Starwax magazine

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newsjuin-2020

G HIGH DJO SWM55 & INTERVIEW

G HIGH DJO SWM55 & INTERVIEW

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Petite break bibite (insecte, petite bête en québécois, ndlr) qui monte qui monte et qui n’est pas prêt de redescendre, G High DJo ravit son auditoire par ses mixes bien léchés et alléchants. Entêtant sans être entêté, scratchant ses galettes sans scotcher la fête, il met les pulsations au service de nos pulsions. Cette rencontre est l’occasion de parler hip-hop pour Persona-Nulle-en-Musica. Une leçon de Master Zébulon aka G High DJo, qui sort le paquet de sa Beatbox de Pandore. Namasté ! Pour l’occasion, la Mafaldista se fait Mystic Miss Disquette et il a pas vraiment eu le choix…


LA MATRICE : A SHORT PERSONAL HISTORY OF HIP HOP

Ta matrice musicale c’est quoi ?

Le truc c’est qu’au collège, tu sais, je me butais déjà sur le rap des années 90 et je détestais beaucoup ce qui passait dans les années 2000. Je trouvais ça de la soupe. Résultat, en 2003, le creusement se faisait de plus en plus entre le rap que j’aimais, que j’écoutais et les gens autour de moi. Parce qu’encore, en 2000, t’avais encore du bon, j’avais 12 ans. Mais je voyais que je revenais en arrière quand eux allaient vers l’avant. Et ça faisait comme un effet ciseau. 2003, la B.O de Street Dancers (blockbuster autour de la danse hip-hop de 2004, ndlr), ça sacralisait, ça cristallisait bien ce que je n’ j’aimais pas. Quand les mecs butaient sur Nelly, moi je butais sur Krs-One. Pourquoi ? Parce qu’il y avait un clash Nelly vs Krs-One. Et j’faisais « Mais putaaaaiiin les gaaaars, Krs-One !!! » Parce que j’avais déjà été fouillé les bases, je savais qu’il y avait eu un battle Queens contre Bronx et que Krs-One il représentait le Bronx et Boogie Down Production. Je fouillais : « Ah ok, Scott La Rock. Le Dj qui s’est fait buter… Ah ouais. C’est pour ça qu’ils ont créé Stop The Violence Movement pour la paix. Ok ça m’explique ça… ». J’avais un truc de ramification comme ça, de proche en proche, et je commençais à développer une culture. Et j’aimais pas forcément ce que j’entendais autour de moi, je me disais beaucoup « mais c’est de le merde » ! (rires) Trèèès tôt. Je suis retombé sur des compils que je faisais au collège, je me suis choqué moi-même ! « C’est pas possible ! J’écoutais ça en 5ième ? Naaan. J’suis un baisé ! »

Ah ben voilà, avec le recul, tu te dis que t’as été précoce quoi !

Mais à fond de ouf !!

Mais t’étais précoce old school en fait … T’es retourné aux racines, toi plutôt, mais très très vite et très très loin…

Ouais et résultat, genre au collège lycée, quasiment j’avais écouté tous les gros classiques : Nas, Wu Tang, etc. Du coup en première/terminale, je suis remonté sur les samples, donc, là, j’ai découvert la funk et tout. Et là, j’ai dit « putaiiiinnn tel truc de funk c’était ça, ça donne le sample de Dj Quik ?! Et pareil pour Erick Sermon ?! ». Et toujours plus de funk. Puis je suis revenu à mon hip-hop d’origine, enrichi de funk. J’ai fait que remonter puis repartir en avant, dans des dialectiques, comme ça tu vois ?

Ouais, la dialectique, je vois ouais…

Des pas de côté, des pas en avant, des pas en arrière, avec ma matrice de samples qui se ramifiait quoi ! Et qui a fait toutes ces fusions. J’ai toujours fait ça ! Super tôt en fait !

Eurêka ! Et la Lumière fut ! Et commençât doucement à toucher de sa grâce, l’enfant terrible… Ouais ok et la matrice alors ? On avait parlé de kaléidoscope mais en fait c’est un peu la même chose…

Ben la matrice, c’est rap 90’s. Rap a-mé-ri-cain des années 90 très exactement. East Coast et West Coast. C’est-à-dire que, là où il y avait des mecs qui étaient dans le battle East Coast contre West Coast, ça c’était encore super marqué, même à mon époque, moi j’aimais les deux !

Ben moi aussi, j’aime les deux. Suis d’accord, c’est très différent et j’aime les deux aussi donc y a pas à choisir… Bon après, moi, j’avais un petit faible plutôt pour euuuh… West Coast je crois…?!? C’est les gentils, c’est Warren G et tout (rires), c’est les mignons…

J’en étais sûr que t’allais dire ça ! Euuuh, après c’est les gentils, c’est pas vraiment les gentils…

Non, je sais, je sais, non mais dans le son… Tu vois y a des sons plus veners, la East Coast, et des sons plus chill, la West Coast…

Ouais, au niveau du son, ouais ça peut être ça. En fait la g-funk de la West Coast, ça va être la mieux à même d’avoir du plus chill. Après t’as des trucs bien énervés, y a Compton, des mecs comme ça. Ça dépend comment c’est fait, la g-funk se prête bien à du laidback calme et tout, mais elle se prête aussi à du vener… Mais, par contre, au niveau des gangsters y a une célèbre maxime, pas une maxime ça voudrait dire une morale, mais un proverbe, on va dire, qui dit Sot-Mah–Ni, bon je te le fais avec cet accent français qui me caractérise : « So mah ni rappeeuurzzzz in Ze Iiist wanna bi gangstairzzz, so mah ni gangstairzzz in Ze Ouaist wana bi rappeeuurzzz » (so many rappers in the East wanna be gangsters, so many gangsters in the West wanna be rappers, ndlr), et c’est pas forcément faux !

