage pour cette édition qui se jouait pratiquement à guichet fermé devant 102 000 spectateurs tout le week-end.

Et ça commence très fort le vendredi. Les locaux de Cotton Claw (vidéo ici) se sont posés sur le camping pour un petit boeuf électro caniculaire. Très sympathique mise en bouche. On sent l’excitation des débuts de festivals, tout le monde a le sourire. On entre sur le site pour l’icône de la bounce music : Big Freedia qui chauffe le public de la Plage aves sa booty bass endiablée et des danseurs remuant leurs fesses mieux que personne.

Ensuite direction la grande scène pour Saint-Paul & The Broken Jones. Le groupe, qui a la lourde tâche d’ouvrir le festival sur la grande scène, livre une soul bien rétro comme on l’aime. Difficile de juger la prestation sur le seul morceau entendu mais à la vue de l’état quasi-liquide du costume trois pièces du chanteur, ancien révérend, on peut aisément se dire que le monsieur a tout donné (quel idée de s’accoutrer comme ça avec une température de 39°C).

On se retourne vers la Loggia ou la belle Laetitia Sheriff se produit. L’enfant rêvée de Nick Cave et de PJ Harvey interprète en majorité des titres de « Pandémonium », son très bon troisième et dernier album. Le public est attentif et la bassiste déroule avec ses deux comparses une multitude de ballades électriques. Notre premier vrai concert pour cette édition. On profite du soleil et de la magnifique interprétation. Parfaite entrée en matière.

Sur la scène de la Green Room, découverte de King Ayisoba, venu du Ghana jouant une musique africaine authentique, envoûtante, offrant une autre perspective musicale. En Photo ci-dessous

702-eurock-report-05
Pendant que la scène hip-hop française investit la scène de la plage, on se dirige à nouveau vers la grande scène pour le show annoncé de Royal Blood, nouvelle coqueluche britannique qui n’est pas sans rappeler les groupes Muse (des premiers albums) pour les envolées supersoniques et les Black Keys pour le côté duo blues rock. Le batteur est déchaîné. Le chanteur bassiste à belle gueule nous balance des riffs guitaristiques puissants. On peut parler de haute technicité. Faire autant de boucan avec aussi peu de mains, c’est pas donné à tout le monde. Ça joue fort, ça chante haut, on est en face d’un groupe qui enflammera les stades d’ici peu. D’ailleurs le public venu en masse ne s’y est pas trompé. Ce qui frappe aussi dans leur set, c’est la capacité du groupe a recracher simplement et efficacement leurs influences les plus directes. Pour preuve ce final d’un quart d’heure nirvanesque qui laissera l’assemblée pantoise. Belle baffe.

On zappera Black Label Society le divertissement métal du jour, pour écouter Jack Garatt, le multi-instrumentiste anglais qui investit la Loggia. Dans la même lignée qu’un James Blake, son électro ouatée ne nous aura pas convaincu. Si on peut apprécier la dextérité avec laquelle l’anglais change d’instruments, ses morceaux ont du mal à passer l’épreuve du live en ce début de soirée. On passera le temps avec un gentil couple franc-comtois à parler d’architecture et de construction de satellites, en médisant sur le goût infect de cette grande bière néanmoins très rafraîchissante. Il faut dire que malgré le soleil tombant, ça cogne encore et nous devons régulièrement passer à la douche que les pompiers ont fabriquée avec une lance à incendie et un énorme ventilateur. Une piscine s’est formée à la grande joie des nostalgiques du ventrigliss.

On en profite pour faire un tour à l’espace presse ou le chanteur de Skip The Use s’essaie à la politique sur France Inter. Extrait de leur show compilé avec d’autres moments ci-dessous.


21h30. Ben Harper pénètre sur scène accompagné de ses fidèles Innocents Criminals. Le public s’est positionné en masse devant la grande scène. Il faut dire que l’on n’a pas vu le bluesman au grand cœur depuis longtemps sur les scènes françaises. Son dernier passage aux Eurockéennes datait de 2008. L’ensemble de ses pépites est joué lors d’un set ultra-rodé. Et voilà bien le problème, sous cette chaleur léthargique, la star ne s’enquiert même pas de l’ambiance de son public, toujours planquée derrière sa guitare et sa voix mélodieuse. On est en droit d’attendre un peu plus qu’un simple set façon « Je fais mon boulot et je me casse ». Mention tout de même au groupe qui se démène pour réveiller le chef d’orchestre. On frétille sur « Redemption Song », puis tout redescend aussi vite que c’est monté. Insuffisant une nouvelle fois. Du Ben Harper dans le texte !

