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INTERVIEW GUI OUI & GAO TONG — BUDDHA BLESS / BANGKOK –

INTERVIEW GUI OUI & GAO TONG — BUDDHA BLESS / BANGKOK –

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Actuellement la Thaïlande vit son âge d’or du rap. Aux côtés de Joey Boy et de Dj Spyda Monkee, Gui Oui et Gao Tong, membres de Buddha Bless, font partie des figures légendaires du mouvement hip-hop thaï. Il est difficile de trouver sur la toile des archives des 90’s et pourtant certains des membres sont actifs depuis deux décennies. Aujourd’hui la scène hip-hop thaï et ses variantes sont si importantes qu’un programme télévisé leur est consacré… Et Buddha Bless est membre du jury. Entretien à Bangkok, avec Mc Tong et Gui Oui, également beatmaker.

Quand avez-vous commencé à rapper ?
Oui : Il y a dix-huit ans.
Tong : Il y a environ vingt ans.

Votre première approche de l’industrie musicale ?
Oui : Il y a treize ans.
Tong : J’ai débuté dans l’underground avec des amis. Notre groupe s’appelait A.Y.M. Ai Yed Mae, ce qui signifie motherfucker ! Et un jour, j’ai demandé à Oui s’il était intéressé par un album de dancehall. Nous avons donc quitté A.Y.M. et nous nous sommes concentrés sur ce disque. C’est Joey Boy qui nous a connectés avec le label Big Music. Et nous avons créé Buddha Bless (en 2006, Ndlr).

Spyda Monk a composé les beats de votre premier album, comment l’avez-vous rencontré ?
Tong : Il était l’ami de Joey Boy et aussi celui du producteur Gancore Club. Alors Joey Boy lui a simplement demandé de nous aider.

Parlons de Bkk et de la Thaïlande. Quand vous avez commencé, qui étaient les autres activistes hip-hop ?
Oui : Je ne m’intéressais pas trop au Mcs, nous étions des adolescents.
Tong : Il y avait juste quelques petits clubs qui jouaient du hip-hop. Nous étions minoritaires. À chaque soirée, il y avait les mêmes têtes, tout le monde se connaissait. J’étais aussi avec mes potes danseurs. Certains faisaient du graffiti et peu étaient des Djs car nous étions encore jeunes. Nous n’avions pas les moyens d’acheter des platines vinyles.

702-buddhabless-tong (Tong)

Et qui étaient les autres Djs, Mcs ou beatmakers influents ?
Tong : J’étais à fond dans Sean Paul, Beenie Man, Elephant Man et TOK… Plutôt des inter-prètes issus du reggae dancehall. Mais j’ai grandi avec la hip-hop golden era américaine. Joey Boy a été une grande inspiration pour les artistes locaux (Joey Boy sort son premier album en 1995. Il se vendra à plus d’un million d’exemplaires au plan national, Ndlr.)

Aujourd’hui existe-t-il beaucoup de Mcs et beatmakers en Thaïlande ?

Oui : Oui, la scène est conséquente. Il y a beaucoup de nouveaux beatmakers depuis trois ans.
Tong : Je pourrais dire que c’est l’âge d’or du hip-hop en Thaïlande. De nos jours, il y a beau-coup de nouveaux Mcs qui peuvent gagner leur vie en faisant de la musique.

Bangkok est-elle la scène la plus importante de Thaïlande ?
Tong : Oui, mais les régions du nord, du sud, de l’est et du nord-est de la Thaïlande ont toutes leur propre scène musicale. Elles sont bien actives.

Selon vous, que manque-t-il pour dynamiser Bkk ?
Tong : J’aimerais voir la scène hip-hop rester forte et durer sur le long terme. Je crains que cela ne se produise pas et que cette tendance change.

Sinon pour sortir, danser et écouter du rap, où faut-il aller ?
Oui : Je ne vais pas faire la fête en club, donc je ne sais pas.
Tong : Pour le hip-hop et la trap commerciale, c’est assez facile de trouver un lieu pour festoyer. Chaque soir, vous trouverez un club où il y a du hip-hop. Sinon pour le hip-hop dit old school et les autres styles de hip-hop, il y a des soirées plus petites et discrètes, une fois par mois.

Et pour manger local, un conseil ?
Oui : The Food Court à Siam Paragon.
Tong : Prenez le temps de télécharger l’application Wongnai.

Oui, avec quel matériel ton home studio est-il équipé ?
Oui : J’ai un Apogee Duet, un MacBook Pro, un micro Rode NT2, une paire de monitorings Yamaha NS10, ainsi qu’une MPC2500 et une MPC Studio.

702-buddhabless-oui (Gui Oui)

Faites-vous encore des battles?
Oui : Non.
Tong : Je ne fais pas de battles.

Quel est la différence entre Show Me The Money Thailand et I-Battle Thailand ? (vidéo ci-dessous)
Tong : Les règles et la manière dont elles sont exécutées, à chaque tour, sont différentes. En coulisse, ça ne se déroule pas de la même manière. Dans l’émission Show Me The Money, les artistes en compétition doivent beaucoup travailler avec les membres de leur équipe pour créer des chansons et aussi un spectacle, c’est un ensemble.



Laquelle des deux compétitions possède le meilleur niveau ?
Tong : Je pense que les deux shows ont le même niveau. C’est selon les MCs.

Quelle est votre expérience la plus mémorable depuis que vous faite de la scène ?
Tong : Une fois, lors d’un grand événement, il y a eu une coupure de courant sur scène. Nous sommes donc passés sur une autre scène et les gens nous ont suivis. Et puis il y a eu à nouveau des galères techniques. Nous sommes donc une nouvelle fois partis vers une autre scène, et les gens nous ont encore suivis. C’était un sentiment génial ce mouvement de foule. Et votre plus mauvais souvenir ? Tong : nous n’avons pas vraiment de mauvais souvenirs. Avez-vous une autre passion ? Tong : Je pratique les arts martiaux, la capoeira et le ju-jitsu. Je gère également un site web qui s’appelle www.heavy69.com … Oui : Je pratique la méditation vipassana, d’obédience bouddhiste.

Pour finir voici une selection de videos récentes:



Photos et interview par Dj Coshmar