Ah ouais, ouais, c’est vrai !

Là-bas, c’est les Crips, les Bloods, les machins, tout le monde rappe ! Mais bon t’en as, c’est plus ou moins chill à New York, avec l’attitude, le style et après t’as des mecs vraiment street, tu vas dans le Bronx, Brownsville à Brooklyn, … Donc c’est une maxime qu’est pas totalement vraie …

Alors là, t’es à un fil de me perdre… Chut, chut à l’arrière du peloton !

T’as des fous partout ! Une fois, sur la West, j’avais lu un article trop bien, et depuis c’est comme ça que je me le représente, ils avaient dit « Snoop Dogg c’est le Gangster capable de te raconter, de te fredonner les pires atrocités sans sourciller » ! Ça résume trop bien la West Coast !

Mais c’est claaaiiir !! Mais c’est trop ça !! C’est ça qui est terrible !! Quand je pense à toutes les heures dansées sur des morceaux qui te traitent de bitch, pour une femme c’est chaud. Comme pour les gays qui aiment le ragga et le reggae. Toutes ces insultes batty boy et compagnie…

A partir de là, on a entamé une très longue digression sur l’importance de comprendre les paroles, surtout dans le hip-hop mais pas que. Sur la misogynie et l’homophobie véhiculées par certains sons. Puis on est revenu sur les différents types de sons. Et comme, Prof G High DJo, il est vraiment sympa, à chaque son évoqué, il a fini par me le jouer. Et ça donne une super mixtape réalisée tout spécialement pour l’occasion !


EACH ONE TEACH ONE : PHILOSOPHIE MUSICALE ET TRANSMISSION



Nous, chaque truc qu’on écoute, on arrive à voir les points communs avec les autres trucs… et les spécificités, les positionnements. Très vite. Moi, tu me mets un son, j’suis capable de te dire l’année, la zone, l’influence. J’avoue c’est stylé en fait. En fait, c’est un savoir sur des années au quotidien…. En fait, j’ai une bibliothèque en moi quoi !

Tu m’étonnes… C’est précisément comme ça que je décris les Djs ou les diggers, enfin tous ceux qui ont vraiment le trip de la culture musicale… Je dis que ce sont des bibliothèques musicales. Comme on dit en Afrique, « Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle » (tradition orale rapportée à l’écrit par Amadou Hampaté Ba, ndlr). Donc toi, tu es une bibliothèque en constitution quoi !

Ben ouais ça s’est imposé à moi, ça a été comme naturel…

El Subcommandante me rappelle de te poser cette question : qu’est-ce que ça représente pour toi, la zulu nation ?

Alors c’est hyper important la Zulu Nation, à plusieurs titres. Déjà, dès lors qu’on s’intéresse à l’histoire de notre culture dans le hip hop, on est obligé de remonter aux fondateurs et, en particulier, à Afrika Bambaataa le fondateur de la zulu nation on peut dire. Qu’on croit ou non aux légendes sur ces préceptes, que ça se soit vraiment passé et que ce soit un âge d’or, une retranscription ou pas, que ce soit raconté… En tout cas, ce que ça symbolise, c’est-à-dire les principes « Peace, Love, Unity & Having fun », moi perso, ça me parle. D’autant plus que ça a été mis dans un contexte de naissance du hip-hop, donc les années 70 et le début des années 80, qu’il y avait les blocks parties, et comme disaient certains pionniers, il s’agissait de transformer l’énergie négative du ghetto en énergie positive grâce à cette nouvelle culture qui était le hip-hop. (Bo de l’interview-fleuve-au-long-cours de Prof G High DJo, Afrika Bambaataa & the Soulsonic Forces – Lookin For The Perfect Beat, ndlr). Donc le hip-hop donnait, là où les gens étaient laissés pour compte, dans une Amérique avec Reagan, la pauvreté et les immeubles qui cramaient dans le Bronx, la possibilité de s’exprimer et de valoriser et de créer quelque chose. Tu pouvais poser un carton et breaker. Bidouiller. Chacun apportait sa pierre à l’édifice, tous les éléments de cette culture Mcing, Djing, B-boying, graff, enfin voilà quoi ! Chacun pouvait toucher un peu à tout, avec le beatbox quand t’avais pas d’instru… Et même quand il y avait juste la fête, les block parties pour danser dans la rue, ben c’était pas que la fête !
Y avait déjà du politique dans le fond ! Là où il n’y avait rien, où c’était le ghetto, créer de l’énergie positive… Comme il y avait des guerres de gangs, le simple fait que tout le monde puisse faire la fête ensemble c’était déjà politique ! Après, en plus de ça, quand les mecs, micro en main, ils ont pu dire des choses, passer des messages et avoir du rap conscient, là on a relié le fond et la forme. Mais, dès le début, dans la forme même, tout était déjà là. Bambaataa, il faisait partie des Black Spades, qui était un gang violent on va dire, et bien, dire « Peace, Love Unity & Having fun » dans ce contexte, et donner les armes artistiques et pas que artistiques pour se développer, pour moi, c’est ça la zulu nation. C’est extrêmement important, ce sont les fondations. Après, les gens s’en sont, ou non, éloignés. Donc, dans les années 90, certains se revendiquaient de cet héritage zulu nation, d’autres étaient partis dans carrément autre chose, dans du gangsta rap, et ils s’en foutaient en fait ! Pour eux, c’était daté années 70/80. Y a eu dans les années 90 des mecs qui ont voulu faire un retour aux sources, typiquement le collectif Native Tongues, avec De la Soul, A Tribe Called Quest, Brand Nubian, Queen Latifah, etc… Là, t’avais un retour aux sources qui était là encore métaphorique de plusieurs manières. Retour aux sources, l’Afrique, retour aux sources, les fondations du hip hop. Face à un rap qui commençait à être pris par les médias pour le côté gangsters de N.W.A., ils revenaient à une vision philosophique le fond/la forme. Donc typiquement Jungle Brothers. La jungle, la jungle urbaine mais aussi les ancêtres, le retour aux racines. Moi qui ai une approche qui essaie de voir les fondations, d’où ça venait notre culture et tout, ça me parle beaucoup la zulu nation en termes de retour aux sources. C’est-à-dire que quand j’ai été voir le rap des années 90, ben j’ai voulu voir d’où ça venait, j’ai été voir que ça se créaient dans la funk, j’ai été voir les samples, voir que les blocks parties venaient des sound systems, de la Jamaïque, donc j’ai cette démarche. Et d’ailleurs mon respect pour la zulu nation, la manière dont je témoigne un énorme hommage et respect à Dee Nasty, les terrains vagues de La Chapelle qui ont pavés le chemin pour d’autres après, c’est notamment mes mix « Hip-hop Family Tree », d’où aussi le fait que je conclus énormément de mes mixes que tu peux écouter dans SoundCloud, par un sample de Afrika Bambaataa qui dit « Peace, Love Unity & Having Fun », témoignant de mon attachement à la Zulu Nation, même si j’en fais pas partie, pour ce qu’elle symbolise. Moi je me sens proche de ça. Dans ses valeurs, peace… Euh en fait tu vois dans ses valeurs « Each One teach One », c’est vraiment, l’enseignement, on apprend de chacun, la pierre à l’édifice, la culture ! Moi ça me parle, j’ai toujours été dans la transmission, dans l’échange. Même aux platines, j’essaie de raconter une histoire, de faire des liens.