Alors que la chaleur commence enfin à diminuer nous perdons un fidèle moussaillon, victime de déshydratation ou d’un peu trop de réhydratation (c’est comme vous voulez). On se dirige alors vers la Green Room où la nouvelle pépite de l’électro française se produit. Le choix fut tout de même cornélien puisque en même temps Cotton Claw investi la Loggia. Le public s’est considérablement rajeunit. Il faut dire qu’avec une poignée d’Eps, Fakear s’est déjà mis l’assemblée dans la poche, et il se présente devant elle pour confirmer. Le beatmaker surdoué, parfois accompagné de tout un groupe live (synthé, basse, batterie et même un violoncelle), va envoûter le public belfortain. Avec ses morceaux électroniques teintés de chœurs féminins et sa world à la sauce dance music, le caennais se dandine derrière son laptop et invective un des plus grands publics de France. Apparemment très content d’être là, le petit frère musical de Rone nous livre pendant près d’une heure un set magnifique à la rythmique hédoniste et sensuelle, et aux nappes synthétiques voluptueuses. Une invitation au voyage et un ravissement pour nos oreilles en cette heure avancée de la soirée.

Après le super show de Fakear, le danois Terje Olsen alias Todd Terje monte sur la scène de la Plage avec ses Olsen, son groupe live. Le grand monsieur, placé derrière un imposant meuble de platines, balance sa funky house teintée de jazz et de disco. Rythmiques frénétiques et funk désenchanté, des milliers d’êtres « Seuls sur le sable, les yeux dans la Kro » s’électrisent au son chaleureux du génial producteur, véritable coqueluche de la scène électronique actuelle. On dodeline, on se trémousse… Si l’on peut regretter un petit manque de communication avec le public (mais quel Dj ne reste pas planqué derrière ses machines ?), Todd a la bonne idée de s’être accoquiné de supers musiciens qui le lui rendent bien. Mention spéciale au métronomique percussionniste. Et pour rendre la démonstration encore plus complète, on aura droit à un show de danseurs-jongleurs particulièrement doués. Après une heure passée à 100 à l’heure, le producteur clôturera sa performance par un génial « Inspector Nurse » qui nous achèvera manu militari, les genoux brûlants et la plage dans les chaussures. Un pur moment de folie pour un des meilleurs concerts du festival.

Redescendus sur terre après cette prestation de haute volée, on traverse tout le site pour rejoindre à nouveau la scène de la Loggia ou se produit le super groupe Off ! Finie l’électronique, on repart dans la pure électricité. Après tout on est aux Eurocks. Tantôt hardcore !, Tantôt punk ! Les américains nous livrent une prestation explosive. Morceaux de deux minutes chrono, guitares tonitruantes, batteries sanglantes : les zicos sont à fond. Un peu trop pour le vieux frontman qu’on a du mal à entendre dans ce foutoir organisé. Qu’importe, on savoure ces moments de violence renversante. On se pliera même à l’indémodable pas de dance adéquat. Un pur pogo des familles entre une cinquantaine de déchainés qui font le ménage dans le pit. On en perdra même son accréditation dans la mêlée ! Récupérée in extremis grâce une pirouette acrobatique insoupçonnée. Le concert se terminera aussi sèchement qu’il se sera déroulé. Bim…

702-eurock-report-04
702-eurock-report-07
702-eurock-report-02
702-eurock-report-03
702-eurock-report-06
Une heure trente, l’heure des derniers concerts de la soirée est arrivée, avec les excellents HO9909 (prononcez HORROR) et leur live électro rap-punk déchainé. Les deux Mc’s hurlent, sautent et dansent comme des fous sur une musique ultra violente pendant que Boris Brejcha, le vengeur masqué de l’électro berlinoise achève le public et nous avec ses beats minimaux. On dodeline puis on chancelle. Eh oui on commence sérieusement à être lessivé. Oui on a plus 20 ans, ni 30 d’ailleurs. On quitte l’ami en plein concert pour garder les quelques forces qui nous reste pour les quelques kilomètres qui nous séparent du camping. Car aux Eurocks, le retour est un chemin de croix qui prend la forme d’une obscure voie ferrée aux traverses irrégulières et aux ballasts en charbon ardent. Trente minutes de supplice pour obtenir le graal, un matelas gonflable dégonflé et votre serviteur essayant de trouver une place dans son frêle esquif, auprès de notre moussaillon perdu en milieu de soirée, et qui, garé dans la tente tel un paquebot à l’entrée du port, ronfle à faire trembler la terre. Et c’est parti pour la première nuit…

