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« MARQUE A VIE ! 30 ANS DE GRAFFITI «  VANDAL »… » / COMER

« MARQUE A VIE ! 30 ANS DE GRAFFITI « VANDAL »… » / COMER

éditeurDa Real

« MARQUE A VIE ! 30 ANS DE GRAFFITI « VANDAL »… » / COMER

La vie de chaque être est unique. En revanche, selon les cas, elle est plus ou moins palpitante. Tel un sportif de haut niveau l’héro, alors banlieusard parisien, commence à se nourrir d’adrénaline en taguant illégalement. Il débute en 1987, sous les pseudonymes Seelicon, Reekim puis Cosbin. Issu de la deuxième génération de graffeurs français, influencé par Bando, il narre son ascension, sans limites, dans le milieu du graffiti. Cet ouvrage décrit ses péripéties, ses relations familiales et amoureuses conflictuelles. Mais il est également le témoin d’une époque et d’une histoire encore rarement couchées sur papier, tout au moins de la sorte. Il évoque aussi le début du groupement de jeunes « Black, Blanc, Beur » autour du b-boying, du rap, du djing et surtout du graffiti. D’ailleurs un avant-propos sur les origines du hip-hop ouvre les 340 pages illustrées de quelques photos en noir et blanc. Dès le premier chapitre, nous découvrons une époque où les punks et les zoulous se côtoyaient et partageaient la street… Ni Android, ni Internet, juste une génération qui, naïvement, va marquer à vie les murs des villes, jusque dans l’inconscient collectif. Les pages s’enchaînent et se dévorent. Tags, embrouilles, dépouilles, bagarres, fraudes, cavalcades, larcins, nuits blanches et gardes à vue vont devenir le lot quasi quotidien de l’insatiable vandale. L’ado grandit. «The Warriors » puis « Colors » deviennent ses films de référence. L’influence américaine, aussi bien positive que négative, est évidente. Après avoir fait ses armes et s’être fait attraper pour la première fois en flagrant délit, il opte finalement en 1989 pour le pseudo Comer. De simple tagueur, le rebelle devient aussi graffeur et s’en suivent les « grandes années ». Ce deuxième chapitre regorge d’anecdotes retranscrivant son addiction pour le tag et le graff. Comme pour la majorité des « vandals », jusqu’ici tout va bien. En revanche le graffiti prend de l’ampleur et devient un phénomène causant des dégâts. Une nouvelle ère apparaît en même temps qu’une brigade anti-graffiti. Puis des enquêtes s’ouvrent. Elles provoquent un effet boule de neige, entre perquisitions et arrestations chez de nombreux activistes, durant le second semestre 2001. Comer, également interpellé, n’y échappe pas… Lors des gardes à vue, certains passent aux aveux face à la fatigue et aux méthodes musclées de la police. C’est l’ouverture de l’affaire de Versailles, où une soixantaine d’individus sont mis en examen. Le dossier de police de Comer mentionne 75000 euros de dégradations. Les dommages collatéraux sont nombreux. Au-delà de l’aspect financier, cette affaire va relever des trahisons puis des blessures. Justifiant, si besoin est, le titre explicite « Marqué à Vie ! 30 ans de graffiti « vandal »… ». L’affaire de Versailles traîne de longues années pour se clôturer le 26 octobre 2012… Aujourd’hui, malgré le danger, les interdits et la répression, Comer est encore actif. Et il contribue à l’épanouissement de la culture hip-hop, grâce à ce récit simple et précis. Certes il reste quelques coquilles mais nous ne lui en tenons pas rigueur. Monsieur n’a aucune prétention littéraire, d’autant que le livre a été réalisé en autoproduction ! Bref, il nous embarque dans ses actes souvent impulsifs. Il nous plonge de manière authentique, dans les rues, les entrepôts et sur les rails du réseau ferré d’île de France. Jusqu’à un procès long de onze ans, qui se termine étrangement. Disponible ici ou depuis décembre 2017, « Marqué à Vie ! 30 ans de graffiti « vandal »… » est la deuxième référence publiée par Da Real, la structure éditoriale de Comer OBK. Certifié fat par Star Wax.

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Par Cosh…