Des liens, des ponts, des fusions….

C’est la matrice de tout ! De même, quand tu apprends l’histoire, tu apprends qu’il y a eu un légendaire battle entre le Queens et le South Bronx pour savoir d’où venait le Hip Hop. Ça a structuré le hip-hop de ouf ! D’un côté, Marley Marl et le Juice Crew, et de l’autre B.D.P avec Krs-One et Scott La Rock. Et toutes les filiations de production. Marley Marl avec Nas, Tragedy, Capone-N-Noreaga, qui étaient du Queens…

Transmission, partage, « Each One Teach One », pour le coup c’est réussi, j’apprends plein de trucs… De base certes, mais faut bien commencer quelque part. En l’occurrence, d’un 0 pointé ! Motivée la Padawan Mafaldista ! Oui d’ailleurs, en France Dee Nasty c’est un peu le Maître Yoda des Professeurs de hip-hop. J’veux dire pas qu’au niveau des sons mais aussi des techniques, au travers de ses émissions, de ses vidéos…

Oui j’lui ai dit ! J’lui ai dit la première fois que j’ai mixé avec lui. « C’est marrant, ça m’fait tripper, là d’être à la radio avec toi et de mixer parce que j’ai passé des nuits blanches sur tes vidéos de scratchs ». De toute façon, j’ai toujours dit que, sans Dee Nasty – interview ici – je ne serais peut-être pas là à faire du hip-hop parce que c’était un des pionniers avec le terrain vague de La Chapelle !

Ce que j’aime avec G High DJo, c’est que le gars est comme moi, un sensible qui peut se faire les questions et les réponses tout seul à l’infini. Super pratique pour l’inculte journaliste « Dj lifestyle » en herbe que je suis…

Je pars dans tous les sens dans la structure, je suis mon propre garde-fou parfois mais je suis le premier à partir en couilles !

#metoo

Mais vraiment on est des oufs, on est complètement baisés de la tête !

Mais c’est ça ! Completely fucked up indeed ! C’est un peu l’interview sur le divan en mode Mireille Dumas des Djs. Recadrons recadrons ! Wheel up, on remonte le fil du sillon et on reparle de racines. Comment es-tu arrivé à faire un mix officiel à l’occasion de la traduction en français de la Bd « Hip-hop Family Tree » ? As-tu rencontré l’auteur ?

Alors l’auteur c’est un mec qui s’appelle Ed Piskor – interview ici – que je big up mais qui vient de Pittsburgh aux États-Unis, donc non je ne l’ai pas rencontré. Par contre, il a écouté mon mix et il a kiffé. Alors c’était une consécration logique pour moi d’un point de vue personnel, vu l’importance que je donnais aux pionniers et aux fondations du Hip Hop. Donc pouvoir leur rendre hommage c’était super intéressant. C’est un des mixes les plus importants pour moi avec le mixe officiel que j’ai fait avec ATK. Cette Bd est très bien faite, il y a beaucoup de choses que je savais déjà, mais en même temps j’ai appris des choses car elle est super complète. Et en fait Papa Guédé édition avait déjà bossé dans ce style de niche thématique. Notamment un truc qui s’appelle « La Voix du Mississippi » un truc sur le blues super génial. J’ai un de mes meilleurs amis, Maxime, qui était en stage chez eux. A ce moment-là, ils faisaient « La Voix du Mississippi ». Et ils avaient le projet sur le hip-hop en tête. A chaque fois qu’ils se mettent sur un truc, ils aiment bien s’imprégner à 100%. Et là mon ami leur a dit « Ben moi le hip-hop j’ai un pote qui est à fond là-dedans » et là ils ont pris contact. Pas de nouvelles pendant hyper longtemps, et une fois ils m’appellent. Ils voulaient que je relise la traduction pour voir si, d’un point de vue d’un passionné de hip-hop, il n’y avait rien qui me choquait. Donc j’ai trouvé ça trop cool. J’ai eu la Bd en avant-première, je l’ai lue, j’ai fait quelques remarques mais c’était déjà hyper bien fait et tout. Et comme ils voyaient que j’étais Dj aussi, de fil en aiguilles, en parlant, on est parti sur l’idée d’un mix. Et quand il y a eu la release party, y avait Olivier Cachin, les Inrocks, tout ça et moi j’étais aux platines et j’ai fait un mix early années 80s, c’était cool. Et depuis on est toujours potes. Chaque nouvelle Bd, ils me la passent, je fais un mix qui accompagne et c’est des gens que j’apprécie beaucoup ! Ma vie c’est que une histoire de liens comme ça c’est la folie. J’suis un aimant à synchronicité, à liens, etc.

