Starwax magazine

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REPORT / CABARET VERT 2013

REPORT / CABARET VERT 2013

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Après un long trajet Montpellier-Paris-Reims-Charleville et avoir monté ma tente, me voilà sur le site ardennais très bien aménagé du festival à proximité de la gare et du camping. Bienvenue au Cabaret Vert, qui se déroule chaque fin août et que je découvre pour la première fois. L’affiche de cette neuvième édition est particulièrement alléchante avec notamment trois des mes groupes préférés : le Wu-Tang clan, les Deftones et Major Lazer, le tiercé gagnant en quelque sorte!


Tout commence le jeudi avec les très bons Eels et leur rock original. Inclassables, en grande partie grâce à leur chanteur qui m’ évoque un croisement entre Elvis, Beck et Tom Waits. Un bon moment! Je me dirige vers l’autre scène pour écouter les anglais de Alt-J et leur pop électronique qui nous catapultent délicatement sur un nuage. Sur la grande scène, place aux génies, je veux parler des Deftones qui régalent le public de leurs fabuleux morceaux crées il y a bientôt vingt ans (interview de Deftones en direct du Cabaret vert ici). Du bonheur à l’état pur! J’assiste ensuite aux concerts d’Asap Rocky et Asaf Avidan de loin car j’attends mes super héros de cet été 2013 : Major Lazer (en photo ci-dessus)! Il est minuit et devant la scène Les Illuminations le (jeune) public est là, compact. Un déluge de basse et autres rythmes s’abat sur lui, le show est incroyable et l’ingénieux Diplo, se démultiplie accompagné de danseuses, d’un Mc et d’un Dj. L’ assistance est conquise, à revoir absolument. Amon Tobin conclut cette belle soirée et malgré le fait que je le vois pour la troisième fois cette année, je suis agréablement surpris car il a changé son set que je trouve encore un niveau au dessus. Il enchante nos conduits auditifs grâce à sa musique découpée au millimètre et totalement addictive, surtout en live. J’enchaine la journée du vendredi avec des vétérans du punk-hardcore new-yokais : Sick Of it All. C’est toujours aussi bon et leurs fans s’en donnent à cœur joie : gros pogo, circle pit sur une musique et une voix archi efficace. Dans le même esprit, c’est au tour de The Bronx, un groupe californien, de jouer leur punk-hardcore tout aussi excellent. Les deux groupes phares de la soirée débarquent ensuite. Les Lillois de Skip The Use qui réveillent la foule pour de bon, ils seront les meilleurs la dessus, avec leur electro-rock énergique et dansante. On sent que tout le monde s’éclate vraiment. The Offspring attire également un large public (dont je ne fais pas partie !!) car je préfère passer du bon temps sur la scène Sound System avec les Dj’s et rappeurs de Q huit. C’est le bordel sur scène autour de Gérard Baste des Svinkels, ça improvise jusqu’à devenir un beau n’importe quoi mais ça fait du bien d’entendre tous ces branleurs dont un freestyle mémorable de Gérard Baste « Les Bad Boys du cap D’Agde ». A découvrir absolument! C’est aussi une belle occasion d’entendre un peu de Beastie Boys sur ce festival et c’est tant mieux.

Le samedi promet encore une belle affiche avec notamment les Caos Locos pour le rap local, Royal Republic pour le rock suédois, Bomba Estereo pour la Colombie ainsi qu’Hanni el Khatib pour le reste du monde. Mais l’événement c’est le concert du Wu-Tang clan au complet (R.I.P ODB), ils sont bien là et assurent un live plutôt sobre devant un public étonnamment jeune. Rien à dire c’est toujours aussi efficace. Les voir en scotchera toujours plus d’un. Laissons Method Man dévoiler leurs ingrédients : le Wu c’est d’abord de l’herbe et secondo de l’énergie à profusion. A déplorer tout de même le manque de symbiose entre le groupe et son public. Quand aux Eurockéennes de Belfort, sur un titre aussi fou que « Gravel Pit », la foule était en délire cinq ans plutôt, ici ça ne prend pas visiblement! On ne gagne pas à tous les coups, dommage ! La soirée finit en trombe avec Gesafffelstein, les Bloddy Beetroots et Brodinski. Pour clôturer ces quatres jours de festival, un dimanche à nouveau ensoleillé qui suit la ligne directrice de cette programmation mêlant groove, rock, rap, électro et bonnes énergies. Je découvre avec émerveillement Valérie June, troubadour moderne idéale, j’aime beaucoup The Woodhunters et en particulier leur chanteuse et leur son groovy soul et je savoure des crêpes, attendant en retrait Keziah Jones. Sonne l’heure du rap rebel et conscient clamé par la surdouée Kenny Arkana, une parenthèse bienvenue dans une époque où la rage ne transpire plus dans la musique ni dans les concerts comme durant les 90′s.

Ca y est ,c’est fini, le Cabaret Vert, ce fut vraiment une belle découverte. L’ excellente programmation, le site très agréable tout autant que les petit-déjeuners bio du camping à 4euros en font un événement, qui accueille 75 000 visiteurs, à visiter. Le tarif de 5 euros pour la journée du dimanche incite les festivaliers à faire durer le plaisir et amène de la jeunesse. L’excellente organisation du Cabaret Vert permet d’offrir de la bonne musique dans une région un peu paumée, il faut bien l’avouer. Enfin un bel hommage à l’enfant terrible du pays, je veux parler d’Arthur Rimbaud (je vous recommande par ailleurs de lire « Rimbaud » d’ Edmund White). Alors bravo et peut-être à l’année prochaine, pour les dix ans du Cabaret !

Texte par Laurent Cachet / Photos Jp.Billaudel_DarkRoom