Starwax magazine

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REPORT / UN ÉTÉ 2015 EN<br/>MUSIQUE DE SÈTE À NÎMES

REPORT / UN ÉTÉ 2015 EN
MUSIQUE DE SÈTE À NÎMES

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L’été est, pour beaucoup de monde, synonyme de vacances mais aussi de festivals de musique. Dans ce domaine le Languedoc-Roussillon propose une pléthore d’événements musicaux, souvent d’excellente qualité. Voici une sélection non exhaustive de l’offre estivale d’une région qui dans le cadre de la réforme territoriale, devrait fusionner avec la région Midi-Pyrénées.


Dans cette partie de la France les festivités commencent tôt avec un « petit nouveau » : This Is Not Love Song (prononcez TINALS) qui, organisé par la Smac Paloma de Nîmes, propose depuis trois ans fin mai une programmation alléchante et pointue. C’est donc un plaisir d’aller y découvrir des nouveautés, comme l’électro-pop de Shamir, le terrible duo de Nottingham, ou encore Sleaford Mods crachant un rap brutal rappelant la folle voix de Johnny Rotten des Sex Pistols. Ces trois soirées affichent aussi des « grands noms » comme Thurston Moore des Sonic Youth, The Divine Comedy, Ariel Pink ou encore Caribou. Mais personnellement le plaisir est ailleurs grâce au dernier concert du vendredi soir de The Oh Sees. Ils déclenchent très vite un bon pogo dans la salle avec leur punk garage psyché totalement novateur. Le plaisir est également au rendez vous en découvrant la pop californienne très 60’s des Allah-las clôturant ce TINALS 2015 en beauté.

Ca y est le mois de juin est là ! L’été débuté avec la fête de la musique montpelliéraine qui est toujours un excellent moment avec un vaste choix de prestations. Mais le gros reste à venir, après un passage aux excellentes Eurockéennes de Belfort, me voilà de retour à Sète. Surprise je suis logé à l’auberge de jeunesse située rue de Belfort ! Désormais il c’est l’heure du Gilles Peterson Worldwide Festival et cette année c’est les dix ans. Le programme est toujours aussi chargé. Ca débute, l’après-midi, sur la plage ensoleillée du Lido où les Djs font danser la foule qui alterne entre danse sur le dancefloor, baignade, bronzette, picole et autres substances illicites. Les Djs sets d’Emile Omar, le programmateur de radio Nova, et Hugo Mendes sont excellent tout comme ceux de Simbad, Osunlade et Gilles Peterson le dimanche après-midi. Le Worldwide c’est aussi trois soirées de rêve dans l’enceinte du Théâtre de la mer : le mardi 7 juillet sera l’un des grands moments de cette édition avec les pionniers du dubstep Mala, Coki, et Loefah célébrant les dix ans de leur label DMZ avec des musiques dansantes, bizarroïdes à souhait et poussant le public dans un état de transe extatique.

Le lendemain soir, c’est une toute autre ambiance avec le pianiste de bossa jazz brésilien Ed Motta. Il est même rejoint par le mythique Roy Ayers pour quelques morceaux d’anthologie, moment classé par Gilles Peterson comme l’un des plus beaux de sa vie ! La suite de la soirée est aussi très jouissive avec une Japan Night de minuit à 3h mais la fatigue a raison de moi…

Le jeudi 9 juillet annonce encore une grande soirée. Je me rends au Pont du Gard cette fois pour le festival Live au Pont, lui aussi petit nouveau, afin d’assister au concert des mythiques Cypress Hill que je ne me lasse pas d’aller voir depuis 1994. Plus de vingt plus tard, la formule est exactement la même ou presque cependant le public, toujours présent en masse, se renouvelle. Les jeunes d’aujourd’hui adhèrent également. Le cadre est, là, aussi magique. La scène faisant face au majestueux édifice. La foule s’agite sur leur rap puissant et diabolique. Tout est bon, B-Real allume un gros spliff et les tubes défilent : Dr Greenthumb, Insane in the Brain, Latin Lingo… Cypress Hill (en photo ci-dessous) clôture avec un titre qui, à mon grand regret, ne génère pas en un énorme pogo. A suivre puisque 2016 annonce les 25 ans du groupe, alors soyez là notamment à Amsterdam.

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Ouf, après tout ça je suis encore en vie ! Heureusement car les festivités ne s’arrêtent jamais. Cette fois j’ai rendez-vous dans une salle d’un petit bar de Montpellier, le Blackout, car les Pharcyde sont là. C’est évidemment rempli et il fait au moins 40 degrés, voir photo ci-dessous. Tous les vétérans du hip hop montpelliérain sont présents. On ne se lasse pas d’entendre des classiques comme Runnin’, Pack The Pipe… La surprise est que le groupe de base est séparé et qu’il y a dorénavant deux formations de The Pharcyde en circulation, profitons-en !

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Allez ! Je repars à Sète, le temps d’une petite parenthèse, au festival de poésie Voix Vives qui se déroule du 24 juillet au 1er août dans toute la ville. Le concert d’Akhenaton, finalement accompagné de tout le groupe IAM, sera ma sucrerie !


La première semaine d’août s’achève et c’est maintenant l’heure de la 19ème édition du festival Fiest’A Sète. J’aurais la joie d’assister à une soirée d’anthologie, dans le cadre enchanteur du Théâtre de la Mer, en compagnie de deux génies : Mulatu Astatke et Mahmoud Ahmed. La musique est autant belle qu’étrange. Chaque groupe présente deux facettes musicales différentes. Plutôt éthio-jazz et même hip hop pour Mulatu Astatke puisqu’il est accompagné d’un très bon Mc. Mahmoud Ahmed quant à lui balance une musique éthiopienne teintée de soul et de rock. Il est accompagné par les bretons du Badume’s Band. À 70 ans passé, ces deux grands artistes ont encore bel et bien la forme, toujours prêts pour nous faire voyager. Le vendredi 7 août c’est au tour, d’une autre légende, Tony Allen. Ce pionner de l’afrobeat, qui fut le batteur de Fela de 1964 à 1980, présente avec ses musiciens une musique combinant afrobeat, jazz, rock et funk. Le public est en transe et Tony Allen nous dit simplement « merci beaucoup ». Merci également à toi Tony (photo ci-dessous). Puis c’est au tour d’Orlando Julius accompagné par les excellents Héliocentrics. Là encore, cet incroyable musicien nigérian ayant inspiré Fela et James Brown joue une musique qui n’a plus de frontières, passant du saxophone à l’orgue Farfisa, il envoute l’audience.

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Cette saison musicale dans L’île Singulière se termine le 15 août avec une surprise. La première édition de Dublights qui propose là aussi un beau plateau musical. En photo ci-dessus, les excellents stéphanois de l’Entourloop ouvrent ce bal reggae, ragga, hip hop accompagnés par Troy Berkley au microphone (rappelez-vous le Mc sur la production de Krak In Dud sur la compile Star Wax X Posca Vol.1). Biga Ranx prend la relève et captive également le public du Théâtre de la Mer. En guise de conclusion c’est l’écossaise, d’origine indienne, Soom T qui, accompagnée de son Dj, relève le défi de jouer devant un public chaud mais bien sage finalement. Cerise sur le gâteau elle fera quelques titres avec Troy Berkley et, comme pour boucler la boucle de cet été 2015, elle surprendra tout le monde avec sa version de « Insane in the Brain » et d’«I Want to get High » des superstars Cypress Hill. Tout est dit !

Texte et photos par Triple O

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