Starwax magazine

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archivesnovembre-2014

THE FAT BADGERS / INTERVIEW

THE FAT BADGERS / INTERVIEW

Posté le

Défenseur d’une musique funk et festive composée à base d’instruments acoustiques et de sources numériques, The Fat Badgers sort ce mois ci le second volet d’une trilogie, en vinyle, annonciatrice d’un premier album sur Black Milk Music. Entretien avec Cyprien le leader de ce groupe strasbourgeois très prometteur.


Je n’arrive pas vraiment à traduire ou comprendre le sens de The Fat Badgers ! Pourquoi ce nom ?
Hmm, c’est un jeu de mot linguistique. Quand on traduit en français ça donne quelque chose que les anglais ne comprennent pas, ça suppose une bonne dose de second degré. Personne ne sait ce qu’est un badger en France. Je ne peux me résoudre à vous expliquer un jeu de mot.

Si je ne m’abuse the Fat Badgers c’est presque un accident. Plusieurs musiciens qui se sont retrouvés sur scène précipitamment, peux-tu nous parler de sa création et de la composition du groupe ?
Au départ je faisais des mash-ups en prenant des samples de funk et de soul et je les posais sur des rythmiques de Daft Punk, Soulwax, pour délirer. J’avais crée un myspace pour l’envoyer à des potes et j’avais appelé le projet The Fat Badger, il faut bien trouver un nom. Un des gars qui s’occupe des musiques actuelles chez nous est tombé dessus et m’a appelé pour me proposer un concert au meilleur spot de Strasbourg, genre le truc qu’on a du mal à avoir au début avec un groupe. Il m’a demandé « Vous jouez ça en live ? » J’ai répondu oui, basse, batterie, guitare et tout… Du coup dans la foulée j’ai appelé mes potes avec qui on jouait du jazz au conservatoire de Strasbourg, et ceux avec qui on jouait du funk pour délirer. Je leur ai dit qu’on avait déjà un concert, il suffisait d’apprendre les mixes et de les adapter avec les instruments. La formule a plutôt bien fonctionné direct.

Pourquoi êtes vous « accroché » à la funk et même à la P-funk, fait trop rare en France pour ne pas être souligné ?
C’est une musique communicative, puissante, entrainante. On était pas mal dans un délire de musiciens, à faire des trucs pour initiés. Sauf que nous ne sommes pas tous des enfants du conservatoire mais on a tous commencé la musique par le côté festif, rock, électro. En bossant le jazz à fond, on a trouvé un terrain d’entente dans le groove, le funk reste une musique super dure à jouer, à faire groover, il faut vraiment de bons musiciens, et pourtant si c’est bien fait, on doit juste donner l’impression que c’est facile et qu’il n’y a rien de complexe à faire danser. Je trouve que le P-funk va vraiment au fond du groove, musicalement c’est hyper enrichissant, tout en cultivant un côté fun omniprésent. On se fait vraiment plaisir en jouant ça à fond, et ça on ressent la même émotion chez notre public. Et puis les morceaux P-funk ont un côté électro dans la construction qui permet d’être puissant et fin à la fois.

La funk musique semble faire un retour ! D’ailleurs la ville de Strasbourg a une scène funk dynamique, autant chez les Djs que chez les groupes, n’est-ce pas ?

C’est une musique vraiment positive, vivante et je crois que ça fait du bien à tout le monde. Pourtant c’est pas forcément de la bouffonnerie, et c’est la base de tellement de choses actuelles. À Strasbourg ce n’est pas difficile de trouver des soirées funk en effet ! Il y a plein de Djs qui défendent cette musique, Funk The Power notamment, pose du son funk et soul, en vinyle, partout, tout le temps ! De nombreux groupes aussi font groover la ville et ça fait plutôt du bien !

Cyprien tu fais une simulation de scratch avec un sampler, peux-tu nous en parler ?
On fait pas de la musique de puriste pour puriste, on propose quelque chose… J’essaie de trouver des astuces pour rendre l’électro interactive en live. En balançant des samples et en changeant le pitch, on a exactement le principe du scratch… Je trouvais ça fun, même si c’est sûr que ça ne sonne pas aussi bien !