Après une première journée de festival bien remplie avec ses hauts et ses bas, place à la journée du samedi qui affiche complet depuis plus d’un mois. Le réveil est difficile. Non pas que la soirée de la veille nous tape sur les neurones (quoique), mais les températures affolantes commencent dès 8 heures du matin. La tente s’est transformée en sauna et il faut se résigner à se lever. Les points d’eau et autres sanitaires sont déjà pris d’assaut. Tout le monde fait comme il peut pour se rafraîchir, tout ce qui peut servir de contenant stocke de l’eau (jerrican, piscine gonflable, bouteille d’eau, sac Leclerc et autres pistolets à eau…)

Ce sont les Forever Pavot qui ouvrent le bal sur la scène de la plage : il est 16 h 30, il fait très chaud mais Emile Sarmin et ses acolytes captivent déjà l’audience avec leur excellente pop-psyché d’un autre temps, rappelant les mélodies de Serge Gainsbourg, Lalo Schifrin ou encore François De Roubaix. C’est ensuite au tour des deux sœurs Ibeyi qui chantent à la Green Room, c’est très beau.

Il est 19 heures quand on débarque sur le site pour le début de Seasick Steve sur la grande scène. Le bluesman de 70 ans a été médiatisé relativement sur le tard. En effet après avoir côtoyé les plus grands ( Janis Joplin ou encore Kurt Cobain), le californien n’a sorti son premier album qu’en 2006 et il apparaît toujours devant nous habillé d’un bon vieux jean troué de grungeur, d’une vieille barbe blanche et d’un sourire qui en dit long sur sa joie d’être là ce soir. Il est accompagné d’un autre hurluberlu, non moins jeune que lui, qui est vêtu de guenilles toutes droites sorties d’un documentaire sur les bluesmen du Mississippi. Sa musique ne révolutionne certainement pas le genre, mais elle est jouée avec un tel amour qu’on ne peut que s’incliner devant la grandeur du musicien. « Je remercie la foule, ces jeunes qui me font l’honneur de venir me voir ». Il se trompe !!!! C’’est nous qui devrions le remercier d’avoir l’honneur de l’écouter. Pendant près d’une heure il va enchaîner quelques-uns de ses classiques accompagné de ses innombrables guitares trafiquées qui ont parcouru sa vie. La palme à une construction maison fabriquée de planches dont les esclaves se servaient pour laver et d’une seule corde fixe. Comme il le dit lui-même elle nous fait un « sound like a shit ». Il se fendra même du superbe « Love Song » ou il invitera une jolie demoiselle du public à le rejoindre sur scène. Trois minutes de pur bonheur les yeux dans les yeux qui manifestement ne laisseront pas la jeune fille indifférente !! Elle est aux anges, le public aussi. Certainement le meilleur concert de ce cru 2015. Voir peut-être même plus. Fabuleux !!!

702-eurock-report-01
Apres ce grand moment, les japonais de The Bawdies investissent la scène de la Loggia. Grâce à un partenariat établi entre le Sumer Sonic, gros festival japonais, et les Eurockéennes de Belfort, trois artistes japonais viennent jouer en France pendant le festival Eurocks (Donc The Bawdies, Bo Ningen et Seiho) tandis que trois artistes français fouleront le sol japonais au Summer Sonic (The Dø, Carbon Airways et Valy Mo). Projet très intéressant qui permet de mettre en avant des artistes et leur donner une vitrine dans d’autres pays. C’est dans ce contexte que le quatuor rock japonais va se produire. Vénérés dans leur pays, ils sont quasiment inconnus dans notre France natale. Dans une ambiance revival sixties, les acolytes vont mettre le feu au site de Malsaucy. Trois quarts d’heure de riffs saillants et lignes de basse emballantes qui prouvent que les japonais n’ont rien à envier à leurs pairs. Le chanteur, aux textes assez simples toutefois, à l’air ravi d’être là. Le guitariste, très doué, grimace et bondi dans tous les sens. Le public jubile. Malgré une demande de rappel insistante, les japonais ne reviendront pas. Dommage.