Ben tiens ! Il est 23 heures 23 d’ailleurs. Ça, ça s’appelle les heures miroirs.

Waow on parle de synchronicité, 23h23, c’est la folie ! J’adore les trucs comme ça, même si j’y crois pas.

702-swm55-ghighdjo-02 G High Djo & L’uZine à Demi Portion festival



DIFFÉRENTES SCÈNES, DIFFÉRENTES GÉNÉRATIONS :
LA JUNGLE URBAINE ET SES NOUVELLES ÉMANATIONS

Tu es aussi fan de jungle music, la scène est un peu dead à Paris. Comment vis-tu cette passion ?


La scène jungle, je ne connais pas trop. La jungle, j’adore mais c’est relativement récent. Par rapport à ce que je connais en hip-hop, je me rends compte qu’en jungle je suis un néophyte ! Mes premiers contacts, c’était à Londres quand j’avais 20 ans. Mais ça fait, vraiment entre 3 et 5 ans que je suis à fond dedans. A la base, j’en écoute en tant qu’auditeur, ça ne fait pas très longtemps que je vais dans les soirées. Je ne connais pas trop la scène jungle et en plus, pour moi, c’est en Angleterre que ça se passe. Après une fois, je mixais à la Bellevilloise, y a avait un mec qui avait un stand de vinyles, parmi ça, il avait de la jungle. Il s’avère que le gars est à fond dans la jungle et est un producteur de jungle drum’n’bass. On a trippé et on a sympathisé. Il s’appelle Agôn et fait partie du collectif Few Tips to Heal. C’est un jeune, il a 23 ans, il va monter. Il est connecté avec tous les anciens de la drum’n’bass. En particulier, un groupe qui s’appelle, Forever D’N’B, Forever drum’n’bass quoi (Elisa do Brasil, Youthman, entre autres). Justement, effet boule de neige, Agôn m’a vu passer mes vinyles à la Bellevilloise et il a entendu ma vibe, il a kiffé. Résultat, il m’a invité à mixer chez Youthman sur une émission de son collectif. Là, j’ai fait un set boom bap/jungle, ils ont grave kiffé et le feeling est passé. Avec Agôn, avec eux, je peux exprimer mon côté bass music Uk. Avec Happy Milf Records, j’ai pu exprimer mon côté funk. Avec L’uZine c’est vraiment mon côté rap 90’s. Finalement, la scène d’n’bass parisienne, ce n’est pas exactement comme je me représentais la drum’n’bass. Pour moi, la jungle, j’me fantasmais des trucs comme Human Traffic, genre vraiment l’Angleterre, bass music, mélange ethnique et culturel, excès. Une musique qui touchait tout le monde mais aussi populaire. J’en écoute, c’est presque mon jardin perso. Après j’en fais un peu avec mes potes, de plus en plus justement. Y a Melting Pot Mafia avec qui je fais du son, beaucoup viennent du reggae jamaïcain et on se retrouve sur l’Angleterre. Grime, jungle, et on fait des mélanges, moi j’envoie de la grosse jungle et eux ils toastent ou ils rappent. Nous, on peut y amener de l’énergie. Et on sait que dans ces ambiances jungle de France, on peut apporter quelque chose justement, une vibe plus urbaine.

Y a-t-il de nouvelles générations de Mcs, Djs, et beatmakers qui te mettent une claque ?

Y en a énormément ! J’écoute des sons de beaucoup Djs et de beaucoup d’époque. Actuellement j’écoute beaucoup de son anglais. De grime. Un peu de drill. Y a un label que j’adore qui s’appelle High Focus Records, c’est sûrement mon label anglais préféré. Et en particulier, dessus, y a un mec qui s’appelle Ocean Wisdom, que j’ai été voir en concert quand j’ai pu. C’est très rare un mix où je ne mets pas du Ocean Wisdom. Quand le cadre me le permet. Et là c’est un mélange de boombap et de bass music. C’est capable d’avoir des sons grime, des featurings avec Dizzee Rascal. Ouais, ouais, j’adore ça ! Et sinon, y a un autre courant dont je suis méga fan en moderne, c’est le phonk !

Aaah mais ça le phonk je connais ça ! Merci Sham’s-Ra (No Rest, BrakaMusic, La Cave Prod).

