Starwax magazine

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archivesaoût-2015

INTERVIEW KOICHI SAKAI

INTERVIEW KOICHI SAKAI

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Koichi Sakai est le pure profile de l’artiste autodidacte indépendant qui accroché à sa passion conjugue création et business. Japonais installer à Londres il est le tenancier de Ghetto Lounge Records. Un label qui distille une musique reggae, soul, afrobeat… ou machines et instruments cohabitent harmonieusement. Un activiste à surveiller !


Ta passion du djing est-elle venue de ta passion de la musique ou l’inverse ?
Ma passion pour la musique m’a conduit au DJing, tout simplement.

Comment as-tu appris a écrire la musique ?
J’ai appris la musique grâce à mes amis et à l’écoute de très bons disques.

Quand et pourquoi as tu créé Ghetto Lounge ? Gères tu seul et quel est l’orientation du label ?
L’aventure a débuté en 2009 car personne ne voulait sortir ma musique alors plutôt que d’attendre, je me suis lancé moi-même. Ma philosophie musicale tient en quelques mots : soulful, intemporelle, du groove et des rythmes sans fin…

Tu sembles privilégier les collaborations avec des musiciens acoustiques, pourquoi ? Fais-tu également du beatmaking ?
Quand j’ai commencé à produire, je travaillais mes beats sur du matériel Midi mais quelque chose ne me convenait pas à l’oreille. C’est pour cela que j’ai débuté les collaborations avec mes amis musiciens.

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Concernant les remixes comment procèdes-tu, au feeling ou aimes tu proposer une version au rythme ou au genre différent ?
Je n’ai pas l’habitude de changer le groove, je conserve plutôt le tempo d’origine et je travaille plus sur la personnalisation du beat et la ligne de basse.

Sous quel impulsion avec Dele Sosimi avez-vous lancé en 2008 les events « Afrobeat Vibration » et sont il toujours à Passing Cloud ?
J’ai rencontré pour la première fois Dele en 2003. J’étais allé le voir à l’occasion d’un concert dans le sud de Londres et Tony Allen y était aussi. C’était une salle un peu miteuse mais il y avait une de ces vibes… On s’est ensuite recroisés en 2008 pour mettre en place les soirées Afrobeat Vibration. En ce moment, le projet est en suspens car notre salle historique, The New Empowering Church, a fermé. On recherche un nouveau lieu.


Tu t’intéresses autant au jazz que la Soul, Funk, Reggae, Latin et Afrobeat. Si tu devais te spécialiser dans une seule des ces musiques ca serait laquelle et pourquoi ?
Je choisirais le reggae. Mon adolescence a été bercée par Bob Marley.

Londres est réputé pour ses soirées et disquaires dub et jamaïcain. Selon Hugo Mendez c’est moins évident avec la scène des caraïbes et d’afrique. A l’exception de tes évents, est ce que cela évolue et ou dig tu tes disques d’afrobeat ?
Dans un sens, je suis d’accord avec Hugo mais je pense que les gens sont désormais plus ouverts à certaines musiques grâce notamment aux sorties chez Strut, Soundway, Analogue Africa… Bien qu’il soit plus facile de se procurer des vinyles de musique africaine de bonne qualité à Paris qu’à Londres.

Quand est il de la scène latin ?
Je pense que ça continue de prendre de l’ampleur. La communauté latine de Londres est plus importante qu’il y a 15 ans de cela.

En 2007 tu as été à Cuba pour un trip musical. Combien de temps es tu resté et comment as tu rencontré les personnes avec qui tu as formé Los Autenticos Band, quel a ta participation en tant que beatmaker ?
Je me suis rendu à deux reprises à Cuba. J’y suis resté quelque chose comme quatres mois en tout et pour tout. J’y ai rencontré des musiciens locaux à La Havane et j’avais pu enregistrer avec eux. Ce disque, c’est un peu comme un souvenir personnel de Cuba, comme une photographie musicale en quelque sorte.


Depuis que tu es dans l’industrie de la musique, avec du recul, y –a-t-il quelque chose que tu regrettes et que tu ferais autrement ?
J’ai commencé comme Dj occasionnel en 2002. A cette époque, j’avais un travail à plein temps mais ma passion pour la musique m’a progressivement amenée à en faire mon occupation à plein temps. J’étais venu à Londres pour la musique, c’est que je recherchais. Cela n’aurait pas pu se passer autrement, c’est ma passion.

Tu es né a Tokyo, y retournes tu souvent et fréquentes-tu les acteurs de la culture Dj la bas ? Existe-il une scène afrobeat ?
J’y suis retourné pour la première fois il y a 5 ans. Je ne connais pas vraiment la scène musicale de Tokyo mais je sais qu’il y a quelques formations japonaises d’afrobeat.

Enfin, cette aventure semble collective, tu as même incorporé des dessins animés de Tokio Aoyama pour l’excellente vidéo ci-dessous de « East Of The River Nile » de Kosumo Roots, dernier sortie de Ghetto Lounge en avril ?
A mon avis, Youtube est le nouveau MTV. La musique n’est pas seulement faite pour les oreilles, son aspect visuel est très important aussi. Bien qu’il soit plus aisé aujourd’hui de réaliser des vidéos, je souhaitais faire quelque chose de différent. Comme la culture manga au Japon est omniprésente, c’est naturellement qu’elle a trouvé sa place dans mon projet.


Pour finir, un dernier mot ?
Je mixe en ce moment le prochain single de Komuso Roots. Il devrait sortir en septembre 2015 !

Par Supa Cosh… / Traduction par Damien Baumal.