Starwax magazine

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newsseptembre-2018

MICHAL JABLONSKI / INTERVIEW

MICHAL JABLONSKI / INTERVIEW

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En Pologne, depuis une dizaine années, la scène techno est en plein essor. Varsovie et Cracovie font étonnamment partie des meilleures destinations européennes pour raver. Parmi les producteurs polonais connus il y a notamment Michal Wolski, Blazej Malinowski ou Vertical Spectrum… ainsi qu’un talent prometteur du nom de Michal Jablonski. Nous l’avons rencontré lors de son passage au Baby Club, à Marseille.


Quel a été l’élément musical déterminant ?
L’élément-clé a été ma toute première fois dans un club. Mes amis m’y avaient emmené pour mes quatorze ans. L’atmosphère du club m’avait immédiatement hypnotisé. J’étais très impatient d’y retourner. Cette expérience était totalement inimaginable pour un enfant de quatorze ans. Pendant que les autres enfants étaient excités à l’idée de jouer au football le week-end, moi je n’avais qu’une chose en tête, c’était de retourner en club. L’image que peut représenter un Dj m’a immédiatement fasciné. J’ai commencé à jouer chez un de mes amis qui était le seul à posséder des platines. Malheureusement, à cette époque, je ne pouvais pas m’offrir des platines, du coup j’ai revendu tous les vinyles que je possédais. Chose que je regrette profondément aujourd’hui. Je me suis concentré sur la production et j’ai rapidement commencé à jouer en live.

Quelles machines utilises-tu pour jouer et produire ?
Depuis le début j’utilise des logiciels, à commencer par Fruity Loops, mais je suis rapidement passé à Ableton Live qui est, à mon avis, plus intuitif. Il offre plus de possibilités afin de transformer chaque track en un outil pour une performance live. Par la suite, j’ai commencé à investir dans du hardware. Actuellement, toutes mes productions sont créées avec Ableton Live, un support d’effets de guitare, Bass Big Muff et Boss DS-1. Que ce soit sur scène ou en studio, j’utilise le même matériel : Ableton Live, interface audio MOTU, Ableton Push et le Bit Stream 3x que je considère personnellement comme le meilleur controller au monde.

Pourquoi préfères-tu le live ?
Le live permet de me donner à 100% au public. J’aime tester mes nouvelles tracks et voir la réaction du public. Je considère également que chaque performance est perçue comme un challenge. Il n’y a pas de meilleur sentiment que de jouer la musique de ma composition et de voir que les gens aiment.

Pourquoi es-tu si attiré par la techno dark ? Quelles sont tes sources d’inspiration ?
La techno dark est un terme délicat. Je ne suis pas fan d’une telle étiquette. En ce qui concerne la musique que je produis et que je joue maintenant, elle ressemble à celle des clubs de Varsovie dont je me souviens. À l’époque, les salles de cette capitale étaient sales, sombres et proposaient de la musique lourde. Les musiques de films m’inspirent beaucoup.

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Peux-tu nous parler de la scène polonaise, de ses acteurs majeurs ?
Le 1500m2 était un superbe club. C’était une ancienne imprimerie. Pareil pour le Klub M25 mais, malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin. Les deux clubs sont depuis fermés et c’est bien dommage car ils étaient mes spots favoris en Pologne. Aujourd’hui, les festivals gagnent de plus en plus en popularité ici, et je trouve ça génial. Mon festival préféré de ces neuf dernières années est l’Up To Date, qui se déroule à Bialystok. C’est un festival qui éduque le public et à chaque fois que j’y suis allé, j’ai découvert des nouveautés. C’est aussi un endroit où je peux écouter mes artistes préférés. Selon moi, les promoteurs les plus intéressants sont SLAP et Up To Date.

Aujourd’hui on décrit Varsovie comme le nouveau Berlin…
Qui a écrit ça ? Je ne suis pas d’accord. Les clubs, le public et la mentalité sont totalement différents.

Peux-tu décrire le public polonais ?
Le public polonais s’améliore. Toutefois, il n’est pas encore trop exigeant. Les Djs célèbres sont encore les plus attendus. De plus en plus d’initiatives éducatives musicales apparaissent, et les gens semblent l’apprécier. C’est bon signe.

Quels sont les clubs où tu aimes jouer ?
Le club KHIDI à Tbilissi, Gare Porto à Porto, qui a pour salle principale un long tunnel industriel, et le légendaire Tresor à Berlin. Ils sont très bien équipés, sont dotés d’un excellent système son et réservent une bonne ambiance. En plus, le public est très ouvert à tous les genres de techno.



Avec quels artistes aimerais-tu collaborer ?
Je vais bientôt lancer un nouveau projet avec un artiste britannique très important. Pour le moment, je ne dirai pas un mot.

Penses-tu à créer ton propre label ? Quels sont tes labels préférés ?
J’y ai déjà pensé, mais pour lancer son propre label, il faut du temps et de l’argent, surtout s’il faut presser des vinyles. Je préfère me concentrer sur la production. J’aime beaucoup CRS ltd, 47, Headless Horseman, Non Series, Downwards et Token. Récemment le label Arsenik, managé par Kuf & Dold, m’a fait bonne impression.

Si tu devais te téléporter dans une période, laquelle choisirais-tu ?
Je me téléporterais en 1979, pour assister à la première du film Star Wars en Pologne.

La techno en trois mots selon Michal Jablonski
Liberté, liberté et liberté…

Par Sabrina Bouzidi / Photos par Helena Majewska