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IL ETAIT UNE FOIS / MODERN FESTIVAL#1 REPORT

IL ETAIT UNE FOIS / MODERN FESTIVAL#1 REPORT

Posté le

Il était une fois. Normalement, après cette expression se narre une histoire que l’on suppose belle. L’expression accueille le lecteur dans un univers idéalisé en lumière et en musique. N’oublions pas que Star Wax Magazine parle de musique sous tous ses pourtours. N’imaginez pas que ce présent article évoquera des dessins animés, de la science-fiction ou des jeux de rôle, hein ! Cette locution est une introduction à l’univers du spectacle. Ici, il n’est rien.

Jusqu’ici, tout va bien.
Rien qu’à la lecture de cette fameuse réplique de cinéma, vous avez le réflexe d’imaginer que quelque chose d’inattendu se produira, que quelque chose ne correspondant pas au scénario se jouera, que quelque chose va merder, appelons un chat un chat.

Pas de storytelling
La chute la voici : vol, abus de confiance, mépris du public, à l’initiative du créateur d’un festival de musique électronique, lors de sa première édition. Cela se passe en fin de soirée au moment de partir.

À ce moment, le festivalier est normalement empli de bons sentiments. Se réunir entre amis, s’offrir une soirée avec son budget billet + déplacement + bar, vivre l’instant présent, lumière, déco, musique, rencontres, expériences… Tout ceci est un cadeau qui a un coût. Au moment du départ, s’organise la poursuite de bons sentiments : continuer la fête selon ses aspirations ou se poser tranquillement, tout en ayant en tête pleins d’évocations de cette soirée.

Avant cela, passage au vestiaire, et aussi se débarrasser de la monnaie éphémère du festival nommée token. La queue commence. Et le créateur du Modern Festival annonce qu’il n’y aura pas d’échange des tokens contre des euros. Où est-ce indiqué ? Nulle part. Personne ne comprend cela. Le ton monte du côté de l’organisation. Incompréhension totale. Arno Gonzales argumente à tort et à travers, incohérence dans ses propos. Son premier argument : il paye cher les artistes, il annonce le budget de 200 000 euros qui n’est pas à l’équilibre, il parle d’un trou dans la caisse. Une festivalière, qui se présente en disant qu’elle est elle-même commerçante, réfute son argument, en disant que faire des tarifs à la tête du client est inadmissible, et que sa comptabilité n’est pas improvisée. Elle poursuit en disant que les festivaliers ne sont pas responsables des montants des cachets et, enfin, que le prix de nos billets d’entrée sert justement à payer les cachets.
Défaut d’information. Encore une fois, où est-ce indiqué ? Nulle part sur la liste des prix des consommations. Il continue son argumentation tortueuse, qui devient douteuse, en disant que personne n’est à 4 ou 6 euros près. Il n’écoute plus personne, part en vrille. Tension inadmissible dans un contexte de fête et de détente. Les visages des bénévoles sont tendus. J’entends une bénévole s’adresser au créateur du festival : « Reste dans le bureau, sinon tu vas t’en prendre plein la gueule ». Étrange.

Pour le ticket d’entrée, il fallait compter entre 27 et 30 euros quand même. Si le festivalier perd en plus des tokens, pour certains, la note revient à 34 ou 35 euros et, avec l’amertume, de la mauvaise foi, des engueulades au moment du départ. Pas terrible comme note finale.

Modern Festival pas très moderne
Fonctionnement d’autant plus étrange que des solutions de paiement des consommations sans monnaie (cashless) font désormais partie intégrante de tout bon festival. Le client rempli en amont ou sur place un porte-monnaie électronique. Et au moment de la tournée au bar, il suffit de présenter son smartphone ou un bracelet électronique. Si, au moment de son départ de la soirée, il reste quelques euros dans le porte-monnaie, le festivalier les récupère tranquillement, sans avoir à batailler, quand il le veut via le site gestionnaire du e-porte-monnaie.

Autrement dit, se pose la question concernant le Modern Festival : le non remboursement était-il fomenté dès le départ ?

Loin de moi l’idée d’écrire un article de la sorte. L’idée réjouissante était d’évoquer l’artistique, les lieux, le décor, les musiques et artistes. Parce que le rédacteur en chef de Star Wax Magazine et moi-même sommes d’accord sur le fait d’évoquer aussi l’organisation de tels événements, la logistique, les moyens tant humains que financiers, j’oriente donc ainsi mon propos sur l’accueil dans sa globalité du festivalier. Le festivalier qui fait vivre les soirées et les événements, selon leur envergure. Le festivalier qui est client, ne l’oublions pas.

Par souci de transparence et avec diplomatie, j’appelle Arno Gonzales pour lui dire quelle sera la thématique de mon reportage, alors qu’il était tout à fait ravi de savoir qu’un écrit relayera mes ressentis artistiques. Il augurait même « un long partenariat » , selon l’expression de l’organisateur ! Au téléphone, dès que je lui ai donné la couleur réelle, s’en est suivie une réaction sur le mode punchline : « On a fait 20 000 euros de pertes… On t’a bien reçu…. » Et le ton est monté avec des injonctions du genre : « Tu vas m’écouter ».

Voilà, la messe est dite. La décision de faire encore payer le festivalier, faire porter le poids de sa mauvaise gestion de prévisionnel, du fait que la jauge n’était pas pleine, oser mélanger budget et communication, céder à la panique, négliger l’image du travail de toute une équipe, conclure une conversation téléphonique en engueulant un (soi-disant) partenaire communication et en raccrochant brutalement, en sommant de l’écouter, cela tourne au ridicule.

702_modernfestival1-02
Modernton
L’heure est à l’organisation d’un Modernton : faire appel aux généreux donateurs. Euh, vous acceptez des tokens ?

Il était une fois.
Effectivement, il n’y aura bien qu’une seule fois.

Par Ambidextre