Starwax magazine

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REBAR INTERVIEW & EXCLUSIVE SWM40 PODCAST

REBAR INTERVIEW & EXCLUSIVE SWM40 PODCAST

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Rebar est un duo formé par Fumée Grise et Andreas Pionty, tous deux originaires de petits villages de l’est de l’Allemagne. Aujourd’hui, Fumée Grise vit à Berlin et Andreas Piontu à Dresde. Les deux artistes se sont rencontrés en 2010 à l’occasion d’un gig dans un club local. À l’époque, Fumée Grise jouait principalement de la house, alors qu’Andreas balançait plutôt de la techno. Entretien avec les fondateurs du label made of CONCRETE.

Qu’est-ce qui a été décisif pour vous ?
Fumée Grise : J’ai écouté de la musique électronique très jeune, même si c’était sûrement plus commercial à l’époque. Mes amis m’ont fait découvrir la scène plus intensément. Et à 18 ans j’ai eu ma première voiture, ce qui m’a permis de sortir en club. Je me suis tout naturellement passionné pour la musique techno.

Andreas Pionty : Pour moi tout a commencé avec mon grand frère. Il allait toujours à la Love Parade et aux soirées dans ma région natale. Nous écoutions toujours ses cassettes et minidisques. À partir de ce moment-là, j’étais sûr que je voulais évoluer et me réaliser dans cet univers. Très vite, j’ai eu l’opportunité de m’entraîner en utilisant mon propre équipement.


Comment êtes-vous devenus Djs et producteurs ?
Fumée Grise : Adolescent, je regardais pas mal les émissions « Love Parade » et « Mayday TV ». Ensuite, les soirées en club ont fait le reste. Après avoir économisé de l’argent, j’ai acheté ma première platine. J’ai toujours été fasciné par la musique. Durant mes études à l’université, j’ai réalisé pas mal de maquettes. La production musicale est venue après, avec le lancement du label. Pourtant, je ne me qualifierais pas de producteur et je pense plus à l’idée et au concept derrière la musique ou à ce que la musique devrait véhiculer.

Andreas Pionty : Comme mentionné précédemment, mon frère m’a fait découvrir la scène. Cela a donc commencé avec le Djing à la maison et, peu de temps après, avec mes premiers gigs dans des clubs. J’ai reçu beaucoup de soutien de la part de mes amis et de ma famille. Un grand merci à ma mère qui a acheté mes premières platines. Du côté de la production, j’ai commencé il y a quelques années, avec une sortie vinyle sur un petit label basé à Dresde. Ce fut, essentiellement, une collaboration avec un de mes amis. En ce qui concerne le projet Rebar, je suis plutôt le technicien.

Pouvez vous me présenter votre propre label ? Y a t-il une connexion avec les arts visuels ou académiques ?
Notre label s’appelle made of CONCRETE et nous sortons de la musique plutôt techno, dub techno et ambient. Nous ne nous rappelons pas vraiment comment nous avons choisi ce nom, mais nous avions eu l’idée du nom avant la création du label Concrete Rec. Nous avons également une connexion assez forte avec l’architecture, ce que vous pouvez remarquer dans nos visuels, mais aussi dans certains de nos titres. Aujourd’hui, nous avons quatorze sorties vinyles. La prochaine vient de notre ami Alek S. C’est son troisième Ep sur notre label, et il sortira juste à temps pour notre troisième anniversaire, en février 2018. Parallèlement, nous avons fait deux sorties au format digital. Nous voulons donner à nos artistes la plus grande liberté artistique possible, pour qu’ils montrent différents facettes de leurs musiques, au lieu de simplement lâcher les « A-sides ».

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Quelles sont vos influences majeures ?
Nous dirions que tout ce qui nous entoure est une source d’inspiration, car toutes les choses dans notre entourage ont un effet sur nous, que ce soit de manière consciente ou pas. Nous avons certainement des passions différentes, mais la plus grande que nous citerons est bien évidemment la musique et les villes dans lesquelles nous vivons ainsi que leur architecture.

Où se trouve votre studio ? Et quel genre de machines utilisez-vous ?
Notre studio est nulle part et partout. Nous n’avons pas de réel studio, ou nous pourrions alors l’appeler le laboratoire made of CONCRETE. Comme nous vivons tous les deux dans différentes villes et que nous sommes également amis avec notre associé Alek S, nous essayons de nous retrouver à Berlin, Dresde ou à Cottbus (la ville d’Alek S, Ndlr) le week-end en studio. Nous nous enfermons pendant deux ou trois jours et tout ce que nous faisons, c’est produire de la musique, écouter de la musique, parler de conneries et sortir dîner. Pour nous, cela ressemble toujours à une excursion scolaire. C’est la meilleure option pour s’amuser et pour finalement produire aussi de belles tracks. En général, nous travaillons sur Ableton, le synthétiseur microKORG, N-I Maschine et nous pratiquons bien sûr les fields recordings, pour capter une quantité de musiques et de sons naturels.

