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O’SISTERS / UNITY IS POWER

O’SISTERS / UNITY IS POWER

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Plus qu’un girls band, O’Sisters est un collectif international porté par Jenny Button. Fini de tourner seule, désormais, Jenny est sur scène et à la direction artistique de ce mouvement. Qu’il s’agisse de costume, de musique, de vidéo, d’arts plastiques… elles cultivent le DIY. Et en concrétisant l’album « Unity Is Power », récemment sorti chez X-Ray Records, puis déjà trois clips les Sisters posent de nouvelles pierres. Entretien avec Jenny Button.


Tu as une vision à 360 degrés pour O’Sisters. Arrives-tu à déléguer et y a-t-il des décisions collégiales ?
O’sisters est un collectif de femmes pleines de talents qui viennent du monde entier et qui ont une forte envie de s’exprimer grâce à leurs voix, leurs mouvements, leurs arts réunis pour le même but : Unity Is Power. S’entraider, se soutenir et surtout chacune devient l’ambassadrice de son message positif, dans sa langue respective. Du coup chacune a un rôle hyper important dans le projet, je ne fais qu’orchestrer tout cela.

Peux-tu nous partager ce que tu as découvert en cherchant sur le pouvoir des fréquences ?
Oui effectivement j’ai étudié le pouvoir des fréquences sur les éléments, comme sur l’eau, comment créer de l’énergie over unity et aussi comment se soigner par résonance grâce aux EMF. Cela m’a beaucoup aidée à réaliser que tout n’est que vibrations, énergies et fréquences, donc, que notre rôle en tant que musicien ou chanteur est beaucoup plus important et impactant que l’on croit, la musique agit sur nos cellules, et résonne avec notre âme. Nous avons donc utilisé le plus possible d’éléments musicaux organiques, avec un rythme très cardiaque, et certaines fois même le pitch 432 originel. Et aussi de rester assez minimaliste et nous sommes allées chercher dans les tribus anciennes quelques influences aussi. “ Moussolou ” par exemple est en fait un chant d’incantation qui vient de rituels anciens.

À plusieurs reprises des journalistes ont dit que vous aviez des tenues psychédéliques ! Ça me fait plutôt penser aux prisonniers américains…
Oui effectivement tu as complètement raison, cela est influencé par “ O’Brother ” le film, donc des tenues de prisonnier à l’époque de l’esclavage, quand sont nés le blues et la soul music. Cela signifie que malgré les forces qui veulent nous rendre esclaves, notre message de liberté seras toujours plus fort que n’importe quelles barrières physiques. Mais surtout, ces lignes noires et blanches sont là pour représenter la dualité, la polarité qui font partie des lois universelles hermétiques, chaud/froid, ying/yang, darkness/light, homme/femme, nous cherchons l’équilibre des forces pour atteindre l’harmonie.

O’Sisters fédère une trentaine d’artistes. Comment faites-vous pour composer, enregistrer et surtout répéter ?
Oui effectivement nous sommes de plus en plus nombreuses. Et nous venons de différents pays donc oui nous avons besoin d’une certaine organisation, mais internet nous offre toutes les possibilités de partager cela, du moins pour une grande partie des échanges. Mais tout a commencé à NYC, il y a deux ans, avec Ajada, Jordan, Lena Soul, d’autres sisters et moi-même Jenny ! Nous avons fait de longues sessions dans des studios à Time Square, des heures d’écriture dans les apparts. Il y a eu pleins de fous rires et surtout nous avons partagé la même excitation, comme si nous attendions toutes un tel projet depuis des années ! L’énergie était tellement éclatante que l’univers nous a amené des sisters de la terre entière. Nous avons reçu des requêtes et un tel intérêt que c’est parti de là, nous avions lancé un “ mouvement ”.

Y a-t-il des asiatiques dans le collectif et allons-nous vous voir un jour à trente sur scène ?
Oui nous avons des sisters en Inde ! Oui cela serait incroyable et demanderait une logistique extraordinaire, mais rêver c’est gratuit (rires). Cependant leur présence physique n’est pas forcément nécessaire, car nous portons nos sisters avec nous sur scène, nous chantons leurs morceaux, nous exprimons leurs messages, leurs âmes sont avec nous et leurs sonorités aussi, donc en attendant ce jour complètement magique où nous serions toutes réunies, nous essayons de fabriquer cette magie avec les sisters présentes.