Ouais dans le phonk, y a un mélange d’actuel et d’ancien. Dans tous mes mixes, je fais un mélange entre le moderne et l’ancien, entre musicalité et brutalité, entre tradition et modernité. C’est vraiment le fil directeur. C’est d’avoir un pied dans les fondations et un pied, dans la modernité. Je mets du breakbeat avec des bass, infrabass. Et même un peu d’expérimental parfois. En gros, le phonk je dirais que c’est un peu un sous-genre de trap, donc un peu moderne. Très souvent je suis un gros gros fan d’instru de trap, mais je déteste les mecs comment ils rappent dessus. Les voix pleurnicheuses, l’autotune et tout, j’ai beaucoup de mal. Par contre, quand un mec kicke vraiment sur des instrus trap, ou des BPM type trap comme en Drill anglaise ça j’adore. C’est pour ça que j’écoute les Anglais car eux ils déboîtent les instrus comme ça ! Et dans la phonk y a un pont avec le rap 90’s, comme Three 6 Mafia. Ce qu’on appelle le triplet flo, la manière saccadée de rapper là-dessus. Pour moi les plus gros représentants de ça, c’est les $uicideboy$, qui viennent de sortir un Lp d’ailleurs. Mais aussi les débuts de Denzel Curry. Moins l’actuel, mais avec son groupe qui s’appelait le Raider Klan. Ça c’est totalement dans l’air du temps mais légèrement décalé. Et donc tu peux le jouer et faire kiffer des gens qui écoutent et aiment la Trap mais ç’en est pas vraiment. Ça kicke dessus. Et en même temps, tu peux ravir les gens qui aiment la vibe anglaise, qui est très à la mode, en le passant avec de la drill. Et tu peux faire un pont avec ceux qui kiffent les années 90’s puisqu’on peut comprendre la référence à Bone-Thugz-N-Harmony ou Three 6. J’adore les cross-over ou les fusions. Par exemple, un mec que j’ai croisé en funk et en phonk, c’est Tibo BRTZ, qui était aussi Dj sur Radio Campus Paris, pendant que j’y avais une émission. La Phonkerie, on leur avait même organisé une émission de radio. Et d’ailleurs, ils ont mixé sur mes platines. C’est encore une petite niche ! Il y a quelques personnes qui écoutent du phonk en croyant qu’ils écoutent de la Trap, mais moi quand j’ai entendu du phonk, je me suis dit « Oh putain mais c’est le genre de truc où j’aime bien, l’instru comme en trap sans le mec qui rappe dégueulassement et en plus je retrouve ce à quoi je me suis buté, le son des années 90, à la Three 6 Mafia.

Tu peux donner une illustration musicale de la différence entre trap et phonk ?

Niveau Bpm entre trap et phonk c’est sensiblement pareil, mais les flow sont très différents comme je te disais, et les influences aussi. Je vais juste évoquer très rapidement toute la dimension culturelle. Il y a une grosse référence dans la phonk au satanisme, au 666, à la scarification, à la mort, à tout ça. Qui était déjà présente dans le Memphis des années 90, qui fait partie du horror-core. Même si y a du horror-core sur la East, sur la West, Gravediggaz c’est de l’horrorcore alors que c’est East Coast et que y’a Rza du Wu-Tang dedans. Brotha Lynch Hung et X-Raided sur Sacramento. En tout cas, Three 6 Mafia et tout ce style de Memphis, ça s’appelle le « devil shyt ». Mais là je te parle d’un truc de spécialistes, y a des gens qui ne connaissent pas le devil shyt, parfois appelé le « devilish ». Et y a un pont, quand tu écoutes de la phonk, l’album phare de Three 6 Mafia ça s’appelle « Mystic Stylez », justement, 1995, avec que des thématiques 666 et tout ça…. Voilà ! Moi je l’écoute sans y croire. Mais ça imprègne leur musique. Ils ne vont pas mettre une flûte joyeuse, nan ! Ils vont mettre des trucs dark, parce que c’est « Mystic Stylez » et 666 c’est écrit avec du sang. Voilà c’est pour ça que je comprends et que je kiffe musicalement ! Et quand t’écoutes de la phonk, il y a beaucoup cette symbolique. Et, juste aussi, ils se sont beaucoup mélangés, ce qu’il n’y avait pas dans les années 90, avec la scène métal punk actuelle qui gueule. Ça j’aime moins mais pourquoi pas. Alors je vais te mettre… (il cherche un son, ndlr). Après c’est beaucoup en lien avec les instrus futur beat. En tout cas, c’est un truc actuel qui est beaucoup sur SoundCloud. Et d’ailleurs, dans mon dossier phonk, j’ai les trucs anglais un peu comme ça de Drill aussi parce que je les mets ensemble.

Il met un morceau je sais toujours pas ce que c’est…Bon, allez, donne un titre de phonk et on passe à la question suivante, il est tard là !!

Le triplet flow sur le beat. Après t’as les enjambements sur plusieurs mesures. Ça j’adore ! Un titre de phonk ? $uicideboy$, on en a parlé.

702-swm55-ghighdjo-03 De gauche à droite : G High Djo, The Real Fake Mc & Dj Dee Nasty à Radio Campus.


CONSOMMATION, COOPÉRATION, MODE DE PRODUCTION ET CHARBONNAGE A L’UZINE :
LES ÉCHOS DE L’ÉCO BY G HIGH DJO

Scratch et nouveau fil de sillon. Allez, on va faire les questions d’El Subcommandante un peu, ça va te relancer ! Le hip-hop Us a été très prolifique pendant les années 80. La plupart d’entre-nous ignorons, moi la première, beaucoup de titres d’early hip hop. Pourquoi aimes-tu cette période et continues-tu à chiner des disques du genre ?