On zappe Etienne Daho, pour rejoindre l’espace presse pour notre interview de Seiho, dispo ici dans le Star Wax 36.

On revient sur le site où la prestation de Bo Ningen a commencé sur la petite scène. Chevelures longues et robes de cérémonie, on est prêt pour pénétrer l’univers des japonais. Amateur de math punk dérangé, leur prestation live est de haute volée. Pas de repos pendant tout le set pour nos acouphènes. Les guitares grattent les oreilles, les basses accélèrent les rythmes cardiaques. Leur musique reste tout de même difficile d’approche pour le mélomane lambda. D’ailleurs le public reste relativement discret devant la prestation radicale du quatuor. C’est sûr que les placer après Etienne Daho et avant Major Lazer, ça fait forcément un choc. Le concert reste toutefois plaisant en ce début de nuit.

Pendant ce temps-là, il se passe beaucoup de choses sur la plage avec un défilé de hip hop headz comme I Love Makonnen, Rae Sremmund ou encore les étonnants Sleaford Mods

S’en suivra la grande mascarade ou la cerise sur le gâteau Major Lazer, comme vous voulez. On peut leur concéder un certain sens du spectacle (canons à confettis, bulle humaine dans le public, danseuses sur-vitaminées). C’est vraiment le dawa sur scène et dans le public. Leur musique un peu bordélique et saturée d’infrabasses infernales est pour certains la musique la plus incroyable de notre époque. Les avis sont partagés. On peut tout de même saluer le roi de l’entertainment, Diplo… On quitte l’espace de la grande scène, bondé pour se ressourcer avant la prestation de Seiho

Le japonais débarque à la Loggia. Le producteur qu’on a rencontré plus tôt dans la soirée, souriant, est attifé d’une veste multicolore d’un certain goût (mauvais ou bon c’est comme vous voudrez). Son électro aérienne et pointue n’a rien à envier aux meilleurs beatmakers de la planète. Devant les productions ultra-techniques de l’artiste, le public habitué aux beats très simplistes de Major Lazer, reste de marbre. Il faudra qu’il augmente le rythme pour réveiller le public en mode pause. Avant de revenir vers cette techno d’intello, dix fois plus intéressante. Il terminera par son énorme titre « I Feel Rave ». Nous aussi on la sent bien.

Ce samedi, c’était la soirée des gros mastodontes électro et c’est sur la grande scène, devant une assistance plus que garnie, que les anglais de The Chemical Brothers entament le techno set. Ils attaquent direct par leur titre phare « Hey Boy Hey Girl ». Ça jumpe de partout dans la fosse. Malgré leur carrière déjà bien remplie et des derniers albums beaucoup moins bons, les britanniques jouissent encore d’un bon cortège de fans. La musique est forte (trop!!!!), les beats toujours aussi ravageurs. Pendant une heure et demie, on va avoir droit au best of. Tous les hits du groupe y passent, accompagnés comme toujours d’effets vidéos toujours bien sentis, laissant hélas que peu de place à l’improvisation. On aura même le droit d’entendre deux titres de leur nouvel album. Une bonne prestation sans plus. Suffisante toutefois pour rendre nos corps épuisés et notre esprit relaxe. Et c’est reparti pour le chemin de croix…

Après une nouvelle trop courte nuit et des collations plus que mérités, direction le site pour cette dernière soirée. Et ça commence fort avec une belle découverte : l’américain Sinkane qui, avec son groupe, joue une musique soul funk rock très réussie rappelant certaines productions de Stones-Throw/Now Again. Ne les manquez pas !
C’est maintenant l’électro-kuduro de Batida qui, en interview ici, touche le public de la Green Room, c’est dansant et très rythmé, idéal pour remuer son corps.