Quel matériel as-tu utilisé pour créer cet Lp ?
Nous utilisons à 97% des éléments sonores naturels, pour être le plus organique possible, cela permet aussi de superposer des instruments traditionnels de différents pays. Donc très peu de VST (Virtual instruments) et l’ordinateur sert juste de multipiste pour réunir le tout.

L’album comporte principalement des beats up tempo, ça respire la bonne énergie festive. De quoi parlent les textes de “ Moussolou ” ? (Clip ci-dessous).
Oui effectivement, ce projet a été aussi développé en pensant au live, du coup nous avons choisi la festivité en imaginant les gens avec des gros smiles devant nous et plein d’amour partagé. Sinon Moussolou signifie une femme forte en wolof, les femmes qui sont sur tous les fronts, les femmes qui font un million de choses par jour pour les autres. C’est un message d’amour et de soutien à toutes les femmes d’Afrique.


Vous avez fait un clip en Afrique pour ce titre. Où êtes-vous allées ?
À Dakar, au Sénégal.

Et est-ce ton premier séjour là-bas et qu’as-tu appris de ce voyage ?
Oui c’était la première fois que j’allais au Sénégal, j’ai adoré ! On était en shooting constant pour le clip, ce qui nous a fait rencontrer plein d’artistes mais pas que ! Nous étions en tenue non-stop du coup les regards et les réactions des autres étaient assez surprenantes ! Mais que du love, c’était magnifique ! Très beaux moments !

De quoi parlent les textes de “ Sient Lo ”, en générale il y a un message, une idée politique ?
Oui c’est un titre des sisters La Perla Bogota qui s’appelle “ Goyabo ”, à la base. Un titre très politique justement, avec un clip très dur. Cela parle des morts à Bogota, ville où il y a trop de criminalité. Les maisons et les rues sont en feu, cela doit cesser. C’est un message qui vient du coeur de nos trois sisters de Bogota que je vous invite à écouter.

Pourquoi “ Climate Change ” n’est pas sur le Lp ?
Ce titre rentre dans le projet “ En3ria & S3nY ” qui parle des feux de forêt partout dans le monde, du changement climatique, des mers de plastique… Un Ep qui a été très dur à réaliser car j’ai dû regarder toutes ses images pendant des jours afin d’en faire un montage pour nos clips, un moment hyper éprouvant car on sait que c’est notre réalité. Mais voilà, cet Ep est un projet dans ce projet, du coup c’est pas du tout le même thème ou la même intention que l’album qui est ultra positif et plus festif.

À propos de climat, as-tu entendu parler de l’action Street Art Rebellion, à l’origine d’un groupe de femmes de Montreuil ?
Non je ne connais pas. Ça me semble intéressant, j’irai voir, merci pour l’info.

À propos de street art, ça fait un moment que tu n’as rien présenté, finalement la voiture désignée pour « Girlz Are From Venus », clip ci-dessous, c’est ta dernière création ?
Oui (rires) on s’est quand même bien marré, en plein été lockdown, privé de notre tournée de 30 dates, notamment au Glastonbury et le Boom Festival, Rhhhh… Du coup ça a permis de se lâcher un peu quand même et de se retrouver avec les sisters. C’est un bol d’air frais ce clip !

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Toujours à propos de “ Girlz are From Venus ” : penses-tu qu’il y a une réelle différence entre les femmes et les hommes ou n’y a-t-il pas de différence entre chaque humain ? Y a-t-il que les femmes qui veulent être aimées et que les hommes qui veulent être utiles ? J’ai envie d’être à la fois utile et aimer, alors je viens de Venus et Mars ? (rires).
(rires!). Pour répondre sérieusement à la question, nous ne cherchons en aucun cas à nous diviser car nous pensons que chacun de nous a une part féminine et masculine. Et, encore une fois, nous cherchons l’équilibre entre les forces de la polarité. Mais pour le clip, et pour Venus, je viens d’une planète encore plus lointaine (rires ). Et ne t’inquiète pas mon Cocosh, tu seras toujours utile, aimé et bien plus encore (rires).