Cyprien, tu es un fan du DIY et bidouillage, comment t’es venue l’idée de créer le Keytar, un hybride entre une guitare et un clavier midi et pourquoi avoir ajouté un pitch au niveau du manche ?
Je me suis dis dès le début du groupe qu’un clavier guitare ça en jetterait pour le live. J’ai regardé un peu ce qui se faisait, pour me rendre compte que la plupart des produits sur le marché étaient juste des contrôleurs avec un clavier midi. Je me suis dit que ce n’était pas un truc incroyable, je pouvais le faire moi-même si le principe consistait juste à mettre une sangle. Je voulais avoir la molette de pitch et de modulation pour la main gauche donc j’ai juste viré le capot, vissé une latte de mon lit (de préférence une qui se trouve au niveau des genoux) en dessous du clavier et tiré un peu sur les câbles. C’est complètement cheap, mais c’est bien marrant !

Le label Black Milk sur lequel vous êtes signé semble attaché au vinyle, pourquoi ? Achètes-tu du vinyle ?
Le vinyle est vraiment le support musical le plus noble. Tout se joue en ligne maintenant, la musique s’est dématérialisée mais ceux qui sont toujours attachés au support retournent naturellement au vinyle, pour la beauté de l’objet et de ce son si chaleureux… Je suis de la génération cds. J’en ai encore plein mais maintenant j’achète du vinyle.

Quelles sont la proportion et les limites entre un son électronique et acoustique. Si je ne m’abuse vous utilisez aussi des samples ?
On mélange sons acoustiques et électroniques en permanence. On essaie de faire bénéficier l’électronique du côté vivant et communicatif des instruments. A l’inverse on s’appuie sur le côté beaucoup plus efficace des samples et des boites à rythmes. Victor à la batterie a fait un énorme boulot pour jouer avec les boites à rythmes. Résultat, on voit un batteur qui se déchaîne, ce qui est un des trucs les plus marquants en live souvent, et en même temps, on a un kick bien profond sur les temps forts, et un back beat super puissant en ajoutant des claps, pour aller à l’essentiel du groove P-Funk !

Finalement The Fat Badgers c’est une machine hybride, en quoi êtes-vous satisfaits du travail produit entre le premier maxi « The Fat » (Titre « I Gatcha » en free download ci-dessous) et celui qui vient de sortir, « The Bad », y a-t-il une évolution ?
C’est une machine hybride et c’est pour cela que j’ai voulu avoir le contrôle maximum sur notre musique. J’ai décidé de sortir une trilogie de maxis quatre titres, notamment parce que je voulais les mixer moi-même, peut-être faire des erreurs mais aucun compromis, pour être sûr qu’on ait notre propre son ! Du coup le résultat est que je peux prendre mon temps, les quatre nouveaux titres sonnent mieux, on a plus joué, la musique s’en ressent, la fabrication sera meilleure, la distribution aussi.



A moyen terme, qu’est-ce que vous aimeriez essayer et ou développer avec The Fat Badgers ?
Ce qui est grisant dans tout ça, c’est de se dire qu’on en a encore plein sous les pieds pour faire encore mieux sur le troisième maxi ! Du coup on est patient, on continue sur cette lancée, on va continuer à se développer sur scène, défendre la musique vivante et utiliser l’efficacité de l’électro. Ca marche bien pour l’instant et ça ne peut qu’aller de mieux en mieux !

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A quand un premier album ? Vous qui avez des artworks soignés préparez-vous des clips ?
L’idée à la fin des trois maxis sera de sortir un album avec les douze titres en ajoutant un titre live, des remixes. Le concept d’album est un peu à réinventer je pense. C’est une actualité lourde dans une logique actuelle qui privilégie les actus fréquentes… Je ne sais pas trop, l’idée de la trilogie me semblait intéressante et adaptée à notre histoire. Les clips c’est important et ils représentent bien notre parcours. Le tout premier, dispo ici, je l’ai fait moi-même, avec un appareil photo nase lors d’ une soirée où on faisait les cons, il est super cheap mais c’est ça qui est cool. Pour le dernier qui, ci-dessous, sort avec notre Ep on a ramené une caméra de dingue, de l’éclairage, un drone …


RETROUVEZ THE FAT BADGERS EN LIVE

- jeudi 20 novembre@Roanne
- vendredi 21 novembre@Villeurbanne
- lundi 1er décembre@l’International, Paris. « The Bad » Release Parties.
- vendredi 5 décembre@Mudd Club, Strasbourg avec Dj Moar et Dj Cam. Infos ici.
- samedi 6 décembre@festival le Jumble Art’s, Lille.
- samedi 20 décembre@Temps Perdu, Bar-le-Duc.




Interview par Supa Cosh…