On arrive ensuite pour les derniers riffs métalliques de Parkway Drive et on se dirige une nouvelle fois vers la Loggia (on y aura passé beaucoup de temps) pour le groupe phénomène britannique Slaves. Un duo qui cette fois a la particularité d’avoir un chanteur batteur qui exerce debout. Il débarque en petit short rose très saillant accompagné de son guitariste tout aussi fashion victim, bourré de tatouages. Style totalement à l’opposé de leur musique qui elle, est crade et sanguine à souhait. Dans la veine des autres Sleaford Mods, les deux gus vantent le chaos anglais, blaguent sur la queen et ont l’air de parfait fanfarons. Le chanteur-batteur bâti comme une montagne se dandine derrière sa batterie dans une danse frénétique. Ca tape, ça hurle. En résumé un concentré de chahut entêtant qui ne nous lâchera pas les tripes pendant près d’une heure. Ultra rafraîchissant sous cette canicule. Une nouvelle prestation rock plus qu’aboutie.

Petite pause repos devant le reggaeman de l’étape, Damian Marley. On ne reste pas très longtemps pour aller voir un autre phénomène rock, les Eagles Of Death Metal emmenés par le très moustachu Jesse Hugues. Entre garage rock du Sud Est américain et stoner, le groupe vous envoie le pâté en pleine tronche. Les riffs vintages et la batterie percutante vous font smatcher le popotin. On a l’impression d’être devant un super groupe planétaire à la vue du show ultra-punchy bourré de hits. Le public se marre devant la prestation avec un grand P des hurluberlus. Ca swing dans tous les sens et les femmes sont contentes. Mention spéciale aux géniaux « I Want You So Hard » qui fait voler des soutifs dans le public et à ce duel de guitares dans les dernières minutes du live.


Pendant ce temps-là sur la plage, les ricains de Run The Jewels sont au rendez-vous face à un public nombreux. El P donne tout, possède un flow et une présence scénique incroyable, Killer Mike l’accompagne brillamment tout comme le Dj. Le public vibre et pogote sur leur rap unique, croisement d’esprit hip hop et d’énergie punk, c’est jouissif et puissant.

Ensuite notre cœur balance entre le blues des Alabama Shakes et le hip-hop futuriste de Die Antwoord (vidéo ci-dessous). On se dirige d’abord vers la grande scène pour voir le show des Sud-Africains. Véritable fous furieux sur scène, l’idole-sexy Yo-Landi Vi$$er et le grands dadet Ninja mixent rap, rave et électro dans un furieux bouillon de cultures. Le white trash est ultra-présent, les clips du groupe ultra-flippants. On reste scotché devant se show démesuré, super orchestré au court duquel on perçoit la raison de leur relatif succès, tout en notant le coté atypique de leur musique. Ce qui fait de Die Antwoord indéniablement un grand groupe. Et ce n’est pas mes 20000 voisins de public qui diront le contraire. Au grand dam des bluesmen d’Alabama Shakes…


Avant les derniers concerts, nous partons explorer le site pour découvrir un nouvel espace mis à la disposition des festivaliers, où l’on peut trouver bière de qualité et espace détente pour nous, jeunes trentenaires qui commençont à avoir bien besoin de repos. D’ailleurs la moyenne d’âge des gens autour de nous ne descend guère sous les 30 ans. Les teenagers n’ont pas besoin de ça, eux !!!

Ensuite direction la Loggia pour voir le groupe Electric Wizzard qui fait la première partie de la tête d’affiche du week-end, Sting ! Alors pas sûr que le show des métaleux lui ai plu. Pendant que les familles attendent le show de l’ancien de The Police, c’est plutôt du côté de Black Sabbath et du doom métal qu’il faut chercher. Les anglais vont défricher la plaine à coups de grandes envolées métalliques sombres, histoire d’égayer la fin de festival. Le son est lourd, massif. Les chevelures de sortie. Etant un gros fan de métal, genre hélas de moins en moins représenté aux Eurocks, je biche.

Apres cette boucherie, on s’extirpe avec grand mal de l’espace de la grande scène pour aller voir le phénomène électronique australien Flume. Le jeune producteur adulé par ses contemporains, va illuminer la dernière nuit belfortaine. Le public s’est amassé devant la scène de la plage qui devant la musique de l’artiste nous rappelle combien ce spot est certainement une des plus beaux du monde. Les productions hédonistes autour de boucles lumineuses clôtureront ce caniculaire festival qui une nouvelle fois s’est montré à la hauteur de sa réputation. Y’a pu qu’à rentrer chez soi en attendant la programmation 2016 de ce toujours impeccable festival.

Par Triple 0 et Sebastien Forveille