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MIXTAPELOGIE / EPEE HERVE DINGONG

MIXTAPELOGIE / EPEE HERVE DINGONG

éditeurDa Brazza Editions

MIXTAPELOGIE / EPEE HERVE DINGONG

Les moins de vingt ans n’ont pas connu l’époque où la cassette était le médium pour écouter de la musique et faire le buzz. Évidement les ados des années 80 et 90 ont été marqués par la mixtape. Celle qui permettait de booster la notoriété d’un Dj puis, un peu plus tard, par la même occasion, celle des rappeurs en devenir. Le phénomène coïncide avec le changement du mode d’écoute de la musique. À partir des années 70, l’industrie de l’enceinte évolue, la miniaturisation puis la boombox apparaissent. Cette période est aussi symbolisée par le début de la culture clubbing. L’histoire de la mixtape est aussi étroitement liée aux balbutiements du hip-hop, dans le Bronx, à Nyc, au mitan des années 70. Les premières traces sont les mixs des Djs, enregistrés en live et appelés « party tapes ». Elles sont initiées par Grandmaster Flash, Dj Breakout, Dj Kool Herc, Dj AJ, L Brothers, Dj Red Alert, Tapemasta du Cold Crush Crew, Kid Capri, Starchild… Puis de nombreux Djs, au delà même de Nyc, hériteront de ces derniers. Avant l’avènement d’Internet, la mixtape physique a vécu bien des évolutions. C’est ce que raconte Epée Hervé Dingong, journaliste freelance parisien spécialiste de hip-hop, en 150 pages. « Mixtapelogie » retrace habilement les nombreuses spécificités qui ont permises aux Djs de se différencier de leurs prédécesseurs. L’auteur évoque donc le concept de blend qui, à l’initiative de Ron G, consiste à mélanger un a cappella et un beat. Doo Wop puis Tony Touch ont développé les freestyles inédits enregistrés sur bande. Dj Clue ou Mister Cee, quant à eux, ont été reconnus grâce à leurs mixtapes de type best of… Le buzz est tel que certains extraits ont même été pressés sur vinyle. Le travail de recherche d’Hervé est consistant. Il n’oublie pas de parler des Mixtape Awards, fondés en 1995 par Justo Faison. Et il consacre une quarantaine de pages aux « females Djs ». Dj Wanda Dee est identifiée officiellement, en 1984, dans le film « Beat Street ». En revanche Dj Jazzy Joyce, aussi originaire du Bronx, a débuté selon l’auteur en 1981. Toujours active aujourd’hui, elle est devenue une légende. Ces exemples attestent que les femmes se manifestent en tant que Dj depuis bien des décennies. Dj Lazy K, en photo ci-dessous, est un autre exemple… Malgré la naissance du Cd en 1982, la mixtape a perduré dans les années 90. Le format Cd est devenu aussi un phénomène, au point de faire de l’ombre aux majors. Un autre bout d’histoire, celui du profit et des droits d’auteur, est également traité en fin de livre, mais de manière un peu brève. Certes il n’est pas facile de récolter des témoignages sur un sujet qui fâche. Néanmoins l’ouvrage, agrémenté de photos et de visuels, est bien cousu. Un petit bémol cependant car « Mixtapelogie » parle uniquement de l’histoire de la mixtape aux Usa. Mais Epée Hervé Dingong a peut être déjà prévu une suite. Il faut savoir que la maison d’édition De Brazza a déjà sorti « L’Odyssée de la Mix-Tape », un ouvrage qui répertorie en images la majorité des tapes sorties en France. « Mixtapelogie » est certifié fat par Star Wax !

Par Dj Coshmar

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