Starwax magazine

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FILM / CAB CALLOWAY’S HI-DE-HO

FILM / CAB CALLOWAY’S HI-DE-HO

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Composée en 1944, la fameuse photo représentant Orson Welles, Duke Ellington et Cab Calloway est tout sauf anodine. Fantasque ce dernier insuffle, dès la fin des années 20, un vent salvateur sur les big bands. Adepte des fameux zoot suits, ces costumes surdimensionnés qu’adopteront les zazous hexagonaux, Cab Calloway fut un temps le rival du Duke avant de faire les belles heures du Cotton Club de Harlem… Et la présence de l’auteur du magistral « Citizen Kane » scelle des liens indéfectibles entre le jazz et le cinéma.

Réalisé dix ans auparavant par Fred Waller, « Cab Calloway’s Hi-De-Ho » est l’archétype du film musical promotionnel. Produite par la Paramount, cette préfiguration du clip vidéo fait donc l’éloge des premiers titres du dandy, parmi lesquels « Zaz Zuh Zaz » ou « The Lady with the Fan ». Vaudevillesque en diable, cette production est également riche de détails. Le titre renvoie naturellement au tubesque « Minnie the Moocher » (plus d’un million d’exemplaires vendus) et donc au scat popularisé par Louis Armstrong. L’usage récurent de la TSF atteste du rôle essentiel joué par la radio pour la diffusion de la musique. Et la séquence chorégraphiée traduit la place occupée par la danse, le lindy hop et le jitterbug, dans la société d’alors. Même s’il ne se remettra pas vraiment du virage jazz négocié après-guerre, Cab Calloway a toutefois le temps de lancer des pointures du genre comme Ben Webster et surtout Dizzy Gillespie. En 1980 John Landis lui rend hommage en l’intégrant au casting de « The Blues Brothers », aux côtés de Dan Aykroyd et John Belushi.

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Vincent Caffiaux