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TEST BANQUE DE SONS / LONDON CONTEMPORARY ORCHESTRA

TEST BANQUE DE SONS / LONDON CONTEMPORARY ORCHESTRA

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Des banques de sons d’orchestres, il y en a des tas, mais des banques de sons de formations contemporaines… il ne doit pas y en avoir beaucoup. Nos amis anglo-saxons de Spitfire l’ont fait. Et pas avec n’importe quel ensemble puisqu’il s’agit du London Contemporary Orchestra, que l’on peut entendre sur le dernier album de Radiohead, rien que ça.

Alors évidemment ce n’est pas en tant que compositeur pour orchestre que je m’adresse à vous, je ne sais même pas ce qu’est un contrepoint… En revanche, pour les beatmakers et scratchers c’est une source de sampling, mais jouée de manière à offrir des expériences sonores inédites. Et ça c’est intéressant.

Concernant les sonorités, nous devrions parler d’orchestre à cordes, car dans le pack nous n’avons que six violons, quatre altos, trois violoncelles, et deux basses, doublées à l’octave par les violoncelles. Chaque section joue pour nous une centaine d’articulations différentes. Par articulation, j’entends la manière de jouer, avec ou sans archet, en écrasant les cordes ou en les frôlant à peine, par exemple.

Enregistrés avec deux couples de micros pour chaque section, un très proche, un éloigné des micros à ruban et à lampe, des pré-amplis Neve, et des convertisseurs Crane Song, les sons de cet ensemble sont choyés par deux messieurs qu’on peut applaudir (si si ! beau travail les gars !) : Stanley Gabriel et Joe Rubel du studio Pixel à Londres. Bon, Joe Rubel c’est juste le preneur de son de Game Of Thrones… Pour 359 euros, vous pourrez vous rendre compte de l’ampleur du travail effectué, avec 42094 samples, soit 45,7 Go de WAV non compressés !

Je ne vais pas aborder les subtilités parce qu’il y en a trop, mais je vais essayer de vous donner une idée de ce que l’on peut faire avec. Après avoir choisi une section, voilà ce qu’il se passe. Détail qui a son importance, on ne travaille pas la tessiture d’un instrument comme on le veut. On n’est pas dans de la synthèse sonore, le son de l’instrument est réel, donc si on joue une note trop basse pour un violon, on entend rien. Alors que dans la réalité on entendrait le chef rigoler en disant « Qui est ce compositeur qui ne connait pas la tessiture d’un violon ? ».
Par contre il est possible d’accorder l’ensemble de manière subtile, si on veut le faire jouer avec, par exemple, un clavecin qui n’a pas le la à 440Hz mais à 437Hz. Ou un piano de concert qui est souvent à 442Hz par exemple.

702-lco-Interface

Une fois l’instrument choisi, apparaît une interface petite, mais assez complexe. Ce qui saute aux yeux, ce sont les notes représentées dans des cases qui sont en fait les vraies représentations visuelles des effets que le musicien doit produire. Écraser l’archet, le frotter doucement près du chevalet ou autre. Et ce qui est intéressant, c’est que tous les instruments ne peuvent pas produire le même effet partout, comme dans la réalité en fait.

Dans cette interface on trouve aussi une sorte de mixer avec six canaux stéréophoniques, alors que l’on a parlé que de deux couples stéréos précédemment. En fait, la première tranche appelée C désigne le couple proche (Close). Ensuite vient la tranche R qui est la prise éloignée (Room). Les deux tranches d’après s’appellent FX1 et FX2, et les deux dernières MX1 et MX2. Et ça n’est pas du tout ce que l’on pense. FX1 et FX2 ce sont les sons des deux couples, mais passés par les mains et les machines de Joe Rubel. Le MX1 c’est la balance des micros telle que Joe voudrait l’entendre, et MX2 c’est cet équilibre passé dans des tas de machines très vieilles et très chères.

Mais ce n’est pas fini ! À la sortie de ce mixer, on peut modifier l’angle d’ouverture des couples de micros, puis modifier la position de ces couples dans l’espace par rapport à l’ensemble. Sachant que les prises ont été réalisées dans l’optique d’obtenir une cohérence stéréophonique parfaite de l’ensemble, cette fonction est bien pratique pour redessiner l’espace sonore d’une section seule, lorsqu’on en utilise qu’une. Évidemment, on peut sauvegarder ces subtiles retouches comme des presets.

Vient ensuite une partie appelée Round Robin, et alors là c’est du lourd. On peut ainsi choisir combien d’instruments jouent la note programmée. En langage courant on pourrait appeler ça du « re re ». Enregistrer la même prise à l’identique juste pour produire un son plus épais. Et bien là, selon les instruments, on peut aller de 2 à 24 couches ! En un clic ! Et on peut aussi choisir le fait de jouer le « re re » sur le temps, ou juste un peu après pour déséquilibrer un peu le tout. Toutes ces fonctions dépendent de l’instrument choisi et aussi de son articulation.

Pour finir, des fonctions basiques comme le vibrato, la dynamique, le release, et aussi une reverb sont incorporées. Bien qu’en fait ils auraient pu s’en abstenir. Mais ça les effets, chez Spitfire, ce n’est pas leur point fort (cf. l’article sur le North 7 ici).

Bon vous l’aurez compris, mis à part ce petit point noir sur la reverb, je pense que ce produit est juste exceptionnel, et qu’il n’est à remettre qu’en de bonnes mains. Mais c’est quoi de bonnes mains ? À vous de juger. Certifié bien fat avec Star Wax !

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Par Dj Claim