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EXPO / DAVID BOWIE’S <br/> EN CINQ MOTS !

EXPO / DAVID BOWIE’S
EN CINQ MOTS !

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L’actuelle exposition parisienne consacrée à David Bowie met à l’honneur une œuvre multimédia conséquente. Costumes, documents divers, collages et vidéos sont ainsi proposés à la Philarmonie jusqu’au 31 mai. Pertinente, la muséographie reflète les débuts, l’avènement mondial ou les différents univers du musicien britannique. Retour sur cette carrière singulière en cinq termes fondateurs.


Basse. La musique soul et la basse funk sont des registres particulièrement prisés par David Bowie. Au mitan des 70’s, le lucide « Fame » célèbre la rencontre avec John Lennon. Aux chœurs l’ex-Beatles chante avec un prince du Philly Sound : Luther Vandross. Clin d’œil à sa femme Angie, « Golden Years » évoque la nostalgie des premières années, l’amour du mod 60’s pour le rythm and blues. Le titre fait un carton et David Bowie est invité à l’interpréter sur le plateau du mythique programme télé américain Soul Train (vidéo ci-dessous). Remarquée sur le mésestimé David Live, la reprise de « Knock On Wood » d’Eddie Floyd confirme l’intérêt de Bowie pour les grands labels afro-américains. Dans les années 80, Nile Rodgers de Chic transforme le ripoliné Let’s Dance en redoutable machine à tubes. Outre l’accaparation desdits répertoires, l’homme aime le jazz. Le trompettiste Lester Bowie est ainsi invité sur plusieurs morceaux de Black Tie White Noise

Orwell. Si David Bowie n’a jamais caché son engouement pour l’auteur français Jean Genet (prononcer à l’anglaise Jean Genie) ou pour le père du cut-up William S. Burroughs c’est bien l’écrivain George Orwell qui retient l’attention du musicien. L’auteur est connu pour son roman 1984. Un écrit visionnaire où l’image est symptomatique d’une société carcérale. Une trame que David Bowie conceptualise dans un premier temps. La pop star abandonne finalement le projet pour le remplacer par Diamond Dogs. Traces de cette ébauche, des titres comme « 1984 » ou « Big Brother » imposent la passion de Bowie pour ce monument de la littérature.


Warhol. Hommage direct à l’icône du Pop Art, « Andy Warhol » permet à David Bowie d’intégrer le discours du plasticien américain. Extraite de l’album Hunky Dory, cette plage n’est pas la seule allusion au propriétaire de la Factory. « Oh we can be heroes just for one day » chante alors Bowie lors de sa période berlinoise. Le refrain est un clin d’œil franc à la fameuse déclaration de Warhol stipulant qu’à l’avenir, chacun aura son quart d’heure de célébrité, Enfin David Bowie incarne un emperruqué Andy Warhol dans le biopic de Julian Schnabel dédié à Basquiat.

Image. Chez David Bowie, ce mot vire au pléonasme. Excellent dessinateur l’homme incarne, au début des 70’s, différents avatars comme Major Tom (en apesanteur), Ziggy Stardust (haut en couleur) ou Halloween Jack (le cauchemar) et autant de visuels et costumes. A l’instar de « Ashes to Ashes », les vidéos rythment les sorties internationales. Naturellement les pochettes offrent un kaléidoscope intéressant. Le lien avec le cinéma est évident au travers des couvertures de Station To Station et Low, issues du film The Man Who Fell To Earth de Nicolas Roeg. Comme il le confie en 1977 à la télé française, face à un Michel Drucker un brin dépassé, sa fascination pour le 7e art porte surtout sur les travaux d’un Fassbinder. C’est d’ailleurs grâce à des films d’auteur comme Baal, Les Prédateurs ou Furyo que David Bowie devient acteur.

Electro. Curieux, David Bowie est au diapason quant aux tendances musicales. Au delà des musiques noires, du rock et du cabaret, le créateur apprécie particulièrement la scène synthétique européenne. Ainsi le titre « Station To Station » renvoie à Kraftwerk. Le séjour à Berlin-Ouest se concrétise par le fameux diptyque Low et surtout Heroes. Entouré par Brian Eno et Robert Fripp (photo ci-dessus), David Bowie instaure une face instrumentale aux sonorités résolument expressionnistes. Sur « Sense Of Doubt » il confronte les claviers avec un instrument traditionnel japonais : le koto. Et des séquences comme « V-2 Schneider » ou « Neuköln » témoignent de l’atmosphère au sein de l’enclave allemande durant la Guerre Froide. Fondamentales, ces expériences inspirent jusqu’à l’actuelle scène electro. Des acteurs comme Marius De Vries ou James Murphy (DFA) que David Bowie adoube. Ou le junglist Goldie avec qui le rocker chante «Truth ».

Texte par Vincent Caffiaux / Photo par Christian Simonpietri (Sygma/Corbis)

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