Ça rejoint ce que je disais sur la zulu nation. Moi, à la base, ma matrice c’est le rap des années 90, mais avant y’a eu celui des années 80. En remontant le fil du temps je suis arrivé au rap des années 80. J’adorais les fusions de tout ça, les techniques de production, de savoir qu’au début beaucoup de mecs posaient sur des breaks de funk avec des instruments puis qu’il y a eu la TR, une boîte à rythme pour faire des instrus et que ça a modifié le paysage sonore et on est dans la première moitié des années 80. Je comprends mieux en opposition avec quand on joue sur de la funk ou quand on jouait sur la TR, et avec l’apparition de la SP, donc SP-1200 ou de la Mpc plus tard par Akai, je vois les spécificités du rap 90’s en voyant d’où venaient à la base les techniques de production. J’adore les pionniers et puis j’adore le groove des années 80 qui est spécifique. Parfois je peux écouter de la East Coast, parfois je peux écouter de la West Coast, mais parfois j’ai envie d’écouter du rap des années 80 parce qu’il a un Bpm plus rapide, une sorte de breakbeat ,et j’aime beaucoup l’électro-funk, surtout la funk des années 80…

Le fameux thème, la mystique… Vas-y continue ! (rires)

Puis l’apparition des cuivres et aussi le boogie-funk, parce que comme je suis un gros fan de Zapp & Roger et de tout ce qui est Parliament, pour dire les deux connus, ben ça a irradié le rap des années 90 qui a été samplé, mais ça a été contemporain du rap des années 80. Mais tu as aussi le rap de la première moitié des années 80 et celui de la deuxième moitié des 80’s, c’est pas pareil de penser à Run Dmc, Grand Master Flash, Kurtis Blow, ou bien de penser aux premiers Gang Starr, Eric B & Rakim, Epmd, y a que quelques années d’écart mais la sonorité est grave différente. Pourtant ça peut avoir des conséquences. Quand tu vois que Redman, qui est mon rappeur préféré, son producteur celui sans qui il n’aurait rien été c’est celui d’Epmd, de filiation en filiation… Quand j’achetais un album, j’adorais me l’acheter en physique, j’me souviens sur le chemin du retour j’l’ouvrais dans le métro, j’lisais tout, j’regardais les crédits, j’regardais, même les remerciements et j’kiffais trouver des noms que j’connaissais déjà ! « Ah putain ouais lui, il connaît lui », et résultat, ça commençait à se recouper. Tel type de son ça m’étonne pas, ah il le remercie sur les crédits, putain ça c’est qui lui en featuring. J’écoute, putain, il est chaud et résultat j’le connaissais pas avant, et voilà un autre album, un autre producteur et ça s’est mis en toile d’araignée. Et tout ça a pris sens et de la même manière que ça s’est élargi entre les quartiers, les crews et tout, c’est aussi remonté dans le temps, dans les samples. Mais ma matrice de base c’est le rap des années 90 américain. Et c’est après que j‘ai écouté du rap français et que j’en écoute à fond depuis très longtemps. Mais tard, relativement, par rapport au rap américain.

Et pour les disques ? Tu continues à en acheter ? En mode j’ai pas fini, moi, ma collec suis chô !?

Des disques ? Des vinyles ? Ah ouais, tout le temps ! A fond ! J’ai des phases. Là, je suis retourné dans une phase funk mais elles sont toujours en transition avec d’autres phases que j’ai, en gros j’ai eu une grosse phase années 80, breakbeat, funk, puis dub, puis jungle drum’n’bass… Mais aucune phase ne disparaît jamais vraiment, et y’a quasi tout le temps le hip-hop en toile de fond.

Et le boom bap, c’est pareil que le early hip-hop ? Désolée, le hip-hop pour Persona-Nulle-en-Musica, on a dit…

Ah non ! Le boom bap, c’est le rap américain East Coast des années 90s ! KRS-One, Dj Premier et tout ça. C’est un Bpm plus lent, c’est 90 Bpm. Enfin le cliché ! Là où le early hip-hop, ça va être plus entre 105 et 125 Bpm en gros. Ça s’est beaucoup ralenti.

Les Bpm, c’est vraiment important comme élément de langage chez les Djs. Peux-tu illustrer ?

Alors, je vais remonter à l’envers. Des années 90. Krs-One « Return of the Boom Bap » en 1993, où « Mcs Act Like They Don’t Know » sur l’album d’après, je suis sûr qu’elle est à 90 Bpm, tout était lié, « Clap your hands everybody, if you got what it takes ‘Cause I’m Krs and I’m on the mic, and Premier’s on The Breaks » qui reprend « The Breaks » de Kurtis Blow de 1980, tout était lié. Isaac Hayes quand j’ai découvert « Walk On By », « Nautilus » de Bob James. Alors voilà Krs-One, « Clap your hands everybody if you got what it takes ». Et déjà direct l’influence sur le bpm, c’est que Kurtis Blow on est déjà sur du huuum, 120 ? Alors que Krs-One on est plus sur du 90bpm tu le vois tout de suite. C’est un super exemple que j’ai pris ! Alors attends, je regarde juste le Bpm de, parce que je l’ai dans mes dossiers, old school breakbeat tiens, bam ! Kurtis Blow…« The Breaks » il est à 113, tu vois comme je t’avais tout à l’heure ! Entre 105 et 125. On est complètement là-dedans, donc il est à 113. Donc « Mcs Act Like They Don’t Know »…. 90 ! 90.41 exactement ! C’est exaaactement ce que je te disais. La g-funk ça va aller entre 80 et 105 en gros. Le boom bap c’est de 80 à 98, ça dépend. Le reggae, la soul c’est plutôt 70. Funk ça va être entre 100 et 130, jungle et drum’n’bass c’est 170. Mais en fait c’est un faux 170 parce que c’est un 85 fois 2. La trap ça va être entre 60 et 75 mais en fait entre 120 et 150 en fonction de si tu comptes la mesure au début de chaque kick ou si tu prends en compte les charley par exemple. Et donc résultat je peux prendre un boom bap à 85 Bpm et le mélanger avec de la jungle à 170, un temps sur deux c’est pareil. J’peux mélanger du dub avec de la trap parce que dans les deux cas j’suis à 130 et à 65.

