Starwax magazine

starwax magazine

archivesavril-2015

LINK FESTIVAL REPORT

LINK FESTIVAL REPORT

Posté le

 » Mille mercis pour ce moment. La Grand Messe a eu lieu, de très très bons moments pour moi. Les 1500 kilomètres n’étaient qu’une simple affaire, je savais que ce pèlerinage allait être fécond.  » C’est par c’est mot que je remercie les deux organisateurs de Link Festival, ayant eu lieu le samedi 4 avril 2015 à Liège en Belgique. Sans hésiter, je file de Rennes (35) et vais exercer mes pas de danse sur le sol festif de nos voisins belges. Un tel line up ne se refuse pas : Mark Broom, Pan Pot, The Advent, James Ruskin, Dave Clarke, Marco Bailey, Len Faki, Dubfire, Pierre…. Quatre salles aux ambiances signées 100 % Pure Electronik, Recode Musik, Cocoon, Fuse. Bref, un grand moment de techno est annoncé. Il ne s’agit pas d’électro, ni de house, de trans ou encore d’IDM. Le menu est clair et sans faux-semblant : la techno est reine. Vingt six artistes s’y sont illustrés. A noter que seuls cinq artistes se sont exprimés en live, et concernant la matière pour le mix, c’est le vinyle qui l’emporte face à ses concurrents. Et tant mieux. Le maxi a pris ses aises, tranquillement, comme il se doit, avec pour sensation de savoir que l’on a son temps, le temps de savourer les subtilités d’un bel accord entre l’intro d’un maxi avec le 12″ qui se termine (comme si les Dj set trop breaké m’avait fait oublié la technique à l’ancienne). Le vinyle se porte à merveille et va bien au teint de ces excellents Dj. Aussi, je garde en mémoire ce geste élégant de Monsieur Sven Väth, faisant tournoiller entre ses deux majeurs son microsillon prêt à l’emploi, regardant le public d’un coup d’oeil malicieux et rieur. Que de sourires sur scène, des Dj vers le public, des artistes entre eux, mais aussi sur le dance-floor, entre nous, chanceux danseurs et auditeurs.

Chanceux ? Oui et non. 26 artistes sur 4 salles en 1 soirée. A moins d’avoir des dons d’ubiquité, je savais que la frustration déjà présente à la découverte du line-up allait se confirmer. Alors, il faut faire des choix :
- Marco Bailey, je repasserai : 23h00, c’est un peu tôt pour le décoiffage.
- Len Faki, pas à son affaire, décevant, il nage.
- Mark Broom, déservi à mon grand regret par une acoustique inacceptable tant pour lui que pour le public. Il n’en demeure pas moins convaincant pour l’allumage.
- Technasia, la danse donne enfin chaud, il est excellent pour le dégraffage (de blouson. Hey, what did you expect ?)
- Sven Väth, on le savait, en photo ci-dessus est un grand sage : un maximum de pèlerins bien, un son teinté de réminiscences acides par petites touches (on ne se refait pas), une sélection de vinyles très ardu parfois, ce qui en fait un dj set extrêmement bien construit : l’entrée en matière fabuleuse, les enchaînement sans concession (les mollets vont être mis à l’épreuve), une période expérimentale provoquant une écoute escarpée, un strict minimum d’effets mais d’une précision bluffante, le sentiment que l’artiste ne va pas nous lacher comme ça, pour à nouveau nous ramener à une danse si libératrice, il sourit d’ailleurs, ce qui a pour simple effet mimique d’en faire autant, il nous mène, nous amène avec lui sans concession. Là, l’acoustique est irréprochable, en cohérence avec la partition jouée, brillante.

Pourtant, cela ne scintille pas, côté image. Le Vjing ? Peut-être qu’en Belgique, ce n’est pas une notion artistique prépondérante. Le Fuse venait fêter à Link Festival (entre autre) ses 20 ans, on peut s’attendre à un lieu chiadé. Que neni: pas de décorum à la hauteur de cet événement, des artistes, bref, pour mettre en lumière ce tout nouveau festival. L’ergonomie des salles entre elles n’étaient pas non plus facile, ce qui rendait triste de voir une salle dépeuplée devant certains Dj ô combien remarquables !

702-link-report2015-01 Pierre

702-link-report2015-02 Marco Bailey

702-link-report2015-03 Vue d’ensemble

Qu’importe, We are all linked était le maître mot de Link Festival. Le lien fut évident : sourires, danse, sympathie (que vous êtes sympas les Belges, public et personnel des vestiaires, bars et billetterie). Gageons que la célébration lors de Link Festival#2 de la musique techno nous soudera encore et encore.


Texte par Ambidextre / Photos par Axel Pics Photography