Aujourd’hui nous sommes au summum des divergences d’idées et ça multiplie les communautés en tout genre, entre les féministes, les geeks (rires) et j’en passe… Finalement il y a un tas de guerres de chapelles. Ne penses-tu pas que ça divise et qu’il y a surtout une préoccupation majeure et commune : le respect de la nature, les humains qui en font partie… Qu’en dis-tu ?
Tu sais il y a beaucoup de “ contrôle d’opinions ” pour nous amener dans “leur programme” du 1% de la population qui nous dirige. Donc ça laisse une impression de division mais comme tu le dis, c’est tellement logique qu’il faut que nous adoptions une autre façon de vivre et de consommer hyper rapidement. Nous allons vers un suicide collectif si l’on ne fait rien pour notre environnement. Ce qui est sûr, c’est que nous sommes tous responsables de nos situations ce qui signifie que nous avons un très grand pouvoir sur tout. Agissons ensemble !

Avec l’industrialisation galopante et destructrice, le passage à la 5G… Nous sommes d’accord sur l’importance de se rapprocher de la nature et de mutualiser les ressources…
Je crois même que c’est la seule solution possible si l’on ne veut pas rentrer dans la frénésie technologique et du traçage, c’est de se réorganiser en communauté pour pouvoir survivre, dans le partage des ressources. Si je fais pousser des tomates en échange tu me donneras des radis par exemple. Retournons à l’entraide et aux choses simples, je ne vois pas vraiment d’autres solutions. Justement on s’organise proche de la nature pour la suite !

O’Sister est-il affilié à une ONG, par exemple ?
Oui pour l’Ep de « En3ria and S3Ny » nous étions en partenariat avec des pépinières, pour un Ep acheté, un arbre planté. Et pour l’album on est en train de voir cela aussi mais cette fois la volonté est d’aider les femmes maltraitées.

Et dans ton alimentation ou produits cosmétiques as-tu une démarche particulière ?
Je suis végan, je mange sans gluten et uniquement des produits locaux. Le seul produit que j’utilise pour ma peau c’est l’huile de coco, aucuns produits javellisant, pas de shampooing ou gel douche. J’évite tout emballage plastique et je trie au max, composte, etc. Finalement rien de spécial mais j’essaie juste de faire attention. Je suis sur un projet de maison entièrement écologique aussi, toilette sèche et douche à eau recyclée, panneaux solaires… On essaie comme on peut.

Sinon quelles sont tes dernières découvertes musicales ?
Notre sister Joyeeta ! Grosse claque ! La meilleure joueuse de sitar ever ! Elle sera avec nous sur nos prochaines dates et sur l’Ep. C’est vraiment impressionnant en live ! Je me concentre surtout sur les talents féminins en ce moment…

Je crois que tu es une boulimique de musique mais aussi de films ?
Oui effectivement j’écoute beaucoup de musique mais je regarde aussi pas mal de films indépendants français car malheureusement, pour moi, le cinéma américain est pas mal plombé de mauvaises vibes…

Es-tu encore attachée au vinyle et “ Unity is Power ” est-il dispo en vinyle ?
Le souci du vinyle, même si j’adore l’objet, c’est qu’il ne correspond pas à notre vision de défense de l’environnement car même si pour nous c’est un objet de collection et de valeur, ça fait quand même plus de plastique non dégradable pour la planète.

Selon toi, y a-t-il quelque chose au goût d’inachevé dans l’œuvre de O’Sister ?
Laissez-nous rejouer !!! And the sky will be the limit ! Mais oui j’ai des idées pour pousser le projet plus loin, bien sûr.

Un dernier mot ?
Gardez les yeux ouverts et suivez votre intuition, nous sommes tous des êtres multi dimensionnels nés pour être libres, ne vous laissez pas avoir par la peur ! F.E.A.R pour Fake Event Apparing Real, gardez la tête sur les épaules et soyez heureux ! Les hautes vibrations ne sont pas inatteignables ! Plein d’amour à toutes et à tous !

Par Dj Coshmar / Photos (D.R.)