Je parlais avec mon indic Jack Jeebs que tu connais et il m’a donné une très belle métaphore pour décrire le hip-hop. Il disait « Le hip-hop, c’est produire et consommer. Le hip hop, c’est les travailleurs à l’usine ! ». Alors moi, j’étais morte de rire, j’me suis dit qu’elle t’allait parfaitement bien cette image. L’uZine, c’est tout toi finalement. T’es le genre de mec à aller au charbon sans rechigner, ta philosophie de vie c’est « Work Hard Play hard ». Tu as rencontré comment tes camarades de L’uZine ?

Avec L’uZine, on était amené à se croiser, on avait des amis en commun dans le Hip Hop. Mon binôme de platine, Dooky, à qui je passe un énorme big up. On parlait encore cette nuit, il m’a envoyé deux obscurs albums East Coast des années 90 underground. On est complètement baisés dans cette shit, on a le même âge, et on a tous les deux le truc de remonter dans les années 90. Lui, t’as l’impression qui sort d’un clip de rap des années 90. Lui c’était le Dj de Prince Waly, Big Budha Cheez, de Montreuil. Et, par Waly, il a connecté Cenza et L’uZine. Vues les références musicales communes, Cenza et Dooky ça a matché. Et au final, moi j’étais là, on s’est rencontré avec Cenza. Et un deuxième truc, c’est que dans le rap je suis très pote avec un mec qui s’appelle Noss, l’Assos 2 Dingos, LBN. Et mes potes I.N.C.H, Al’Tarba – Interview de ce dernier dans le Star Wax n°36. Et eux ils ont faits des prods et des sons où Cenza apparaissait. Et comme moi j’étais tout le temps avec eux, on s’est retrouvé sur des clips. Donc pas ces deux canaux de connexion, on a été amené à se croiser. Cenza cherchait un Dj à ce moment-là, et donc il m’a demandé. On a passé du temps ensemble avec Tony Toxik aussi, et le feeling est passé, et on est toujours à faire du son ensemble parce qu’on a les même références musicales. Alors qu’est-ce que ça représente pour moi L’uZine ? C’est très important parce qu’avant L’uZine y a énormément d’artistes solo ou de groupes qui m’avaient demandé d’être leur Dj. Et j’avais refusé. Parce que je trouve que pour être Dj d’un groupe, ou pour appartenir à un groupe de manière générale, il faut être capable de donner tout pour le groupe. Autant voire plus que ce qu’on aurait été capable de donner pour soi-même. Et pour aucun je n’aurais été prêt à abandonner ce que je faisais en solo. Alors qu’avec L’uZine, c’est comme ça, si j’ai une date en solo et qu’il y a L’uZine qui joue le même soir, je vais annuler ma date en solo. Il fallait que je trouve un groupe où je puisse me donner corps et âme et où le collectif prime sur l’individu. Et qu’on soit tous là-dedans. Je participe à un truc qui est plus grand que moi. L’uZine c’est un truc collectif. C’est quelque chose qui peut marquer le rap français. Je le pense, j’y crois, je fais partie du truc, j’ai mon rôle dedans. Je suis un mec très fidèle et qui représente son équipe ! Il fallait que je puisse ressentir ça. Et musicalement, humainement. Et surtout, il y a des gens qui font du rap à l’ancienne mais ce n’est pas exactement comme j’aime. Je préfère souvent écouter du vrai rap à l’ancienne. Mais là L’uZine fait exactement le son que j’aime. Et je participe à faire ce son, j’ai cette chance. Et il y a des gens qui nous écoutent. Ça a pris le temps mais je suis devenu un des Djs de ce groupe et c’est une fierté ! L’uZine me fait kiffer quoi. C’est fou j’ai jamais dit ça comme ça !

Quel est ton set up Dj ? Le mixer et les platines idéales existent-ils ?

Deux Technics MK2 ça c’est sûr. Après la table de mixage, ça c’est moins nécessaire. Après là, moi je suis sur la Rane Ttm 57, mais tout le monde est passé sur la Pioneer S9 et si j’ai de l’argent, je serais peut-être dessus. Pour l’instant, ma config, elle marche. Et j’utilise Serato, parce que dans le hip-hop, le time codé, c’est plutôt Serato. Et comme je suis Dj pas uniquement pour faire des sets mais aussi pour accompagner des artistes sur scène, j’ai besoin de mettre leurs instrus et elles n’existent pas sur vinyles donc suis obligé d’avoir Serato. En plus de cela, il y a plein de vinyles que je n’ai pas ou qui n’existent pas. Et j’aime la possibilité de faire des points cue et des loops. Donc soit je mixe only vinyles, soit avec Serato. En tout cas quoiqu’il arrive, il me faut mes Technics MK 2 pour ce que ça représente par rapport au hip-hop et aux block parties des années 80 quoi. Le mixer idéal ? Le mixer je n’y suis pas trop attaché. Pour les platines, c’est vraiment les MK2 mais bon après, si dans une soirée on me donne d’autres platines qui fonctionnent, je ne vais pas dire non. Sur la TTM 57, la Rane, ce qui est relou c’est que pour faire les cue et mes loops je dois avoir un autre appareil à côté. Avec les nouvelles tables, c’est déjà intégré donc ça ce sera mieux quand je changerai. Sur la MK2, le pitch, il pourrait permettre une plus grande amplitude. Mais il y a une autre platine, qui s’appelle la MG5, qui peut faire +16/-16 au lieu du simple +8/-8. Pour autant, je ne changerai jamais mes MK2 parce que c’est là-dessus que les block parties ont commencé, que les plus grands Djs ont été à un moment.
Moi c’est MK2, à la vie à la mort, comme je ne porte que des Air Force 1 !

