Starwax magazine

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LINK / INDOOR FESTIVAL#1

LINK / INDOOR FESTIVAL#1

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« Maturité ». Voilà un terme qui qualifie à merveille ce nouveau-né parmi les festivals belges de musique techno. Le Link Festival se dévoile pour la première fois et cela se passe le 4 avril 2015 à Liège, Belgique. Sans même avoir eu lieu, le Link Festival se fait déjà remarquer, et d’une façon subtile : au travers d’un paradoxe. En effet, n’y a-t-il pas antinomie entre « maturité » et « nouveau-né » ?


Pourquoi maturité ?
De par son line-up : L’expérience, la reconnaissance, l’influence, l’audace, la constance ; c’est par ces valeurs acquises sur de nombreuses années que l’on pourrait esquisser les portraits de Sven Väth, James Ruskin, Mark Broom, Marco Bailey, Len Faki ou encore Dave Clarke.

De par les clubs invités : Fuse et Cocoon. Le Fuse, club bruxellois, a accueilli en son sein nombre de figures remarquables de la scène électronique pour des soirées sans nul autre pareil : Richie Hawtin, Jeff Mills, Ricardo Villalobos, Stacey Pullen, Laurent Garnier, Luke Slater, entre autres.

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Richesse acoustique, exigence, le plaisir de la danse est à son paroxysme. Dans l’histoire de la musique, si l’on associe des clubs à des courants musicaux (pour le jazz, il y a le Cotton Club), le Fuse serait un sanctuaire pour les artistes, pour les mélomanes, pour les danseurs, un référent si ce n’est un lieu de culte. Le Fuse fêtera ses 20 ans au Link Festival.

Cocoon, lui, est entré dans l’histoire de la musique techno. D’abord label allemand, Cocoon Recordings a signé de nombreux talents tels que Johannes Heil, Joris Voorn, Marco Carola, Steve Bug, Electric Rescue, Roman Flügel, Loco Dice, Carl Cox, Dj Hell, Adam Beyer, Fumiya Tanaka, Luciano, Ellen Allien, Monolake. Une forte identité donc que Cocoon doit aussi à des soirées mémorables à Ibiza, Milan, Paris, en Australie, Japon, Thaïlande… Cet édifice nommé Cocoon qui entoure si bien les Dj compositeurs et les auditeurs que nous sommes (connaisseurs, novices éclairés, experts en musiques contemporaines, férus de musiques classiques ou encore collectionneurs barjots) est dirigée par un certain Sven Väth.

De par son essence : Il nous faut comprendre le contenu du festival, ce que les fondateurs, Dany Rodriguez et Soledad Tosin, nous proposent grâce au teaser vidéo ci-dessous. C’est la musique techno, et elle seule, qui sera à l’honneur et cette matière est, elle aussi semble-t-il, arrivée à maturité. Font partie du passé les débuts frileux, l’identité peu glorifiante collée à la techno, l’intrigue et le rejet par les institutions, les stigmatisations, sans oublier la confusion des genres puis la récupération, exploitation et marchandisation à tout va.


Peut-on donc parler de maturité du genre ? La techno-music est foisonnante en tout cas. C’est une musique complexe, riche, avec une réelle construction narrative : des mélodies, des harmonies, des boucles répétitives, des calques dans les phrasés, du temps, de la recherche, le tout nécessitant une maîtrise technologique et orchestrale. A la fois mathématiques et illogiques, les partitions de techno sont en somme faites de contresens, ce sont des sonorités moins linéaires, des contre-pieds et des distorsions, des accidents qui nous emmènent là où ne s’y attend pas.

Un bémol peut-être : pas de femmes à l’affiche. Où sont Monika Kruse, Louisahhh !!! et Jennifer Cardini ? A moins que la deuxième édition du Link Festival ne soit exclusivement féminine ? Pourquoi pas, il y a de quoi proposer un line up tout aussi engageant, dansant, créatif, subversif, et marquant mais avant ça, attendons sagement le 4 avril, et, puisque la valeur n’attend pas le nombre des années : vive le tout frais Link Festival ! Merci Soledad et Dany pour cette magnifique programmation. Reporting à suivre !

Par Ambidextre