Quelles sont les villes que vous recommandez pour raver en Allemagne ?
Nous n’avons pas encore visité toutes les villes d’Allemagne, mais nous pensons que vous pouvez trouver de bons spots, que vous soyez à Berlin, Hambourg, Munich ou Leipzig. Ceci étant dit, notez que la scène à Dresde se développe vachement en ce moment et devient intéressante. Par exemple, en octobre, il y a eu le festival DAVE, un événement similaire à l’ADE mais à plus petite échelle. En termes de clubs, l’ « Objekt Klein a » a ouvert ses portes cette année et la programmation est vraiment sympa. De plus, son emplacement est top. Vous pouvez aussi aller au TBA Club où nous organisons nos propres événements. Nous avons organisé une « label night » le 22 décembre dernier avec pour invité Brian Sanhaji qui a fait un live modulaire de fou. L’année prochaine, le 26 janvier 2018, nous serons de retour avec nos soirées queer intitulées Körper. Donc, la prochaine fois que vous êtes à Dresde, en plus de visiter cette magnifique ville, profitez pleinement de sa vie nocturne et des disquaires tels que Fat Fenders.

Que représente le vinyle ? Quels sont vos labels et disquaires favoris ?
Le vinyle est le média qui a tout déclenché chez nous, côté Djing. Au début du projet Rebar, nous jouions souvent des CDJs, car notre style était plus varié. Et à dire vrai, les CDJs sont d’excellents outils lorsque vous voulez être plus flexible avec les genres de musique que vous souhaitez jouer. Aujourd’hui, nous jouons 100% vinyle, à partir du moment où les moyens techniques dans le club ne nous posent pas de problèmes, car nous avons tous deux les mêmes goûts musicaux.

Fumée Grise : Les derniers albums achetés étaient « Solo » et « Wintermusik » de Nils Frahm, rien de très dancefloor mais de la pure musique pour des journées d’hiver détendues et un peu mélancoliques chez soi. L’un des derniers Eps que j’ai découvert était « Failsafe 03 » de Developer. Je suis un très grand fan de ses productions. J’achète la plupart de mes vinyles au Hard Wax. J’adore leur sélection et je trouve exactement ce que j’aime. Je n’ai pas vraiment de label préféré. En ce moment, je joue beaucoup de morceaux de GKNSTR, Manhigh ou de Giegling. Running Back est aussi un label que j’apprécie fortement.

Andreas Pionty : Comme Jens, je n’ai pas vraiment de label préféré, je fonctionne généralement au feeling quand je cherche de nouveaux disques. J’aime jouer des disques des labels tels que Giegling, Tensal ou Stoboscopic Artefacts. Les disques que j’aime jouer, en ce moment, sont « Cabrera 06 » de Cadency et « Tone » d’Emmanuel Top sur Attack. Chez moi, vous trouverez aussi un disque de KVB. Mes disquaires préférés sont Fat Fenders à Dresde ou Fatplastics à Iéna. Et bien sûr, je ne refuserai jamais une visite chez Hard Wax.

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Y a t-il un artiste en particulier avec lequel vous souhaiteriez collaborer ?
Très bonne question Sabrina ! Il y a certainement des artistes que nous aimerions rencontrer lors d’un projet de production et discuter de leur inspiration ou de ce qu’ils aiment faire… Mais nous n’avons pas de collaboration spécifique en tête pour le moment. Nous pensons qu’une collaboration n’a de sens que lorsqu’elle se présente naturellement, lorsque nous apprécions les mêmes styles musicaux et que nous comprenons les points de vue de chacun sur la création musicale. Pour nous, ce sont des relations qui se font naturellement, et vous ne pouvez pas vraiment les forcer.

Quels sont vos projets ?
D’un côté, nous voulons absolument continuer de travailler sur notre label made of CONCRETE et organiser nos événements. Il en va de même pour notre projet de soirées Körper. En janvier 2018, nous lancerons notre label vinyle : Rebar. La première sortie comprend trois morceaux variés mais ayant le même thème.

Dites-moi les privilèges que vous donne le statut de Dj producteur ?
Le plus grand privilège pour nous est que nous pouvons rencontrer beaucoup d’artistes, rester derrière les platines et faire ce que nous aimons le plus. Une vie sans platines est, pour nous, inimaginable. Bien sûr, les avantages tels que d’être sur les guest lists et d’avoir des boissons gratuites sont agréables… Mais ce que nous avons mentionné premièrement est ce qui nous importe le plus.

Par Sabrina Bouzidi