Pourquoi n’as-tu pas encore bloqué sur le beatmaking ?

En fait le truc, c’est que ça fait trèèèès très très très longtemps, que j’ai envie de faire du beatmaking. Mais je sais que c’est un univers à part entière et que, déjà que je manque de temps, entre tous mes projets aux platines, répètes, lives, concerts, mes Dj sets solo ou avec d’autres artistes. En plus de ça, je suis un gros fêtard donc la teuf et tout… Je savais que je n’avais pas le temps ou que je ne le prenais pas. Mais ça faisait longtemps que j’avais des potes là-dedans, je regardais même des tutos ! Ça faisait longtemps que j’avais déjà des dossiers avec les samples. J’étais à deux doigts de m’y mettre. J’avais la première couche, et j’ai mis du temps pour vraiment rentrer dedans et à chaque fois je repoussais. Et, grâce au confinement, je m’y suis enfin mis ! Ça prendra son temps, c’est le début et c’est un kiff. Je n’ai pas l’ambition de faire des prods pour d’autres artistes, j’ai envie de faire des prods pour moi.

Allez, « the last but not least » ! La dernière, tu es aussi Dj pour d’autres Mcs ?

Alors, je ne compte pas les fois où je peux dépanner des potes dans des festivals, où j’aide les potes qui organisent le festival, quand il y a un Mc qui n’a pas de Dj je peux le faire. Mais sinon, j’ai des potes qui ont plusieurs Djs dont moi. Par exemple, je pense à Sheryo qui est un de mes supers potes dans le rap, un mec et un artiste que j’adore. Par exemple, au Demi Festival, il m’avait proposé que ce soit moi. Et ça m’a fait super plaisir. Et c’était un méga souvenir. Sheryo, je ne suis pas son unique Dj. Sameer Amad, lui je suis son Dj. Il ne fait pas beaucoup de scènes ni de concerts, mais dès qu’il a un gros concert, il le fait avec moi. On avait fait le Divan du Monde ensemble pour les un an de l’album « 19h07 » de JP Manova, on a fait le Scred Festival là. On devait faire un festival cet été mais il a sauté avec le coronavirus. C’est un mec dont j’aime beaucoup l’écriture, très cinématographique. Qui a une petite niche musicale qui le suit énormément et qui est très acclamé par la critique de rap. Une autre vibe et j’aime beaucoup l’humain aussi. Et je rajoute, bien évidemment, Melting Pot Mafia, anciennement Da System DSTM, qui sont des petits jeunes pas encore connus mais qui sont les gars dont je te parlais qui font la vibe reggae hip-hop raggamuffin aussi jungle. A qui je fais bénéficier d’avoir un peu plus le pied dedans, on s’éclate et je pense que ce sont des mecs qui vont monter. Et humainement et artistiquement, c’est génial. Et quand j’ai des Dj sets ça m’arrive de les ramener et de les faire kicker au mic. Voilà !

Interviw par Mafaldista / Photos (D.R.)


TRACKLIST STAR WAX MIX 55 BY G HIGH DJO
01 – Dee Nasty « So Funky »
02 – Afrika Bambaataa & The Soul Sonic Forces « Looking For The Perfect Beat »
03 – Jungle Brothers feat. De La Soul, Monie Love, ATCQ & Queen Latifah « Doin’ our own dang » (Do it to the Jb’s Remix)
04 – Kurtis Blow « The Breaks »
05 – KRS-One « MCs Act Like They Don’t Know »
06 – Boogie Down Production « South Bronx »
07 – MC Shan « The Bridge »
08 – G High DJo & ATK « Intro mix »
09 – Redman feat. Erick Sermon « Whateva Man »
10 – Sheryo « Le Salaire De La Galère »
11 – Sameer Ahmad « Nouveau Sinatra »
12 – Nicky Nelson « Groover D’Art »
13 – L’uZine « Excellent »
14 – Sata Faya « Smatch »
15 – Little Lion « Microphone Check »
16 – Bluntskull « Raggamuffin Flow »
17 – Erick Sermon feat. Dj Quik & Xzibit « Focus »
18 – Zapp & Roger « It Doesn’t Really Matter »
19 – Dogg Master « Let Your Body Move »
20 – George Clinton (Funkadelic) « One Nation Under A Groove »
21 – George Clinton (Parliament) « Flashlight »
22 – Tha Dogg Pound « Respect »
23 – Ocean Wisdom « Walkin »
24 – DJ Sebel « Mad Style »
25 – Sky Joose « Sound Boy Burial »
26 – Twinkle Brothers & Jah Shaka « The Right Way » (Jungle Version)
27 – Mungo’s Hi Fi « Raggamuffin Rock »
28 – O.B.F feat. Shanti D « Part Of My Life »
29 – SpaceGhostPurrp feat. Nell (Raider Klan) « Phonk »
30 – $uicideboy$ « Mount Sinai »
31 – Koopsta Knicca (Three 6 Mafia) « Stash Pot » (Original)
32 – Outro / Galt MacDermot’s First Natural Hair Band « Walking In Space »